Le 1er mai prochain, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses, le Parti communiste révolutionnaire appelle les ouvriers, les prolétaires et les militantEs révolutionnaires de partout au pays à prendre part, dans le plus grand nombre possible de villes, à la commémoration politique de la grève générale de Winnipeg de 1919, soulèvement héroïque qui a marqué l'histoire du mouvement ouvrier canadien.

En mai 1919, à Winnipeg, les ouvriers de la métallurgie et de la construction se mettent en grève pour obtenir de meilleurs salaires, des journées plus courtes et le droit à la négociation collective. Suite au refus de négocier de leurs patrons, plus de 30 000 travailleurs et travailleuses les suivent et déclenchent la grève générale. Ils et elles prennent alors le contrôle de la ville et en assurent l’administration pendant 6 semaines. Le soulèvement a un retentissement partout au pays. Des grèves de solidarité sont déclenchées dans plusieurs villes. À Montréal, une assemblée populaire, réunissant entre autres des grévistes de la Canadian Vickers, adopte une résolution de soutien aux travailleurs et aux travailleuses de Winnipeg. La bourgeoisie réplique en mettant sur pied une milice anti-grève. La rébellion est finalement matée par le gouvernement fédéral et se termine avec l'intervention de l'armée, la répression brutale des grévistes par la police montée lors du «samedi sanglant» (lors duquel deux manifestants sont tués et des centaines d’autres sont blesséEs) ainsi que l'arrestation, la détention et la déportation de plusieurs leaders ouvriers.

La grève de Winnipeg constitue l'un des moments les plus marquants de l'histoire du mouvement ouvrier canadien. Elle témoigne à l’époque de l’affirmation et de l’organisation grandissantes de la classe ouvrière dans sa lutte contre les capitalistes. Elle est le produit de la fusion entre la lutte revendicative des travailleurs et des travailleuses et les idées révolutionnaires qui foisonnent au pays depuis le triomphe de la révolution d’Octobre deux ans plus tôt en Russie. La conscience de classe naît de l’affrontement avec l’ennemi de classe. La grève de 1919, par son ampleur, par sa combativité et par l’intensité de la répression que la bourgeoisie a dû faire s’abattre sur elle, a fait faire un bond en avant prodigieux à la conscience de classe du prolétariat canadien. Elle lui a permis de réaliser la vraie nature de l’État bourgeois et la nécessité de s’armer pour lui faire face. En effet, la grève de Winnipeg est un exemple qui montre bien que dans les pays capitalistes, malgré la présence d’institutions « démocratiques » comme le parlement, la bourgeoisie n’hésite pas à recourir à la terreur et à la répression dès qu’elle sent que ses intérêts sont menacés.

C'est une obligation pour notre classe de se rappeler de ses luttes passées et d’assimiler les apprentissages qui en ont été tirés afin d’avoir toutes les armes en main et toute la clarté de vue nécessaire pour vaincre la bourgeoisie. Il faut nous emparer de l’expérience de combat accumulée historiquement et la réactualiser, continuer à faire vivre nos traditions militantes et poursuivre la bataille entamée il y a plus d’un siècle pour notre pleine émancipation. Voilà le sens de l’appel du PCR à souligner le centenaire de la grève de Winnipeg. Commémorer politiquement cette grève historique, cela signifie la commémorer dans l’action, dans le combat contre la bourgeoisie, dans la lutte concrète pour renverser le pouvoir de la classe dominante et pour mettre en place un nouveau pouvoir : celui des ouvriers et des masses exploitées.

Le 1er mai 2019, une puissante manifestation révolutionnaire, plus combative et plus nombreuse que celles des années précédentes, aura lieu dans le centre financier de la bourgeoisie à Montréal – dans le quartier que nous nommons le « Golden Square Mile ». C’est une véritable offensive qui se prépare, un assaut prolétarien qui devra permettre au camp de la révolution de faire un bond dans sa progression politique vers la guerre populaire. Afin de nous montrer à la hauteur de la ténacité dont ont fait preuve les travailleurs et les travailleuses de Winnipeg qui ont combattu courageusement pendant des semaines en 1919, il faudra résister collectivement aux attaques de la police et viser à transformer le centre-ville en une véritable zone de combat de rue, un peu comme on en voit ailleurs dans le monde où les prolétaires se révoltent contre le pouvoir bourgeois chaque 1er mai – notamment autour de la place Taksim à Istanbul en Turquie. Des actions auront également lieu dans d’autres villes de la province et du pays.

La campagne de boycott des élections bourgeoises que notre Parti mène présentement constitue le prélude à cette grande offensive révolutionnaire. Les militants et les militantes, les travailleurs et les travailleuses qui y prennent part contribuent à construire les outils qui permettront de déployer une action retentissante le 1er mai prochain. Du même coup, l’initiative du 1er mai 2019 constitue le prolongement nécessaire du rejet conscient du parlementarisme bourgeois et de la participation aux institutions de l’État capitaliste. Ce n’est pas en déposant un bulletin de vote dans une urne que l’on peut changer la société : c’est en nous unissant contre les capitalistes et en déployant ensemble notre action révolutionnaire!

OuvrierEs, prolétaires, joignez-vous à la lutte pour mettre fin à ce monde injuste!

Poursuivons le combat historique pour l’émancipation de notre classe!

Le 1er mai 2019, soulignons les 100 ans de la grève de Winnipeg en nous révoltant contre le pouvoir bourgeois!

 

Assemblée soviétique de Pétrograde

L’objectif premier que nous, prolétaires, poursuivons, c’est de renverser la bourgeoisie canadienne et de conquérir le pouvoir d’État. À partir de là commencera une nouvelle étape : la construction d’une nouvelle société, une société socialiste, qui sera elle-même le prélude au communisme qui se caractérise notamment par la disparition de l’État (qui n’est jamais autre chose que l’instrument de la domination d’une classe sur une autre), du parti, du droit bourgeois, des classes sociales, des rapports marchands et de l’argent pour faire place à la libre coopération entre tous les individus. La société sera alors administrée collectivement par tous ceux et celles qui en font partie.

L’étape du socialisme, il faut la voir comme étant une période de transition qui servira à la fois à détruire tous les vestiges du vieux mode de production capitaliste – vestiges qui ne manqueront pas de subsister – et à prévenir la restauration du capitalisme ; mais aussi à préparer l’avènement du communisme. Le passage à la société communiste impliquera en effet une préparation matérielle considérable, c.-à-d. qu’il faudra développer et transformer les forces productives et établir les conditions qui permettront de satisfaire pleinement les besoins de tous et de toutes. Plus encore, ce passage impliquera surtout une préparation politique et idéologique : les rapports sociaux devront avoir été complètement transformés, l’idéologie prolétarienne devra avoir triomphé de l’idéologie bourgeoise, les êtres humains devront avoir appris à gérer leur vie et à inscrire leur propre épanouissement dans le cadre de l’épanouissement général de toute la collectivité.

Lénine a bien résumé la conception qui doit nous guider dans l’établissement et la consolidation du nouveau pouvoir :

«Notre but est de faire participer tous les pauvres sans exception au gouvernement du pays ; et toutes les mesures prises dans ce sens – plus elles seront variées, mieux cela vaudra – doivent être soigneusement enregistrées, étudiées, systématisées, mises à l’épreuve d’une expérience plus vaste, et recevoir force de loi. Notre but est de faire remplir gratuitement les fonctions d’État par tous les travailleurs […] : il est particulièrement difficile d’y arriver, mais là seulement est la garantie de la consolidation définitive du socialisme.»

Dès l’effondrement du régime bourgeois, le prolétariat révolutionnaire établira un nouvel État, qui sera l’instrument de sa dictature sur la bourgeoisie et de la consolidation de son nouveau pouvoir. Cet État sera basé sur les conseils révolutionnaires, dont certains auront déjà été mis sur pied à travers le développement de la révolution, dans la grande tradition communiste des Soviets établie en Russie. Cette forme d’expression et d’organisation par excellence du pouvoir prolétarien devra conséquemment être étendue et généralisée d’un bout à l’autre du pays, à l’échelle locale comme à l’échelle nationale. Les conseils révolutionnaires détermineront et implanteront toutes les mesures nécessaires à l’établissement et au développement du socialisme ; ils deviendront ainsi les principaux organes de pouvoir autour desquels s’exercera la dictature du prolétariat. De plus en plus, ce sont véritablement les masses prolétariennes à la base qui dirigeront la société. Il s’agira de permettre à chacun et à chacune de développer sa capacité à diriger, et pas seulement au niveau d’une usine ou d’un quartier, mais surtout au niveau de la société tout entière, de la planification et la direction générale qu’elle prendra.

Pour qu’une telle participation soit possible, et surtout pour qu’elle soit autre chose que toutes les consultations fantoches que les capitalistes et leurs gouvernements organisent uniquement pour nous donner l’impression que nous avons notre mot à dire sur l’administration de la société (alors qu’en fait, ce sont eux et eux seuls qui prennent toutes les décisions, et ils le font uniquement dans leurs propres intérêts), l’État doit se transformer lui-même, et surtout développer de nouveaux organes dirigeants basés sur la participation des masses.

Voici certaines des mesures et des tâches que le prolétariat révolutionnaire devra mettre en place et réaliser après avoir conquis le pouvoir politique. Il ne s’agit pas, ici, de «promesses électorales» bidon comme en font les partis politiques bourgeois en période électorale, mais d’une liste, ni complète ni exclusive, de mesures qui indiquent quel type de transformations devront être entreprises pour que la période historique du socialisme se déroule avec succès.

La justesse des mesures qui seront mises en place aux différentes étapes de la construction du socialisme sera jugée ainsi : selon qu’elles contribueront ou pas à éliminer les vestiges du capitalisme, à empêcher sa restauration, à faire naître et à consolider de nouveaux rapports sociaux. Il y aura nécessairement des avancées et des reculs. Parfois, le prolétariat révolutionnaire sera contraint d’opérer quelques replis tactiques. Mais toujours, il faudra s’assurer que la direction générale de la société aille dans le sens du communisme. Sinon, ce sera inévitablement le retour en arrière et la restauration du capitalisme, comme on l’a vu en URSS et en Chine. Bref, ce sera une bataille constante pour réellement renverser la pyramide sociale, et faire en sorte qu’ultimement, «ceux d’en bas» (c.-à-d. le prolétariat et ses alliés) deviennent les véritables maîtres de la société.

Mesures d’ordre économique :

  • Expropriation sans indemnisation de la grande bourgeoisie, notamment des banques, des grandes industries et des réseaux de communication ; nationalisation des richesses immobilières et mobilières, de la terre, du sous-sol et des eaux ; développement de la propriété sociale et collective des principaux moyens de production ; constitution, dans toutes les unités de production, d’une direction qui agira dans l’intérêt général du prolétariat, c.-à-d. dans le but de satisfaire les besoins collectifs et de servir la révolution mondiale ; gestion des entreprises selon un plan national et des plans locaux qui assignent les tâches à accomplir, allouent les ressources et déterminent la destination des produits.

  • Annulation des prêts, des hypothèques et de toutes les dettes envers les banques, l’État et la bourgeoisie impérialiste. Annulation des dettes et crédits contractés auprès d’autres pays. Transformation du patrimoine financier des travailleurs et travailleuses ainsi que de la petite et moyenne bourgeoisie en épargne ne produisant pas d’intérêts, que les titulaires pourront utiliser comme revenu complémentaire ou différé, à pouvoir d’achat constant ; dissolution immédiate des fonds d’investissement et de capital de risque, y compris les anciens fonds gérés par des syndicats ; protection de l’épargne, des pensions et de tout autre moyen de subsistance acquis par les travailleurs et travailleuses.

  • Réalisation du devoir pour tous et toutes d’effectuer un travail socialement utile, sauf ceux et celles reconnus inaptes en raison de l’âge, de la maladie ou de l’invalidité ; reconnaissance, collectivisation du travail domestique (cantines, buanderies, entretien domestique, etc.) ; détermination du revenu individuel par le collectif de travailleurs et de travailleuses, en fonction de la quantité et la qualité du travail effectué ; octroi d’une allocation universelle suffisante pour tous ceux et celles qui ne peuvent effectuer un travail socialement utile (enfants, étudiants, personnes âgées, inaptes), qui permet notamment aux femmes de s’émanciper des hommes et aux jeunes de ne plus dépendre de leurs parents.

  • Réduction constante et progressive des écarts salariaux jusqu’à leur complète élimination, entre travailleurs et travailleuses manuels et intellectuels, hommes et femmes, dirigeants et dirigés, entre ceux et celles qui possèdent plus de connaissances ou de qualifications et les autres qui en ont moins, entre villes et campagnes.

  • Rétribution des directeurs, des directrices et de toute personne chargée d’une fonction publique à qui telle responsabilité a été déléguée sur la base du salaire ouvrier moyen, que nous appelons aussi le «maximum communiste» – les locaux, moyens de transport et autres fournitures nécessaires à l’accomplissement des tâches qui ont été confiées demeurant propriété collective.

  • Protection de la propriété individuelle des travailleurs et travailleuses autonomes tout en gardant la propriété collective comme objectif ; soutien à l’application des technologies les plus avancées, les plus sûres, les plus propres et les plus productives ; commandes et fournitures planifiées et assurance des débouchés ; transformation graduelle et volontaire des entreprises individuelles et familiales en coopératives de production et de distribution, puis transformation de ces coopératives en propriété collective.

Mesures d’ordre politique :

  • Participation de tous les dirigeants, y compris les dirigeants à l’intérieur du parti, aux tâches de base.

  • Formation à la gestion des différents milieux de travail des travailleuses et des travailleurs afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeants et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie via la formation d’experts.

  • Formation à la vie politique des éléments les plus avancés parmi les masses afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeants du parti et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie à l’intérieur même du parti.

  • Développement d’échanges économiques avec les autres pays sur la base de l’intérêt réciproque et du respect de l’indépendance mutuelle ; fin immédiate de l’occupation des territoires autochtones ; développement de relations fraternelles avec les autres pays socialistes.

  • Dissolution de l’armée, de la police et de tous les organes répressifs du vieil État bourgeois ; expulsion du territoire canadien des forces armées étrangères, de la police et des espions ; armement général des masses et constitution de milices prolétariennes qui verront à développer leur capacité à assurer elles-mêmes la défense du nouveau pouvoir ; maintien d’une armée rouge permanente chargée d’empêcher la contre-révolution et de défendre le pays contre toute menace étrangère.

  • Annulation de tous les traités militaires, politiques et commerciaux signés par l’ancien régime, y compris ceux qui maintiennent l’oppression des nations autochtones ; expulsion des diplomates, représentants officiels et agents d’autres États qui ne respectent pas les dispositions prises par les autorités révolutionnaires, qui cherchent à influencer les masses et/ou dont la présence n’est plus nécessaire ; soutien actif, politique et matériel, aux organisations révolutionnaires du prolétariat et aux mouvements de libération qui luttent contre la domination impérialiste.

  • Dissolution des organes de l’administration publique de la bourgeoisie (gouvernements fédéral et provinciaux, conseils de bande autochtones, conseils municipaux, organismes chargés de gérer les écoles et le système de santé, etc.).

  • À tous les niveaux (central, national, provincial, régional, local…), remise du pouvoir aux mains d’un conseil révolutionnaire unique composé de délégués élus et révocables en tout temps par ceux et celles qui les ont élus et assurant une représentation équitable entre hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, militants avec et sans parti, etc ; ont le droit de vote les prolétaires ainsi que tous ceux et celles qui participent à la construction du socialisme.

  • Dissolution des associations professionnelles et des organisations de la bourgeoisie (chambres de commerce, Conseil du patronat, etc.) ; abolition des droits politiques et civils des membres de la grande bourgeoisie impérialiste ; obligation pour tous les autres bourgeois de se soumettre au collectif des travailleurs et des travailleuses sous peine de se voir retirer tels droits ; répression de toute tentative de la bourgeoisie de restaurer son pouvoir et ses privilèges, d’user de son autorité morale et de ses moyens pour influencer les masses et la vie sociale.

  • Élection et révocabilité des officières et officiers de justice, des fonctionnaires de l’administration publique, des dirigeants des forces armées et des milices.

  • Égalité absolue des langues et des nations ; reconnaissance du droit à l’autodétermination pour les nations opprimées ; interdiction de toute discrimination basée sur la langue parlée, la connaissance d’une langue, l’appartenance nationale ou l’origine ethnique ; respect des droits des minorités nationales et des groupes minoritaires, y compris le droit à l’éducation et la préservation de leur culture.

Mesures d’ordre social :

  • Réduction et limitation de la durée de la journée de travail ; interdiction du temps supplémentaire obligatoire et du travail de nuit contraint, sauf dans les cas où cela est absolument indispensable ; limitation de la période pendant laquelle une personne pourra être employée à des travaux nocifs et difficiles, et rotation des tâches planifiée en conséquence.

  • Valorisation du travail volontaire, au-delà du travail obligatoire ; au fur et à mesure que la production croît et que la situation le permet, implantation et généralisation, autant que possible, de la répartition «à chacun selon ses besoins» plutôt que selon son travail ; transformation progressive de toute activité sociale en travail volontaire permettant la libre expression de la créativité et l’émancipation de chaque individu ; réduction du travail obligatoire jusqu’à sa complète élimination.

  • Reconnaissance du droit de grève et de s’organiser, de la liberté de manifester pour les couches prolétariennes, comme moyen privilégié d’affirmer leur dissidence.

  • Nationalisation du patrimoine immobilier urbain appartenant aux capitalistes ; attribution collective du logement pour répondre aux besoins des masses prolétariennes ; amélioration collective de la salubrité et de la qualité du logement ; utilisation sécuritaire et gratuite des réseaux domestiques (électricité, gaz, aqueducs) ; mise à la disposition de l’espace et du patrimoine immobilier pour les activités sociales et communautaires.

  • Organisation générale des masses et prise en charge directe par leurs organisations des tâches de gestion d’un nombre croissant d’aspects de la vie : économie, culture, santé, éducation, administration de la justice, ordre public, défense du territoire, lutte contre la contre-révolution, organisation des milices prolétariennes, etc.

  • Généralisation des congés parentaux et des congés payés pour le soin des enfants ; protection physique et morale des femmes enceintes pendant toute la durée de la grossesse et la période qui suit l’accouchement ; droit à l’avortement et à la contraception libres et gratuits ; mise en place de garderies gratuites dans toutes les entreprises et les quartiers.

  • Reconnaissance et éducation quant au fait que le soin et l’éducation des enfants sont la responsabilité de toute la collectivité et qu’ils concernent donc également les unités de travail, l’administration publique et les organisations de masse ; mise en place de mesures qui aideront les jeunes à rompre leur dépendance par rapport à leur famille immédiate et qui favoriseront leur plein épanouissement ainsi que leur sécurité affective ; participation des jeunes au travail productif, dans la mesure de leurs capacités, afin de les aider à acquérir l’expérience, la connaissance et les relations sociales qui leur permettront de s’émanciper.

  • Mobilisation de masse pour lutter contre l’exploitation et la violence faites aux femmes et aux enfants et contre la soumission des femmes envers les hommes ; lancement de campagnes politiques fréquentes et généralisées contre les valeurs sexistes traditionnelles et pour valoriser la participation des femmes à tous les aspects de la vie sociale ; neutralisation des éléments réactionnaires qui agissent à l’encontre de la pleine émancipation des femmes ; rééducation et punition des violeurs, des incestueux, des pédophiles, des exploiteurs sexuels et des récidivistes.

  • Abolition et interdiction de toute forme de discrimination raciale : au travail, dans le logement, dans l’accès aux services publics, etc. ; octroi de droits égaux à tous les travailleurs et travailleuses ; dissolution des organisations racistes et suprémacistes ; valorisation des échanges culturels entre prolétaires de différentes nationalités ; ouverture des frontières aux travailleurs et travailleuses venus de l’étranger.

  • Lutte conséquente contre l’homophobie et contre toute forme de discrimination à l’endroit des gais et lesbiennes.

  • Reconnaissance du droit pour tous et toutes à la santé et aux services sociaux ; accès gratuit aux hôpitaux, aux centres de santé et aux soins reconnus ; instruction sanitaire universelle et développement de la lutte contre la propriété privée de la médecine.

  • Nomination d’inspecteurs et inspectrices du travail élus et révocables ayant l’autorité d’intervenir et de prendre toute mesure nécessaire à la protection de l’hygiène, de la sécurité du travail et de l’environnement.

  • Création de bureaux de placement chargés de distribuer la main-d’œuvre de manière rationnelle ; développement de la formation professionnelle dans l’optique de réduire les divisions entre travail manuel et travail intellectuel, entre direction et exécution ; généralisation d’échanges d’expériences inter-entreprises.

  • Répartition équilibrée du développement industriel sur l’ensemble du territoire pour combattre la tendance du capitalisme à la création de mégapoles ; protection du patrimoine naturel ; développement de rapports politiques et économiques égalitaires entre villes et campagnes.

  • Reconnaissance du droit à une vie digne aux personnes âgées, incluant la possibilité de mettre leur expérience au service de la révolution et de la société en général, notamment auprès des jeunes générations.

  • Séparation totale et complète de l’Église et de l’État ; liberté de pratiquer une religion, et propagation par l’État révolutionnaire de la science et de l’athéisme.

  • Disponibilité et liberté d’accès aux services publics, incluant le téléphone, la poste, la radio, l’Internet, les transports publics (y compris les transports interurbains), les musées, etc.

  • Développement du contrôle collectif sur l’environnement et les ressources ; préservation et protection de tout ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins collectifs et à l’avancement vers une société sans classes et la réalisation du communisme sur toute la planète.

  • Mise en place de banques d’outils et de biens collectifs pouvant être utilisés de façon communautaire.

Mesures d’ordre culturel :

  • Instruction générale polytechnique et scientifique gratuite, obligatoire et de base pour tous les jeunes ; développement d’un lien étroit entre l’éducation et le travail productif ; démantèlement des universités bourgeoises qui seront transformées en centres de recherche et de développement au service de la révolution, dont l’accès sera gratuit et se fera sur la base de l’origine de classe et de la disposition à servir le peuple et la révolution ; obligation pour les étudiants de niveau supérieur de participer au travail productif ; ouverture des écoles aux jeunes en provenance des pays opprimés par l’impérialisme et aux représentants des mouvements de libération ; direction des écoles par les conseils révolutionnaires, qui nomment les administrateurs et administratrices et qui peuvent les révoquer.

  • Développement d’une vie culturelle complète et variée qui aide les masses populaires et prolétariennes à comprendre leurs problèmes et le monde dans lequel elles vivent, à trouver des solutions appropriées et à aller de l’avant dans la lutte pour le transformer ; établissement d’un climat qui permette la liberté d’expression et la lutte contre les idées réactionnaires et pour la consolidation du pouvoir prolétarien : «que Cent fleurs s’épanouissent, que Cent écoles rivalisent» ; libre accès à la presse, à la radio, à la télé, aux réseaux informatiques, aux locaux et à tous les moyens nécessaires au développement de la démocratie ouvrière.

  • Valorisation du travail intellectuel au service des masses et de la révolution ; utilisation des connaissances et du patrimoine scientifiques pour améliorer les conditions matérielles, morales et culturelles de chacun ; abolition de la propriété intellectuelle, des brevets, des droits d’auteur et de la propriété artistique.

Le Parti communiste révolutionnaire mène présentement une large initiative politique de propagande et d’action révolutionnaire parmi les masses appelée «Luttons pour le socialisme et nos revendications». L’objectif est d’introduire massivement dans le prolétariat la conception selon laquelle le socialisme est ce qui totalise l’ensemble des revendications du peuple et que c’est la lutte révolutionnaire pour le pouvoir politique qui permettra ultimement de répondre aux besoins de tous et toutes. La présente série d’articles met en lumière divers aspects du socialisme tel qu’il a existé dans l’histoire et tel qu’il existera au Canada et vise à donner un aperçu de la façon dont le pouvoir des gens ordinaires transformera le monde.

Nous appelons tous les révolutionnaires et tous les prolétaires en accord avec nos perspectives à entreprendre un processus d’unification avec nous et à se déployer dans l’action afin de mener une grande offensive politique le 1er mai 2019. Cette date doit marquer la commémoration politique du 100e anniversaire de la grève générale de Winnipeg et l’ouverture d’une nouvelle séquence de combats et d’affrontements pour la classe ouvrière !

 

Manifestation avec pyrotechnie

Le 8 et le 9 juin se tiendra à la Malbaie le nouveau Sommet du G7, cette écœurante cérémonie réactionnaire lors de laquelle les plus grands représentants de la bourgeoisie mondiale se rassembleront en gang pour brasser des grosses affaires. Le destin des peuples du monde et des millions de travailleurs et de travailleuses qui le façonnent sera, une fois de plus, mis à la merci d’une bande de requins qui, s’ils ne sont plus satisfaits du partage actuel des profits, ne se gêneront pas pour mettre la Terre à feu et à sang. À l’ordre du jour, on se disputera le couronnement, à mots à peine couverts, du plus grand et plus juteux parasite du groupe, de celui qui aura multiplié les plus gros gains sur le dos des travailleurs et des travailleuses exploités. On tentera de s’entendre sur qui sera le prochain à passer au cash, sur qui aura le droit de détruire telle partie du globe et sur qui aura le droit de la reconstruire! À la fin de leur meeting, ces chiens vont quand même sortir avec un grand sourire aux lèvres, se donner une bonne tape dans le dos tout en se félicitant d’une autre année merveilleuse pour la domination du Capital. Allez, on se revoit au prochain sommet!

Le luxueux Manoir Richelieu : voilà le lieu où les capitalistes canadiens accueilleront leurs invités. Les grands espaces verts sont le parfait endroit pour impressionner et, heureusement, sont bien moins risqués que les grandes villes et autres zones trop faciles d’accès. C’est à croire que l’expérience du G20 de 2010 à Toronto a laissé quelques mauvais souvenirs à la bourgeoisie canadienne! La Défense nationale a, d’ailleurs, tout simplement recyclé le nom d’opération «Cadence» avec lequel on avait dénommé la gestion du périmètre en 2010. Une sorte de prise deux pour prendre sa revanche et s’assurer que cette fois, les masses en colère ne s’approcheront pas trop du sommet. La répression que la bourgeoisie canadienne avait fait subir aux manifestants n’a visiblement pas suffi à lui faire avaler l’offensive qu’elle avait dû encaisser. Rappelons qu’une dure réponse avait suivi l’impressionnante attaque de la rue lors du G20 de Toronto. Des arrestations massives prolongées, de l’intimidation généralisée, des fouilles à nue ainsi que la privation d’eau et de nourriture avaient servi à exemplifier ce qu’il en coûte de combattre l’État capitaliste.

Le G7, c’est la façade publique d’une politique horrible : celle de l’exploitation et de la guerre. Les décisions adoptées par la bourgeoisie lors de ces grands rassemblements d’ennemis du peuple ne sont que la concrétisation organisée de la gestion du capitalisme et de l’impérialisme, visant à faciliter l’exploitation des travailleurs et des travailleuses ainsi que l’oppression des peuples et à renforcer le camp des capitalistes dans la lutte des classes. Avec le rééquilibrage des alliances entre les différents impérialistes et le développement des antagonismes entre puissances capitalistes, chaque camp tentera de bien se positionner au G7. Avec en trame de fond la renégociation de l’ALENA, la guerre commerciale promise des USA contre l’Europe et la Chine et les milliers de victimes qui continuent de tomber au Moyen-Orient en raison des affrontements entre concurrents impérialistes, chaque participant cherchera à consolider et à assurer la pérennité de son capital. En vérité, il n’y a qu’un seul camp qui n’aura rien à y gagner et c’est le nôtre : celui des travailleurs et des travailleuses.

À entendre la presse bourgeoise, les préparatifs vont bon train. On a déjà annoncé qu’une horde de policiers anti-émeute sera présente pour ajouter au décor enchanteur de Charlevoix. Ces porcs en uniforme seront accompagnés par une nuée d’agents de sécurité – dont 500 postes sont encore à combler! La prison de Québec est aussi de la partie et s’organise pour transférer un nombre important de prisonniers afin de faire de la place pour les futurs manifestants arrêtés. Comme si ce n’était pas assez, 2000 soldats des Forces armées canadiennes (FAC) seront présents sur les lieux pour appuyer les opérations de sécurité en leur fournissant des capacités militaires. En raison du manque d’endroits pour les accueillir, on promet même aux soldats un peu de camping dans les jours et les semaines qui précèdent l’événement. Des représentants du Commandement des forces interarmées s’activeront sur place pour diriger l’Aviation royale canadienne ainsi que la Marine royale canadienne. On ne prend aucune chance en prévoyant des aéronefs et peut-être même des sous-marins! Cerise sur le gâteau, on annonce l’usage de plus de 300 véhicules modifiés. C’est tant qu’il faut maintenant aller recruter chez les étudiantEs en mécanique automobile pour s’assurer que l’opération soit réussie à temps!

Et ils ont bien raison de se préparer et de s’organiser, car la vérité est qu’il n’y a pas de quoi se réjouir pour ces vermines capitalistes. Le G20 de Toronto est loin d’avoir été la seule expérience désagréable pour les bourgeois… Partout, les travailleurs et les travailleuses continuent de se lever contre l’exploitation capitaliste et les crimes de l’impérialisme. En voici quelques exemples. En Inde, les paysans et les prolétaires ont choisi de prendre leur destin en main et de renverser les classes dominantes. On a beaucoup parlé des dernières bouffonneries du premier ministre lors de son récent voyage dans ce pays. En fait, cela n’a été qu’un autre pitoyable moyen pour détourner l’attention et pour développer le silence dans les médias bourgeois sur l’héroïque guerre populaire qui est en cours là-bas. Encore tout récemment, la mobilisation Welcome to hell contre le G20 à Hambourg en Allemagne a fait convergé des milliers de manifestants qui ont saisi l’initiative pour attaquer le meeting de ces rebus de l’humanité. Plus près de nous, on peut penser à l’attaque du siège social de Bombardier par les maoïstes lors de la manifestation révolutionnaire du 1er mai dernier.

Le G7 est l’ennemi des peuples et du prolétariat et c’est une tâche de l’internationalisme prolétarien de l’attaquer partout où se tiennent ses rencontres. On peut déjà en rire : si aujourd’hui la horde de policiers déployés pour protéger ces sommets est un obstacle important, cela ne sera pas le cas encore bien longtemps. Il faudra bien plus qu’une horde de policiers minables défendant des bourgeois retranchés dans des châteaux forts pour arrêter la colère des masses. À mesure que le prolétariat prendra le contrôle du territoire au Canada comme dans le reste du monde, la bourgeoisie commencera à payer réellement le prix de ce genre de sommets.

Et ce n’est qu’un début! Rappelons–nous de nos propres grands meetings internationaux et rappelons–les à la bourgeoisie! Rappelons que lorsque le prolétariat a pris le pouvoir pour la première fois, il a fondé l’Internationale communiste et a lancé la première grande vague de la révolution mondiale! Pour parvenir à atteindre à nouveau ces capacités d’offensives et d’initiatives, il faut que la colère des masses explose au visage de leurs ennemis. Pour notre part, il faut commencer par s’attaquer aux capitalistes d’ici! C’est ce combat qui permettra au camp de la révolution d’atteindre ses objectifs. Il faut attaquer les capitalistes de tous les côtés et que la colère des masses frappe partout. Pour faire grossir la révolution mondiale et faire notre part en tant que partisans de l’internationalisme prolétarien, il faudra mettre le feu à la bourgeoisie canadienne!

Le PCR appuie et encourage toutes les offensives visant à transformer le G7 et le luxueux paysage vert que la bourgeoisie canadienne veut présenter aux autres impérialistes en un vrai champ de bataille!

Vive l’internationalisme prolétarien!

Attaquons les capitalistes ici et maintenant!

Combat en manifestation avec le SPVM

Le 2 mai 2018) Hier soir, environ 200 manifestants ont répondu à l’appel du PCR et ont déferlé dans les rues du centre-ville de Montréal à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses. Un peu avant le départ de la manifestation, un impressionnant dispositif policier – plus imposant qu’à l’ordinaire – s’est mis en place autour du Square Phillips. Les forces de l’ordre nous attendaient de pied ferme et comptaient bien nous barrer le chemin, ce qui ne nous a pas empêchés de prendre la rue. Les manifestants ont descendu la côte du Beaver Hall jusqu’à l’avenue Viger, pour ensuite remonter le boulevard Robert-Bourrassa. Au coin du boulevard René-Lévesque, un groupe provenant de la manifestation de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) s’est greffé au cortège révolutionnaire. Nous avons alors poursuivi notre marche vers l’Est pour ensuite emprunter la rue Peel vers le Nord en cherchant à regagner le coeur du Golden Square Mile. La police, n’entendant pas nous laisser pénétrer dans ce secteur, s’est lourdement déployée à l’angle des rues du Square Dorchester et Metcalfe. Résolus, nous avons chargé l’épais cordon de policiers qui nous bloquait la route. Une confrontation musclée entre les manifestants et les forces de l’ordre s’en est suivie. De multiples projectiles ont été lancés sur les ennemis du peuple qui ont riposté par des tirs de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogène. Un affrontement au corps à corps a eu lieu et de durs coups de drapeaux et de matraques ont été donné de part et d’autre. Des grenades fumigènes et des nuages de fumée d’extincteurs ont été dirigés vers le camp adverse pour couvrir la fuite. Trois camarades ont été immoblisés au sol. L’un d’entre eux a finalement été relâché sur place tandis que les deux autres ont été mis en état d’arrestation. Au moins l’un d’entre eux fait face à des accusations criminelles. Quelques blessures mineures sont à déclarer dans notre camp. Du côté des forces policières, il semblerait que nous ayons envoyé au moins un des leurs à l’hôpital.

En somme, plus d’une centaines de drapeaux rouges ont flotté dans les rues du Nouveau Mile Doré – ce repère de bourgeois désormais perturbé à chaque année par la Manifestation du 1er mai révolutionnaire. Nous avons envahi l’un des centres financiers et commerciaux les plus importants au pays et nous n’avons pas laissé passivement la police nous imposer son agenda. Nous pouvons crier victoire!

Nous sommes venus rompre l’apparence de tranquillité du monde capitaliste pour révéler la violence de l’exploitation qui pèse sur les prolétaires du monde entier jour après jour. Hier, nous avons démasqué l’ennemi et nous avons frappé dans son ventre. La bourgeoisie ne tolère pas que son manège soit ainsi exposé et c’est pourquoi la répression qu’elle nous adresse est toujours plus forte d’années en années. Plus encore, elle constate que les forces qui contestent sa domination s’organisent de plus en plus et prennent de l’ampleur. La manifestation du 1er mai révolutionnaire dans le Golden Square Mile progresse et devient plus menaçante. Cette année, la bourgeoisie a déployé un arsenal répressif plus imposant que jamais pour étouffer l’élan de combativité qui enflamme cette manifestation annuelle. Le 1er mai 2019 exigera de nous l’intensification des coups que nous porterons et l’accroissement des forces que nous rassemblerons afin de poursuivre la progression entamée et de conserver l’initiative de notre côté.

Les masses sont de plus en plus nombreuses à être animées par la volonté de se battre pour en finir avec ce monde injuste. Elles ont une conscience aiguë de l’indécence du capitalisme et c’est un devoir pour touTEs les révolutionnaires dignes de ce nom d’embrasser leur courage et leur héroïsme : soyons à l’avant-garde du mouvement qui cherche à renverser le capitalisme en passant concrètement à l’attaque! Il faut développer une pratique qui soit en correspondance avec les idées révolutionnaires, sans quoi nous versons dans la caricature et nous décevons les attentes de ceux et celles qui aspirent à leur pleine libération.

Partout au pays, propageons le point de vue révolutionnaire au sein la classe ouvrière et engageons-nous dans l’action en vue du 1er mai 2019!

L’offensive est entamée! Joignez-y vos forces!

Forgeons notre parti pour vaincre notre ennemi!

Vive le 1er mai, jour de tous les exploités!

Grève de Winnipeg 1919

Luttons pour le socialisme et nos revendications !

 

Le Parti communiste révolutionnaire (PCR) entre aujourd’hui dans sa douzième année d’existence en lançant une vaste offensive politique contre la bourgeoisie impérialiste canadienne. Nous entamons une campagne de 15 mois qui visera entre autres à organiser un large et puissant groupe d’ouvriers et de prolétaires en vue du 1 er mai 2019, date à laquelle nous appelons à une manifestation plus forte et plus nombreuse que les années précédentes dans le centre-ville de Montréal ainsi qu’à des actions ailleurs au Canada, afin de marquer en rouge le centième anniversaire de la grève générale de Winnipeg. Avec cette initiative, nous ferons grandir la révolte des masses populaires et nous amèneront la confrontation avec l’État bourgeois canadien à un niveau supérieur.

Pour l’instant, le prolétariat, dans son ensemble, est privé de perspectives claires et porteuses d’espoir, privé d’une direction qui lui permettrait d’entrevoir un avenir plus lumineux, un débouché à la situation morose actuelle. Il est en grande partie privé de liens organiques avec le mouvement révolutionnaire organisé qui lui permettraient de prendre confiance en son potentiel d’action et de s’éveiller à des formes de lutte nouvelles et émancipatrices. Il est privé de l’expérience historique et internationale de sa classe, laquelle lui ferait prendre conscience de possibilités insoupçonnées jusque-là. C’est cet état de fait que nous visons à transformer avec notre campagne. Pendant 15 mois, nous ferons la promotion, auprès des masses prolétariennes, du socialisme comme seule perspective politique émancipatrice et comme seule alternative au système capitaliste qui domine le monde actuel. Nous rappellerons les luttes les plus importantes menées par la classe ouvrière dans l’histoire de ce pays, notamment la lutte héroïque des travailleurs et des travailleuses qui se sont soulevés à Winnipeg en 1919, entraînés par le raz-de-marée mondial qu’avait provoqué la Révolution d’Octobre en Russie deux ans plus tôt. Nous rappellerons à toute la société que, depuis la fondation de ce pays, ces luttes ont toujours constitué la plus grande menace pour l’ordre actuel – comme en a témoigné la répression qu’elles ont provoquée – car elles portent en germe l’abolition de l’exploitation et l’instauration de nouveaux rapports sociaux. Nous rappellerons à tous et à toutes que c’est le prolétariat qui, aujourd’hui encore, constitue la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout, la seule force capable de transformer complètement la société. Pendant 15 mois, nous seront présents dans les quartiers populaires, dans les réseaux de transport en commun, aux portes des usines et des polyvalentes, avec un seul mot d’ordre : «luttons pour le socialisme et nos revendications»!

Qu’entendons-nous par ce mot d’ordre? Nous n’entendons certainement pas la même chose que la plupart des organisations et des militants d’extrême-gauche, qui conçoivent la lutte pour des revendications immédiates comme première étape, à l’heure actuelle, pour amener les masses à développer lentement leur volonté de lutter contre le capitalisme. Contrairement à ce que ces organisations disent ou suggèrent par leur activité pratique, nous ne disons pas : menons la lutte revendicative d’abord et luttons pour la transformation révolutionnaire de la société ensuite. Nous ne disons pas : luttons pour améliorer nos conditions d’existence ici et maintenant, en attendant la crise révolutionnaire de toute la société, en attendant que le peuple se soulève spontanément et massivement contre l’ordre capitaliste, dans un futur hypothétique. Nous ne disons pas : faisons progresser la société pas à pas, luttons pour que graduellement et jusqu’au socialisme, les souffrances du prolétariat s’amenuisent et le capitalisme « s’humanise ». Ce que nous disons au contraire, c’est qu’il faut développer et organiser la lutte révolutionnaire du prolétariat dès maintenant, même si cela ne promet pas forcément de gains immédiats, car c’est la seule manière de satisfaire un jour toutes les revendications justes des masses, que nous appuyons toutes résolument, qu’elles puissent trouver une solution dans le cadre des rapports sociaux capitalistes ou non ! Par notre mot d’ordre, nous entendons que la lutte pour le socialisme totalise l’ensemble de ces revendications, qu’elle en fait un tout supérieur à la somme de ses parties. Nous sommes aux côtés des prolétaires en lutte pour le salaire, pour le logement, pour la sécurité, pour le respect. Si les travailleurs et les travailleuses peuvent forcer la bourgeoisie à consentir ici et là à faire des aménagements permettant d’améliorer leurs conditions de vie immédiates, tant mieux ! Cela dit, nous ne bernons pas le prolétariat d’illusions, comme le font les réformistes et les opportunistes : sous le capitalisme, ces améliorations seront toujours partielles et temporaires; surtout, elles ne concerneront jamais le prolétariat dans son ensemble. Ce que la bourgeoisie donne ici, elle le reprend aussitôt ailleurs ; les concessions qu’elle fait un jour préparent le terrain pour les attaques qu’elle mène avec succès le lendemain. Sous le régime bourgeois, la tendance la plus lourde sera toujours la détérioration des conditions d’existence des masses populaires. Le succès temporaire de telle ou telle lutte revendicative immédiate ne doit pas nous faire oublier cette vérité fondamentale. Autrement dit, la lutte pour des gains immédiats sera toujours, en elle-même, une lutte étroite et bornée. Le prolétariat comme classe sociale sera toujours perdant au bout du compte s’il ne mène pas la lutte politique pour le pouvoir afin d’abolir complètement le mode de production capitaliste.

Nous disons donc qu’il faut lutter pour nos revendications – pour toutes nos revendications –, sans nous soucier de savoir si elles sont compatibles ou non avec la persistance du régime capitaliste, la seule chose qui nous importe étant qu’elles représentent nos intérêts et qu’elles soient justes! Finalement, nous disons que l’instauration du socialisme et la transition vers le communisme est la seule manière de répondre à toutes ces revendications, de régler tous les problèmes engendrés par le mode de production capitaliste, et ce, non seulement temporairement mais définitivement.

 Lutter pour nos revendications, dans le sens de lutter pour le socialisme, nous oblige à adopter d’autres formes de lutte, d’autres formes d’organisation, d’autres formes d’action. Par son caractère totalisant, la lutte véritable pour le socialisme a l’effet de produire quelque chose de nouveau : elle permet aux masses de développer une pratique révolutionnaire. C’est pourquoi notre mot d’ordre n’aurait aucun sens si la campagne politique le soutenant n’était pas orchestrée de telle manière à entraîner massivement à l’action. Le 1 er mai 2019 sera un de ces moments où l’action révolutionnaire des masses se déploie au grand jour, se matérialisant dans une confrontation physique avec l’État bourgeois, dans un choc entre l’ancien monde et le nouveau en émergence. Ce sera le moment de tester ce qui aura été organisé pendant 15 mois, de prendre la mesure de la profondeur de la pénétration de nos idées dans les masses. Loin d’être une simple date, loin de se réduire à son aspect commémoratif, le 1er mai 2019 sera surtout une mise à l’épreuve vivante : ce sera le moment où le mouvement révolutionnaire canadien mettra en action les forces qu’il aura accumulées jusque-là, le moment qui nous permettra de valider tout le travail qui aura été effectué, d’évaluer de quoi nous sommes capables et sur quoi nous pouvons compter pour la suite. Ce sera une démonstration de force flamboyante qui donnera confiance au prolétariat et qui effraiera la bourgeoisie! Ce sera à la fois le point culminant d’une longue campagne et le commencement d’une nouvelle étape dans le développement de la lutte révolutionnaire au Canada. Ce sera le premier d’une série d’assauts prolétariens d’envergure de plus en plus intenses dirigés par le Parti, série d’assauts, qui, à terme, fera naître la guerre populaire dans ce pays.

Démarrons le Printemps ouvrier : vers un 1er mai révolutionnaire !

Notre campagne de 15 mois se déroulera en plusieurs phases et sera jalonnée par plusieurs journées d’action importantes qui constitueront les centres de gravité de toute notre activité. L’expérience qu’elles permettront d’acquérir, les nouvelles adhésions qu’elles généreront, les réseaux qu’il faudra mettre en place et le travail d’organisation qu’il faudra accomplir pour les faire exister et auquel toutes les personnes intéressées par notre initiative seront appelées à participer activement, à la hauteur de leurs capacités : tout cela constituera la matière vivante avec laquelle nous construirons les dispositifs qui serviront à allumer le brasier en mai 2019. Nous avons appelé la première phase de la campagne le «Printemps ouvrier : vers un 1 er mai révolutionnaire». Cette phase servira principalement à poser deux jalons sur notre chemin : d’abord, le 8 mars révolutionnaire, Journée internationale des femmes ouvrières, et ensuite, un peu moins de deux mois plus tard, le 1 er mai révolutionnaire. Le 8 mars prochain, nous organisons une manifestation en soirée dans le centre-ville de Montréal, afin de remettre au goût du jour le caractère prolétarien et de lutte de classe de la journée du 8 mars, journée qui, rappelons-le encore, fut inscrite historiquement au calendrier par des communistes afin de rendre hommage à la combativité de la frange féminine du prolétariat. Cette manifestation sera l’occasion pour les ouvrières de la région de Montréal de se réapproprier cette journée de lutte, récupérée depuis longtemps par le bourgeoisie, et de venir exprimer leur enthousiasme révolutionnaire dans la rue. Les femmes du prolétariat, trop longtemps oubliées le 8 mars, seront désormais à l’avant-plan! Pour les militantes progressistes déjà habituées à prendre la rue cette journée-là, la manifestation du PCR leur permettra de le faire sans collaborer avec la police – comme le font les réformistes qui organisent les marches du 8 mars à Montréal depuis des années – et sans être tenues au respect de la légalité bourgeoise.

En cette année 2018, le PCR appelle une fois de plus à prendre d’assaut, le 1er mai, le « Mile carré doré », quartier général de la bourgeoisie impérialiste canadienne à Montréal. Ce sera la quatrième année consécutive où nous frappons au même endroit, en plein cœur du monstre hideux qu’est le capitalisme canadien, là où se concentre la richesse produite par notre classe et dont elle est dépossédée, là où s’accumulent les trésors pillés aux peuples du monde entier et souillés par leur sang, là où s’adonnent à leurs tractations sordides les oppresseurs de l’humanité. Cette année encore, nous ferons retentir le bruit de nos pas entre les murs de leurs édifices! Nous inonderons leur quartier de nos drapeaux et de nos bannières rouges! Nous attaquerons leurs propriétés et nous nous adonnerons au saccage! Nous combattrons dans la rue leurs policiers! Notre message sera clair : un jour, les oppresseurs seront châtiés! Un jour, les damnés de la Terre se libéreront de leurs chaînes!

D’années en années, l’intensité et la puissance de la manifestation du 1 er mai s’accroissent, car d’années en années, nous gagnons en expérience et nous accumulons des forces de plus en plus nombreuses. Chaque année, de nouveaux et de nouvelles camarades se joignent à la bataille, reconnaissant la noblesse de notre cause et enthousiasmés à l’idée de confronter dans la rue la classe réactionnaire. Chaque 1er mai, nous portons des coups plus audacieux et plus vigoureux et les forces de répression apprennent à nous craindre davantage. Nos rangs sont plus serrés et notre solidarité est plus forte. L’écho de notre action est répercuté de plus en plus largement dans les masses prolétariennes. Cette progression ne s’arrêtera pas. Pour les militants déjà entraînés dans le torrent de la lutte révolutionnaire, le 1er mai 2018 sera en quelque sorte une répétition générale en vue du 1er mai 2019. Dans 15 mois, c’est aussi le «Mile carré doré» que nous attaquerons, aguerris par les affrontements de toutes les années précédentes et avec une puissance décuplée!

Cet hiver et ce printemps, dans les semaines précédant ces deux journées d’action, nous irons à la rencontre des travailleurs et des travailleuses d’usine, des employés dans les entrepôts et sur les chantiers, des salariés dans les magasins à grandes surface, afin de les faire sortir de leurs milieux et de les amener à venir manifester contre la bourgeoisie dans la rue. Nous appelons également les prolétaires et les militants de la métropole à venir s’éduquer politiquement en assistant aux conférences et aux projections de films de l’École communiste de Montréal, à la Maison Norman Bethune, lesquelles ponctueront tout le Printemps ouvrier. Ces activités serviront aussi de points de contact pour toutes les personnes désirant s’impliquer dans la campagne et prendre part au mouvement révolutionnaire dirigé par le PCR!

 

VIVE LE PRINTEMPS OUVRIER : VERS UN 1ER MAI RÉVOLUTIONNAIRE!

 

PROVOQUONS PARTOUT LES ÉTINCELLES QUI FERONT JAILLIR LA FLAMME LE 1ER MAI 2019!