Cercles rouges striés

Complétons la reconstruction du Parti afin de mobiliser la classe ouvrière pour la révolution socialiste!

Le Parti communiste révolutionnaire du Canada a récemment tenu son Ve Congrès afin de se doter des orientations nécessaires pour compléter sa reconstruction d’ici environ deux ans et de s’armer politiquement en vue d’une nouvelle séquence d’initiatives militantes devant servir cet objectif. Cette nouvelle séquence d’action, qui débutera dès l’automne 2021, doit permettre au Parti daccumuler des forces neuves qui adhéreront entièrement aux bases politiques de l’organisation, qui ne sacrifieront rien à l’idéalisme petit-bourgeois et qui seront prêtes à combattre et à affronter la bourgeoisie tout en se liant à la classe ouvrière et à ses luttes quotidiennes. Enthousiasmés par la continuité et le renouvellement de l’activité du PCR, les partisans rassemblés au Congrès ont réaffirmé leur engagement à compléter le processus visant à rebâtir leur organisation pour donner une nouvelle impulsion majeure au combat révolutionnaire contre la bourgeoisie canadienne et, à terme, pour propulser le prolétariat vers le pouvoir.

Le Ve Congrès a marqué la conclusion de la période d’intenses luttes internes ayant fait rage au sein du PCR dans les dernières années, et plus particulièrement depuis le IVe Congrès du Parti ayant eu lieu en 2016. Durant cette période, les représentants du centre historique du PCR ont dû mener un combat acharné contre l’opportunisme petit-bourgeois et l’idéalisme postmoderne qui tentaient de saboter le déploiement de l’organisation et d’en changer la nature. Comme cela est maintenant connu depuis un moment, ce combat a notamment pris la forme d’une scission en 2017, puis d’une épuration en 2018-2019. Les véritables communistes du PCR ont été obligés, dans un premier temps, de se séparer de la clique opportuniste de droite qui s’était emparée du Comité Central lors du Congrès de 2016, puis, dans un deuxième temps, de forcer les éléments opportunistes et idéalistes encore présents dans leurs rangs à révéler leur position de classe petite-bourgeoise et à quitter le Parti en reconstruction.

Certes, les événements des dernières années ont tiré l’avant-garde communiste canadienne vers l’arrière sur le plan organisationnel. Cependant, politiquement, le mouvement est loin d’être revenu à la case de départ. En effet, la lutte conséquente contre l’opportunisme et le postmodernisme a permis aux militants révolutionnaires de tirer des enseignements importants et à leur mouvement de faire un bond en avant sur le plan idéologique et politique. Par ailleurs, la lutte combative menée contre la classe capitaliste et son appareil répressif depuis la fondation du PCR en 2007 a également permis aux dirigeants et aux membres actuels du Parti d’acquérir une expérience pratique précieuse. En somme, en dépit des pertes d’effectifs ayant touché le Parti dans les dernières années, le prolétariat canadien peut présentement compter sur un noyau solide de militants d’avant-garde confiants dans l’avenir, confiants dans les masses populaires et déterminés à mener le combat pour le communisme jusqu’au bout. Plus tôt que tard, les avancées politiques incarnées par ces partisans se traduiront nécessairement en progrès révolutionnaires matériels.

Afin d’exprimer ces avancées sous une forme condensée, le Congrès de 2021 s’est prononcé en faveur de l’objectif de doter le Parti, au terme de sa reconstruction, d’un nouveau programme pour mobiliser la classe ouvrière canadienne dans la lutte pour le socialisme. Le Parti se trouve ainsi engagé dans un processus d’étude et de débats internes visant à l’élaboration de ce nouveau programme d’ici environ deux ans, lequel, en plus de traduire les progrès politiques accomplis par l’organisation durant la dernière décennie, reflétera de manière plus exacte l’état de la société canadienne actuelle et fournira de plus amples détails sur la future organisation socialiste du pays telle que le PCR l’anticipe. La charpente et les thèses centrales de ce programme ont été consignées dans un document adopté par le Congrès intitulé Les bases politiques du nouveau programme du Parti communiste révolutionnaire du Canada. D’ores et déjà, l’on peut affirmer que ce document aura un retentissement certain dans la lutte des classes au pays et deviendra un repère pour tous les travailleurs qui veulent mettre un terme à l’exploitation capitaliste.

Le Congrès a également entériné la réorganisation de l’ensemble du système de propagande du Parti, réorganisation qui doit servir à élever le degré de professionnalisme de l’organisation, à rehausser la clarté et la qualité de ses publications, à relancer le mouvement maoïste au Canada et surtout, à faire rayonner plus largement que jamais les analyses et les perspectives du Parti parmi les masses ouvrières. Ces avancées seront notamment réalisées en tablant sur les gains enregistrés durant les deux dernières années par le journal ISKRA tout en poussant cette expérience propagandiste beaucoup plus loin. La réorganisation du système de propagande du PCR se traduira notamment par la mise sur pied d’un nouvel organe central dès l’automne 2021 : le journal Cause ouvrière. Ce nouvel organe de propagande aura une forme hybride, c’est-à-dire à la fois celle d’un journal électronique et celle d’un journal papier paraissant à une fréquence régulière et servant à être diffusé aux usines et dans les masses. C’est dans le journal Cause ouvrière que seront publiés l’ensemble des analyses et des points de vue du PCR sur l’actualité canadienne et mondiale de la lutte des classes. Les textes du Parti ayant un niveau plus avancé (polémiques internes à la nébuleuse révolutionnaire internationale, textes théoriques et autres écrits politiques servant à assurer l’unité idéologique des militants du mouvement maoïste canadien) seront, quant à eux, publiés séparément dans la revue Les Cahiers canadiens du matérialisme historique, laquelle sera également lancée à l’automne 2021. Cette revue répondra de manière concrète aux questions névralgiques de la révolution au Canada : elle traitera du parti, des classes sociales, du mouvement ouvrier, de l’économie politique, de la guerre populaire, de l’impérialisme, et plus encore. Elle aura d’abord la forme d’une revue électronique exclusivement, mais la parution de numéros imprimés est également prévue dans un futur proche.

Finalement, le Congrès de 2021 a unifié le Parti autour de thèses fortes sur ce qu’il qualifie désormais de programme postmoderne de la grande bourgeoisie. Ces conceptions correspondent aux conclusions tirées de la lutte menée dans la dernière décennie par les représentants de la direction historique du PCR contre la nouvelle forme dominante d’idéalisme à notre époque : l’idéologie réactionnaire développée par les couches intermédiaires petites-bourgeoises, idéologie dont la grande bourgeoisie s’est emparée pour servir ses intérêts. Cette compréhension du postmodernisme est expliquée de fond en comble dans un livre à paraître sous peu intitulé Le nouvel idéalisme : Comment le postmodernisme sert les fins du capital. Ce texte devra dès sa parution être considéré comme un document fondamental du PCR. La compréhension et l’acceptation de son contenu constitueront désormais une condition nécessaire pour unir idéologiquement les militants du Parti.

Vive le maxime-léninisme-maoïsme et le matérialisme historique!

À bas l’opportunisme petit-bourgeois et l’idéalisme postmoderne!

Accumulons des forces nouvelles pour mener la lutte combative contre la bourgeoisie!

Reconstruisons le PCR afin de préparer la guerre populaire et de guider le prolétariat canadien vers le pouvoir!

Manifestation du Parti Communiste Révolutionnaire

Le 1er mai 2021, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le Parti communiste révolutionnaire du Canada a tenu une manifestation politique autonome à partir du centre-ville de Montréal afin de mettre de l’avant la lutte de classe contre la bourgeoisie et la nécessité du combat ouvrier pour le socialisme.

Marchant en rangs derrière leur bannière, les militants du Parti ont fait à nouveau flotter les drapeaux rouges de la révolution dans les rues de la métropole québécoise tout en scandant des slogans combatifs en faveur du pouvoir de la classe ouvrière – la classe qui produit le monde tel qu’il existe et qui porte en elle l’avenir du genre humain.

Après avoir livré un discours politique à la Place des Festivals – point de départ de la manifestation –, le contingent du Parti a marché pendant une quarantaine de minutes vers l’Est sur les rues Sainte-Catherine et Ontario où il a été remarqué par plusieurs prolétaires qui s’affairaient là. La manifestation s’est ensuite dirigée au Nord vers la rue Sherbrooke pour rejoindre le rassemblement du 1er mai organisé par les centrales syndicales au parc Lafontaine.

L’action du Parti s’est alors transformée en opération de visibilité auprès de la foule constituée de travailleurs de tous les secteurs – allant des employés du secteur public en négociation avec le gouvernement Legault aux débardeurs du port de Montréal dont la grève générale vient d’être brisée par une loi spéciale odieuse. Des centaines de tracts appelant à reconstruire le mouvement politique indépendant du prolétariat canadien et à relancer la lutte pour le socialisme ont été distribués aux travailleurs présents sur les lieux. Le Parti a ensuite pris part à la manifestation syndicale jusqu’à son point d’arrivée en arborant les symboles communistes et en criant des slogans révolutionnaires.

Dans le contexte de la pandémie, le fait que les travailleurs osent prendre massivement la rue à nouveau pour défendre leurs intérêts est une excellente nouvelle pour le développement de la lutte à venir contre la bourgeoisie. Dans le futur, les journées du 1er mai devront être marquées par la réapparition – à Montréal et éventuellement ailleurs au pays – de manifestations politiques révolutionnaires et combatives dans les centres financiers de la bourgeoisie canadienne. Ces manifestations prolétariennes devront être de plus en plus larges et de plus en plus percutantes. La propriété capitaliste sera ciblée et les forces de la classe dominante seront affrontées dans la rue. La société bourgeoise sera critiquée par l’action révolutionnaire réelle!

Les travailleurs désirant participer au développement de ce mouvement de lutte doivent joindre leurs forces dès maintenant à l’organisation qui le fera naître et qui le dirigera! Ils doivent contribuer le plus tôt possible à forger le parti communiste de la classe ouvrière canadienne, le PCR!

Vive la Journée internationale des travailleurs!

Vive la classe laborieuse canadienne et le prolétariat mondial!

Vive la lutte universelle pour le communisme!

L’avenir appartient à la classe ouvrière!

Bannière rouge "La classe ouvrière dirigera la production"

Camarades!

Qui fait tourner les machines d’où jaillissent toutes les choses utiles?

Qui construit les immeubles où dorment les familles?

Qui pave les routes reliant les communautés et rassemblant les peuples?

Qui bâtit les ponts unissant les rives et unifiant le territoire?

Camarades!

Qui illumine les villages et les villes?

Qui convertit les rivières en courant électrique?

Qui fait couler le pétrole et raffine le carburant?

Qui connaît le secret des centrales atomiques?

Camarades!

Qui fait avancer les trains, voguer les navires, rouler les automobiles?

Qui transforme la matière et transporte les matériaux?

Qui distribue les biens dont les gens ont besoin?

Camarades!

Qui prépare la nourriture et surveille les provisions?

Qui s’occupe des malades et nettoie les cliniques?

Qui prend soin des enfants et chauffe les écoles?

Camarades!

Qui fabrique tout, mais ne possède rien?

Qui fait vivre le monde, mais ne peut vivre librement?

Qui a tout produit, mais demeure séparé de sa propre création?

Camarades!

C’est nous!

Nous, les travailleurs,

la majorité dépossédée,

les prolétaires du 21e siècle!

Aujourd’hui, le 1er mai 2021, nous prenons à nouveau la rue, partout sur la planète, pour exprimer une volonté tranchante : celle d’en finir avec l’injustice et de mettre un terme à l’exploitation du Travail par le Capital!

Nous manifestons parce que nous sommes conscients de former une classe immense, unifiée, internationale!

Parce que nous tenons entre nos mains toute la production, toute l’économie du monde!

Parce que nous avons l’expérience des luttes et des victoires passées!

Parce que nous avons les idées les plus justes et les plus claires!

Pendant tout le dernier siècle, alors que les monopoles se disputaient les marchés et que les impérialistes envoyaient leurs armées commettre des massacres;

alors que le capitalisme allait de crise en crise et que la minorité bourgeoise accaparait toutes les ressources vitales,

nous rendions possible, par notre travail, la vie collective et nous préparions la lutte pour mettre fin à l’anarchie du monde bourgeois : pour instaurer la paix commune et universelle.

Mais nous n’avons pas encore gagné! La bourgeoisie continue de piller, de saccager, d’exploiter, de semer le désordre!

Chacun le voit depuis un an! Les grandes puissances rivales ont laissé un virus redoutable se répandre comme une traînée de poudre sur la planète et faire des millions de morts évitables. Et maintenant, ces grandes puissances se montrent incapables de juguler cette pandémie monstrueuse de manière efficace et coordonnée.

Pendant que les travailleurs empêchent la société de s’effondrer, les capitalistes se disputent le matériel médical, font monter les prix, monopolisent les connaissances scientifiques, privent les populations pauvres de vaccins, rivalisent d’astuces pour renvoyer les ouvriers au travail dans des conditions dangereuses. Sans avoir rien maîtrisé, les classes dominantes relancent l’exploitation et aggravent l’épidémie.

Comme toujours, les peuples du monde font les frais de l’inefficacité absurde des bureaucraties capitalistes sclérosées, des gouvernements de bandits et d’hommes d’affaires, des grandes institutions soumises à la politique bourgeoise et paralysées par les contraintes de l’économie de marché.

Les limites de la concurrence, de la propriété privée et de la monopolisation de la production par le capital se manifestent brutalement : les masses s’appauvrissent et crèvent.

La pandémie prendra fin, mais après, il y aura d’autres crises!

Il y aura des chocs financiers violents!

Il y aura des attaques contre les forces productives!

Il y aura des guerres!

Le capital ne peut exister sans générer des secousses économiques sévères, sans alimenter les antagonismes inutiles, sans semer le chaos dans la production, sans appauvrir les travailleurs!

Aujourd’hui, nous crions : c’est assez!

Le pouvoir bourgeois doit céder la place à celui des producteurs véritables de la richesse,

à celui de la classe ouvrière et des masses laborieuses!

Aujourd’hui, nous manifestons!

Bientôt, nous déclencherons des révoltes bien plus fortes, des soulèvements prolongés,

des révolutions!

Nous abattrons les seigneurs de la société bourgeoise : les hommes d’affaires, les magnats de l’industrie privée, les barons du commerce, les rentiers, les spéculateurs, les financiers, les millionnaires et les milliardaires inutiles, et tout l’appareil d’État à leur service!

Nous formerons le nouveau gouvernement populaire, comme l’ont fait les ouvriers de la Commune de Paris il y a 150 ans; comme l’ont fait les révolutionnaires qui se sont hissés sur leurs épaules au 20e siècle en Russie et en Chine!

Nous forgerons l’humanité du futur, l’humanité libérée des classes sociales et de l’exploitation!

Vive le prolétariat mondial!

Vive la Journée internationale des travailleurs!

Vive la lutte pour le communisme!

Vive le PCR!

Défilé avec drapeaux rouges du PCR

Le 1er mai 2021, après avoir tenu notre manifestation politique autonome à partir du centre-ville de Montréal, nous avons rejoint le rassemblement organisé par les centrales syndicales au parc Lafontaine afin d’interpeller les travailleurs en lutte qui y étaient présents et de les inviter à appuyer le combat pour rebâtir le mouvement révolutionnaire pour le socialisme. Nous publions ici le contenu du tract que nous avons distribué.

À l’année longue, les travailleurs résistent à l’exploitation et mènent des luttes économiques courageuses contre la classe capitaliste pour défendre leurs intérêts immédiats, et ce, avec le soutien de leurs syndicats et du mouvement ouvrier organisé. Que ces luttes visent à améliorer leur sort ou simplement à ralentir la dégradation de leurs conditions de vie – dégradation provoquée de manière inévitable, à long terme, par le mode bourgeois de production –, elles sont entièrement nécessaires et doivent être menées avec la plus grande énergie possible dans les conditions actuelles.

On l’a vu dans la dernière année au Québec : la bourgeoisie ne cède rien si elle n’y est pas forcée, et elle cherche toujours à réduire au minimum ce qu’elle donne aux prolétaires en échange de leur force de travail. Notamment, le gouvernement provincial dirigé par François Legault vise à imposer des conventions collectives minables aux 550 000 travailleurs du secteur public avec lesquels il fait semblant de négocier. Ayant d’abord cherché ouvertement à les appauvrir en tentant de leur faire avaler des offres salariales sous l’inflation, le comité exécutif de la bourgeoisie refuse toujours d’augmenter leurs salaires de manière significative. Surtout, il refuse dinverser la dégradation des services publics fournis par l’État bourgeois aux masses populaires de la province, et ce, au moment même où ces services sont complètement submergés par la pandémie. Par ailleurs, pendant toute l’année, la bourgeoisie a forcé les prolétaires à travailler dans des conditions extrêmement dangereuses et les a même obligés à lutter pour obtenir des mesures de protection minimales contre le virus mortel (par exemple des masques N95 pour les infirmières et les préposées aux bénéficiaires). Finalement, rappelons qu’en pleine deuxième vague de la pandémie, les capitalistes n’ont pas hésité à mettre des centaines de travailleurs en lock-out – les mêmes qu’ils avaient hypocritement « remerciés » au début de la crise – afin de leur imposer des reculs ou de briser leur volonté de lutter pour des gains. Imaginons un instant ce qui adviendrait sans l’opposition organisée des prolétaires aux plans et aux manœuvres de la bourgeoisie!

Mais les luttes économiques défensives des travailleurs, aussi nécessaires soient-elles, ne seront jamais capables, à elles seules, de conduire à une transformation profonde et permanente des conditions de vie du prolétariat dans son ensemble. Tant que la dictature de la bourgeoisie demeurera en place et que les travailleurs ne seront pas propriétaires des moyens de production, l’exploitation se poursuivra : les prolétaires demeureront à la merci des bandits capitalistes qui s’enrichissent sur leur dos et continueront de voir leurs conditions de vie se dégrader. C’est par la prise du pouvoir politique et par la révolution socialiste que les masses ouvrières et prolétariennes cesseront d’être soumises à la toute-puissance du capital et acquerront la capacité de décider collectivement de leur propre sort. En prenant le contrôle des moyens de production, elles planifieront l’économie en fonction de leurs besoins au lieu de laisser les décisions entre les mains de parasites bourgeois qui ne cherchent qu’à maximiser leurs profits. Notamment, elles pourront instaurer des services publics socialistes réellement adéquats et répondant de manière complète aux besoins du peuple.

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, nous manifestons pour exprimer la nécessité de rebâtir le parti politique indépendant du prolétariat canadien afin de mener notre classe vers le pouvoir. La classe ouvrière doit remettre de l’avant son programme révolutionnaire visant l’abolition complète de la propriété privée et l’édification du socialisme. Surtout, elle doit commencer à déployer dès maintenant les formes de lutte et d’organisation nécessaires à la réalisation de ce programme. Tous les travailleurs qui le désirent peuvent et doivent prendre part activement à ce grand processus de reconstruction du mouvement politique prolétarien.

Relançons la lutte pour le pouvoir ouvrier et pour le socialisme!

Lavenir appartient à la classe ouvrière et aux masses populaires!

 

Affiche avec triangles rouges

À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le Parti communiste révolutionnaire du Canada tient à exprimer sa solidarité avec les prolétaires et les paysans qui luttent contre les classes exploiteuses dans tous les pays du monde. Nous sommes aux côtés des masses populaires qui doivent présentement affronter la pire pandémie à être survenue depuis la Grippe espagnole de 1918. Nous saluons tout particulièrement nos camarades maoïstes dans les pays dominés par l’impérialisme, notamment les militants des partis communistes de l’Inde et des Philippines qui dirigent depuis des années des guerres populaires prolongées contre les classes réactionnaires de leur pays respectif et qui continuent à organiser la lutte avec courage malgré les conditions actuelles.

Depuis maintenant près d’un an et demi, les peuples du monde entier, en plus de devoir endurer les souffrances déjà causées par le capitalisme en temps normal, sont accablés par une crise sanitaire mondiale, laquelle a pris une ampleur monstrueuse et n’est toujours pas contenue de manière efficace et coordonnée. La faute revient entièrement aux puissances impérialistes et aux classes réactionnaires de tous les pays qui négligent les besoins des masses, préférant s’affronter mutuellement pour conserver et étendre leurs marchés. Partout, les travailleurs font les frais de l’inefficacité absurde des États dirigés par des bandits et des hommes d’affaires; de l’inutilité des bureaucraties capitalistes sclérosées et parasitaires; de la défaillance des systèmes de santé mis en place par la bourgeoisie; ainsi que des limites des grandes institutions scientifiques soumises à la politique des classes dominantes et paralysées par les contraintes de l’économie de marché. Les masses populaires constatent également l’impuissance d’une organisation internationale comme l’OMS, institution officiellement censée veiller sur la santé de la population mondiale, mais qui n’est en réalité rien d’autre qu’un repère de carriéristes bourgeois séparés de la gestion réelle et immédiate du capitalisme; rien d’autre qu’une instance minable au service des intérêts généraux de l’impérialisme.

Partout, les classes dominantes font passer les profits avant la vie humaine, relançant hâtivement la production et l’économie sous la pression de la concurrence capitaliste internationale, et ce, sans avoir maîtrisé préalablement la propagation du virus mortel. Partout, la bourgeoisie se montre incapable de fournir au peuple les ressources et le matériel adéquat pour combattre le virus. En conséquence de l’insouciance des classes réactionnaires, plus de 150 millions de personnes ont officiellement été infectées à ce jour et des millions de morts évitables ont déjà eu lieu (le nombre de décès s’élèverait à 3,17 millions selon les données officielles, mais le bilan réel est probablement beaucoup plus lourd). Et c’est sans parler de l’appauvrissement scandaleux des masses populaires un peu partout sur la planète et du chaos économique engendré par l’absence de planification qui caractérise le mode de production capitaliste.

Même si le moyen de mettre fin à la crise sanitaire existe depuis la création de vaccins efficaces contre la COVID-19 – notamment les vaccins innovateurs à ARNm –, la crise sanitaire s’éternise en raison de l’anarchie dans la production et dans la distribution mondiale des produits du travail et de l’ingéniosité humaine. À cause de la compétition impérialiste et de l’emprise des grands monopoles privés sur la fabrication des vaccins (dont la propriété intellectuelle n’est pas suspendue malgré le nombre incalculable de vies que cela pourrait sauver), la campagne d’immunisation mondiale se déroule au ralenti et les masses populaires des pays pauvres n’y ont même pas accès. En février 2021, on estimait que seulement 43% des capacités mondiales de production de vaccins contre la COVID-19 étaient utilisées en raison de barrières artificielles créées par les grandes entreprises pharmaceutiques. Par ailleurs, à la fin du mois de janvier dernier, les gouvernements de quinze pays riches avaient accaparé à eux seuls 93% des doses de vaccin produites dans le monde. À la mi-février, 130 pays n’avaient toujours pas reçu une seule dose. Dans certains pays dominés où la vaccination fait défaut, la situation sanitaire risque de demeurer critique pendant longtemps et pourrait empirer prochainement. En Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète, une catastrophe sanitaire particulièrement épouvantable se déroule actuellement et continue de prendre de l’ampleur avec des centaines de milliers d’infections répertoriées et plusieurs milliers de morts officiellement comptabilisés chaque jour. Dans ce pays qui constitue ironiquement l’un des plus gros producteurs de vaccins au monde, moins de 9% de la population avait reçu une première dose du vaccin contre la COVID-19 à la fin du mois d’avril. Pendant ce temps, les capitalistes font des profits gigantesques sur le malheur de l’humanité. Au début du mois de février dernier, le monopole pharmaceutique Pfizer a notamment annoncé qu’il prévoyait réaliser en 2021 un chiffre d’affaires de 15 milliards de dollars et un bénéfice avant impôt d’environ 4 milliards de dollars uniquement avec la vente de son vaccin à ARNm contre la COVID-19 (dont le développement a été rendu possible – il faut le souligner – grâce à des subventions publiques massives). Son chiffre d’affaires total pour l’année 2021 devrait quant à lui atteindre 59,4 à 61,4 milliards de dollars, soit une augmentation comprise entre 42% et 47%. Par ailleurs, ayant laissé le virus se propager pendant des mois parmi les masses populaires du monde entier pour ne pas avoir à interrompre de manière prolongée le processus capitaliste d’extraction de plus-value, les États bourgeois permettent l’émergence de nouveaux variants plus contagieux et plus meurtriers du virus, compliquant ainsi les efforts nécessaires pour endiguer la pandémie et menaçant potentiellement l’efficacité des vaccins actuellement distribués.

Le chaos impérialiste qui se manifeste de manière exacerbée depuis le début de la pandémie n’a rien de nouveau : des crises encore plus intenses et des conflits sociaux encore plus violents ont jalonné toute l’histoire du capitalisme et continueront de le faire dans le futur. Du début du 20e siècle aux deux premières décennies du 21e siècle, les classes laborieuses ont payé de leur sueur et de leur sang le prix du maintien de la domination de la grande bourgeoisie monopoliste. Les crises internes du capital se sont multipliées – allant de la grande crise de 1929 à la crise financière de 2008. Des guerres de brigandage dévastatrices – dont deux guerres mondiales ayant fait des dizaines de millions de morts – ont été déclenchées afin d’assouvir la soif d’enrichissement de rapaces capitalistes. L’exploitation de la classe ouvrière et le pillage des pays dominés se sont accrus. Tous ces maux sont des conséquences directes du caractère anarchique et inhumain du mode de production capitaliste fondé sur la concurrence et sur la recherche du profit privé. Tant que l’humanité ne sera pas entièrement débarrassée de ce mode de production historiquement périmé, les crises et les conflits inutiles vont continuer. La bourgeoisie impérialiste parviendra éventuellement à mettre fin à la pandémie actuelle, mais le chaos social généré par le capital, lui, persistera tant que les classes réactionnaires resteront au pouvoir.

Qui peut débarrasser le genre humain de la barbarie capitaliste et instaurer un nouvel ordre social? C’est la classe ouvrière internationale : la classe de ceux qui produisent mais qui sont dépossédés des moyens de production. Cette immense classe sociale, engagée dans le procès de production le plus moderne qui soit, tenant entre ses mains l’ensemble de l’économie de la planète et dont les membres se trouvent liés entre eux peu importe le pays dans lequel ils se trouvent – en raison des liens économiques internationaux et de l’uniformité de la production industrielle mondiale –, représente la classe la plus révolutionnaire et la plus progressiste de l’époque actuelle. C’est la seule classe qui, en se libérant de l’exploitation, peut – et doit – émanciper l’humanité entière, détruire toutes les distinctions de classe et faire émerger un nouveau mode de production supérieur au capitalisme : le communisme.

Les conditions matérielles d’existence de la classe ouvrière en font la classe dont les idées sont les plus justes, les plus claires et les plus désintéressées. La position des ouvriers dans les rapports de production les poussent spontanément à la lutte collective contre l’exploitation et contre toutes formes d’injustice. Le prolétariat mondial possède d’ailleurs déjà une riche expérience de combat contre la bourgeoisie, expérience accumulée au cours de plus d’un siècle et demi de résistance au joug du capital et de luttes révolutionnaires. C’est en se basant sur les enseignements tirés de ses luttes passées et de ses grandes victoires historiques que la classe ouvrière d’aujourd’hui parviendra à renverser définitivement la bourgeoisie et à abolir les rapports de production capitalistes. Cet immense héritage révolutionnaire doit être revendiqué ouvertement par les militants ouvriers les plus conscients afin d’inspirer le reste de leur classe et d’entraîner les masses laborieuses dans la bataille générale pour le socialisme et pour le communisme.

Cette année, le prolétariat mondial célèbre d’ailleurs le 150e anniversaire de la Commune de Paris, la première grande victoire politique du mouvement prolétarien. Malgré la brièveté de son existence, la Commune, en tant que premier gouvernement ouvrier de l’histoire, a permis d’éclairer la voie aux générations d’ouvriers révolutionnaires qui sont venues après elle. Elle a fait apparaître la forme politique permettant de réaliser la révolution sociale et l’émancipation économique des travailleurs. En avril 1911, à l’occasion du 40e anniversaire de la Commune, Lénine a écrit :

« Le souvenir des combattants de la Commune n’est pas seulement vénéré par les ouvriers français, il l’est par le prolétariat du monde entier. Car la Commune lutta non point pour quelque objectif local ou étroitement national, mais pour l’affranchissement de toute l’humanité laborieuse, de tous les humiliés, de tous les offensés. Combattante d’avant-garde de la révolution sociale, la Commune s’acquit des sympathies partout où le prolétariat souffre et lutte. Le tableau de sa vie et de sa mort, l’image du gouvernement ouvrier qui prit et garda pendant plus de deux mois la capitale du monde, le spectacle de la lutte héroïque du prolétariat et de ses souffrances après la défaite, tout cela a enflammé l’esprit de millions d’ouvriers, fait renaître leurs espoirs et gagné leur sympathie au socialisme. »

Hissés sur les épaules des communards parisiens de 1871, les révolutionnaires du 20e siècle ont conduit le prolétariat mondial à des victoires encore plus éclatantes, notamment avec la Révolution russe de 1917 et la Révolution chinoise de 1949. Ces deux révolutions ont mené aux premières expériences d’édification du socialisme, démontrant dans la pratique aux masses populaires du monde entier la supériorité de la propriété collective et de la planification ouvrière de l’économie par rapport à la propriété privée et à l’économie de marché.

C’est dans le feu de la lutte des classes que la science révolutionnaire du prolétariat – le marxisme – s’est développée au 19e siècle et qu’elle s’est par la suite enrichie durant tout le 20e siècle. Grâce au marxisme, le prolétariat peut comprendre les rouages de l’exploitation capitaliste et peut maîtriser le processus aboutissant à la transformation révolutionnaire de la société. Évidemment, le marxisme a été nié de toutes ses forces par la bourgeoisie qui y voit une arme théorique redoutable dont il faut priver à tout prix les masses ouvrières. Et malheureusement, en conséquence des efforts de mystification déployés pendant plusieurs décennies par la classe dominante et par les intellectuels petits-bourgeois à son service, la science marxiste est désormais presque inconnue des ouvriers et des masses populaires dans les pays impérialistes. Aujourd’hui, les communistes de ces pays ont la tâche urgente de rediffuser largement les enseignements du marxisme auprès des travailleurs et de lier à nouveau la théorie révolutionnaire avec les luttes ouvrières réelles. Pour ce faire, il doivent produire et diffuser une propagande vivante, abondante et variée qui aborde de manière révolutionnaire les questions touchant aux conditions de vie concrètes et aux combats actuels des ouvriers. Les communistes doivent produire et diffuser des analyses matérialistes et justes de la conjoncture, de la lutte des classes, des processus économiques en cours et des contradictions impérialistes.

Mais les communistes doivent aussi organiser la classe ouvrière pour la lutte politique et déployer les moyens d’action permettant de transformer leurs idées en force matérielle pour combattre la bourgeoisie. Surtout, ils doivent reconstruire le parti d’avant-garde centralisé – dans tous les pays où il doit être reconstruit – en s’ancrant profondément auprès des masses ouvrières et prolétariennes et en préparant concrètement le déclenchement de la guerre populaire contre la bourgeoisie. La classe ouvrière canadienne célèbre d’ailleurs cette année le 100e anniversaire de la fondation du Parti communiste du Canada (PCC) en 1921, fondation qui avait eu lieu sous l’impulsion de la révolution d’Octobre de 1917 en Russie et sous l’influence de l’Internationale communiste créée en 1919. Malgré les déviations importantes ayant caractérisé son histoire jusqu’au triomphe du révisionnisme dans ses rangs au début des années 1940, le PCC a accumulé une riche expérience de liaison avec la classe ouvrière dans les années 1920 et 1930, décennies au cours desquelles il a dirigé des combats prolétariens importants et a contribué à faire rayonner le marxisme au sein des masses populaires. Aujourd’hui, les communistes du PCR-RCP travaillant à rebâtir le mouvement politique du prolétariat canadien doivent s’appuyer sur l’héritage positif du PCC d’autrefois tout en apprenant de ses erreurs pour ne pas les répéter. Ils doivent reprendre le flambeau des générations passées de militants communistes – y compris celui des générations plus récentes ayant créé de nouvelles organisations anti-révisionnistes suite à l’embourgeoisement du PCC – et mener à terme la tâche historique qu’elles avaient entreprise : l’organisation de la lutte politique du prolétariat, le renversement de la domination de la bourgeoisie canadienne au moyen de la lutte armée et l’établissement d’un nouveau pouvoir socialiste partout au pays afin de servir la révolution prolétarienne mondiale! Aujourd’hui, à l’occasion du 1er mai, le PCR-RCP appelle tous ceux qui le désirent à prendre part activement à ce grand processus de reconstruction du mouvement politique indépendant du prolétariat canadien.

Vive la Journée internationale des travailleurs!

Vive la classe laborieuse canadienne et le prolétariat mondial!

Vive la lutte universelle pour le communisme!

L’avenir appartient à la classe ouvrière!