Photo du PCR dans une manifestation

Il y a quelques semaines, le Parti communiste révolutionnaire (PCR) a célébré son douzième anniversaire. Cet événement est, à chaque année, l’occasion pour notre organisation de rassembler ses forces avant de les lancer à nouveau dans la lutte pour les prochains mois. Cette année, nous avons lancé le mot d’ordre de fracasser les plafonds du passé et de gravir les paliers historiques. Ce mot d’ordre est d’une importance capitale pour notre organisation : il fixe un objectif dont l’atteinte marquera la conclusion de la période d’activité intense, de réorganisation et de clarification politique dans laquelle le PCR s’est inévitablement engagé lorsqu’il a scissionné des opportunistes canadiens il y a deux ans.

En effet, depuis 2017, nous sommes engagés dans un processus que nous appelons la reconstruction de notre Parti. Nous parlons bien de reconstruction du PCR, car la scission avec les opportunistes canadiens a fait perdre au Parti des effectifs et du territoire. Sur bien des aspects, la scission que nous avons connue nous a forcé à faire un pas de côté. Elle nous a obligés à accepter comme un fait objectif la lutte politique traversant désormais le mouvement maoïste canadien, lutte rendant possibles une multitude de transformations pouvant nous permettre de rebondir et de regagner le chemin perdu. Cette lutte politique a ouvert une voie qui autrement aurait été inaccessible. Aussi, le fait d’accepter de mener la lutte est venu avec l’obligation, à terme, de revenir plus forts que nous l’avons été dans le passé.

L’idée de reconstruction d’un parti communiste est liée à une conception véritable reposant sur des expériences concrètes et précieuses de l’histoire de notre mouvement. Récemment, ce terme a d’ailleurs pris une importance renouvelée dans le mouvement international. Cela est normal car le mot d’ordre de la reconstruction est inspirant : il représente l’objectif et l’espoir largement partagés de revoir un essaim de partis communistes bouleverser le monde comme nous l’avons vu au 20e siècle. Il s’agit d’une sorte de cri de ralliement convoquant tous ceux et toutes celles qui ont choisi de continuer la lutte malgré tous les dangers et tous les défis. Reconstruisons! Unissons-nous sous ce mot d’ordre en nous rappelant qu’il n’y a aucun obstacle infranchissable, peu importe l’état de destruction dans lequel le camp de la révolution peut momentanément se trouver! Rangeons-nous derrière cet appel pour traverser les périodes difficiles avec patience et assurance, qualités que seul le fait de lutter pour une cause juste peut conférer!

La reconstruction dans l’histoire : continuer ou abandonner la lutte lors des moments décisifs

La notion de reconstruction est un aspect de la théorie ayant des assises variées dans l’histoire du prolétariat révolutionnaire. L’expérience qui en a fourni les bases fondamentales est sans contredit celle de la lutte contre le révisionnisme moderne. Après la Seconde Guerre mondiale, de larges fractions des partis communistes, qui ont été mis sur pied dans la foulée de la Révolution bolchévique et de la création de l’Internationale communiste, dévient lentement de la voie révolutionnaire. La lutte contre cette déviation révisionniste ouvre une période complexe pendant laquelle ont lieu de nombreuses scissions et de nombreuses expulsions dans les différents partis. À ce moment, les communistes doivent faire le choix entre nier la lutte de lignes avec la droite de leur parti ou bien l’assumer et la mener à terme. Il n’est pas rare que ceux et celles qui font ce choix difficile sont largement minoritaires. Décider de mener le combat implique donc de perdre une quantité souvent considérable d’effectifs et de gains organisationnels pour préserver les forces révolutionnaires de la liquidation de la révolution. Il s’agit parfois d’une perte monumentale. Les révolutionnaires doivent alors reprendre l’initiative et rebâtir l’organisation. La période suivant ces moments de rupture est alors habituellement qualifiée de période de reconstruction ou encore de réorganisation.

Une des expériences les plus significatives – et dont nous nous inspirons grandement dans la reconstruction de notre propre parti – est le processus de reconstruction du Parti communiste au Pérou. Dans le cas des camarades péruviens, la rupture avec la direction révisionniste du parti a lieu en 1964 (le Parti a été fondé en 1927). Elle est suivie d’une longue période de reconstruction, de réorganisation, de transformation et de préparation politique. C’est cette période, avec la vitalité et la force politique qu’elle produit, qui amène le mouvement révolutionnaire péruvien jusqu’au déclenchement de la guerre populaire en 1980. Le fait de rompre avec le révisionnisme et de se reconstruire méthodiquement sur des bases révolutionnaires est ce qui permet au Parti communiste du Pérou d’être la seule organisation qui parvient, dans la période de reflux de la révolution mondiale à la fin des années 1970, à prendre l’initiative et à ouvrir par elle-même une nouvelle voie pour les exploités.

Ainsi, dans la conception que nous tirons de ces expériences, la reconstruction du parti implique une étape de difficultés et de défis. C’est une période dans laquelle on continue la lutte, malgré la perte de gains et d’effectifs, et qui permet un retour en force, avec la possibilité d’atteindre une conjoncture plus forte et plus importante qu’au départ si le combat est bien mené. La reconstruction est une sorte de conséquence des reflux, des difficultés, des échecs relatifs et des obstacles rencontrés dans la lutte des classes. Pensons aux camarades qui essaient de réorganiser le camp de la révolution au Népal. Pensons aussi aux exemples historiques classiques où l’on n’a pas forcément employé le terme de reconstruction mais où c’est le même processus qui s’est opéré. Certains des moments politiques les plus forts dans l’histoire du mouvement communiste ont suivi les périodes les plus difficiles lors desquelles il a fallu rebâtir ce que l’on venait à peine de construire.

Par exemple, les Bolcheviks, après la grande montée révolutionnaire de 1905-1906 en Russie, doivent traverser une période de reflux très difficile alors que le mouvement de masse s’estompe et que s’abat sur eux la sanglante réaction stolypienne. Dans les années qui suivent, une lutte farouche se développe au sein de la direction des Bolcheviks. Lénine et ses partisans doivent entre autres lutter contre le groupe de Bogdanov et ses alliés qui rejette ouvertement le matérialisme dialectique au profit de conceptions idéalistes. Ils doivent aussi lutter contre la nouvelle position liquidatrice, dominante chez les Mencheviks, selon laquelle l’organisation en parti est devenue encombrante, dangereuse et inutile. Pour donner une idée des conséquences de cette lutte, il n’y a pas, dans les faits, de réunion de Comité central pendant presque deux ans au sein du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR). La Conférence de Prague en 1912, qui marque pour de bon la rupture avec les Mencheviks et les courants idéalistes, rassemble de peine et de misère des délégués des organisations locales (comités de ville) de Russie. Sans adopter le terme de reconstruction, cette conférence lance un vaste travail de reconstruction du parti (relance de ses capacités de base, remplacement de sa structure organisationnelle, développement de nouveaux rayons, redéploiement des cellules, lancement d’un nouveau journal quotidien – la Pravda, reprise en charge d’une action révolutionnaire parmi les masses coordonnée) pour épouser le mouvement de masse qui se développe et le nouveau flux révolutionnaire. Cependant, les Bolcheviks ne sont pas au bout de leurs peines puisque deux ans plus tard, soit en 1914, a lieu le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le parti est alors encore grandement affaibli sur le plan organisationnel (conscription de membres du parti, intensification de la répression, contexte général difficile, destruction presque complète de certains comités, arrestations préventives de dirigeants locaux, etc.) Cette période est aussi celle de l’isolement politique des Bolcheviks, alors que la quasi-totalité des partis et organisations social-démocrates se rangent du côté de leur bourgeoisie nationale. Il n’en reste pas moins que c’est le travail de reconstruction pendant toutes ces années d’adversité qui constitue la précieuse école qui permettra aux Bolcheviks d’affronter la tempête de février à octobre 1917 et les premières années du pouvoir des Soviets.

Un autre exemple important est celui du Parti communiste chinois (PCC), qui, alors qu’il est en plein essor, subit la trahison du Kuomintang (KMT) et de la bourgeoisie nationale en 1927. Les deux organisations se sont, jusque-là, alliées dans le premier front uni afin de libérer la Chine de son état de semi-colonie et d’unifier le pays à travers l’expédition du Nord et le combat contre les seigneurs de guerre. Après la mort de son fondateur Sun Yat-Sen, le KMT, sous la nouvelle direction de Tchang Kai-chek, attaque le PCC alors que ce-dernier n’y est pas du tout préparé. Les communistes subissent alors un véritable massacre. Les choix de la direction du PCC, qui décide de tenter des insurrections perdues d’avance dans les villes, empirent la situation. Les communistes sous la direction de Mao se redéploient au Kiang-si avec l’Armée rouge. C’est ce qui leur permet d’accumuler quelques années d’expérience concrète de guerre populaire et de construction de bases d’appui, jusqu’à la cinquième campagne d’encerclement et d’anéantissement menée par le KMT en 1934. La droite oblige alors le PCC à déroger de ses pratiques militaires habituelles, ce qui entraîne une défaite monumentale. Les communistes sont obligés de faire une manœuvre excentrique (La Longue Marche) et d’abandonner leur position dans le Kiang-si, avec tous les gains qu’ils y avaient faits (les premiers pas de la république soviétique, l’expérience de transformation sociale dans la paysannerie et l’agriculture, etc.) pour se réfugier au Yenan. À ce moment, ils viennent de perdre plus de 60% de leurs forces. C’est ensuite à travers le Front uni antijaponais que les communistes lancent un habile et audacieux travail de reconstruction. Grâce à ce travail, ils parviennent à remonter la pente pour lancer ce qui deviendra le plus grand assaut que la bourgeoisie et les classes sociales exploiteuses ont eu à encaisser dans l’histoire.

Ce qu’il y a de commun dans ces deux exemples, c’est que face à des défis incroyables, les communistes ont eu le choix d’abandonner ou de continuer une expérience. Ce qui était en jeu, c’était la continuité ou la fin d’une expérience révolutionnaire. C’est cet enjeu qui constitue l’essence de la reconstruction. Des exemples comme ceux-là, il y en a partout dans l’histoire. Par exemple, l’unification des socialistes autour de la consolidation politique du marxisme après la défaite des révolutions de 1848-1850 en Europe, l’expérience combattante héroïque du KPD en Allemagne pendant la Seconde guerre mondiale après la destruction presque complète du parti par les nazis, ou encore le déclenchement de la Révolution culturelle en Chine alors que la droite du PCC tente d’arrêter la progression de l’expérience socialiste et d’isoler la gauche révolutionnaire. À chacun de ces moments, les révolutionnaires ont choisi de continuer la lutte. À une plus grande échelle, c’est le même type de processus qui s’opère après la mort de Mao et la restauration du capitalisme en Chine. Un rassemblement de petits groupes ML entame alors un travail de reconstruction du mouvement communiste international. Ces petits groupes s’unifient en adoptant le maoïsme, ouvrant un nouveau cycle de combats et d’affrontements.

L’essence de la reconstruction du parti : préserver le fil conducteur de l’expérience révolutionnaire

Pour bien comprendre l’enjeu de la reconstruction (continuer ou arrêter l’expérience révolutionnaire), il faut regarder dans l’histoire et se pencher sur les conséquences découlant du fait de s’arrêter, ne serait-ce que momentanément. L’un des exemples les plus proches du PCR est celui de la fin du mouvement ML au Québec. N’ayant pas de conception stratégique ferme et refusant d’initier une tentative de montée vers le pouvoir pendant une période de reflux de la révolution mondiale, les ML ont accepté de liquider leurs organisations. Lorsque les organisations communistes (En lutte, PCO) se sont dissoutes, il aurait été possible pour un groupe de se réorganiser. Il aurait certes fallu traverser une certaine période (1 ans, 2 ans, 3 ans, etc.) comportant un grand nombre de défis et sans garantie de succès, mais en jouant bien ses cartes, il aurait été possible pour ce groupe de préserver une grande partie des gains politiques accumulés. Le début du travail politique d’Action socialiste (l’ancêtre politique du PCR), remonte à l’année 1986. La fin des organisations ML a lieu en 1982-1983. 1986, ce n’est quand même que 3-4 ans plus tard, mais pourtant, il y a un fossé entre les deux. Lorsque l’expérience s’arrête complètement, il n’est plus possible de revenir aussi facilement où on était.

D’ailleurs, ce qui fait la force dirigeante des avant-gardes, c’est la persistance de leur action et de leur expérience révolutionnaire et la transmission de cette expérience. Dans notre cas, il est possible d’imaginer un monde dans lequel les camarades plus jeunes de notre Parti auraient été coupés de l’expérience accumulée par les camarades plus âgés pendant la période d’Action socialiste et pendant celle de la mise sur pied du PCR : ils formeraient alors un simple comité ou encore des cercles épars sur le territoire! Ce serait une réalité politique complètement différente. Ce qui fait que nous sommes encore ce que nous sommes (un parti communiste en reconstruction), dans une période d’adversité, c’est que nous avons continué l’expérience révolutionnaire et en avons préservé le fil conducteur. C’est avec ce fil conducteur que se construit le mouvement révolutionnaire et c’est lui qui permet de ne pas revenir sans arrêt à la case départ.

La reconstruction doit d’abord servir à préserver ce fil conducteur. Il ne s’agit pas de tout recommencer à zéro, mais au contraire de préserver les gains politiques d’un parti et d’une expérience même s’ils ont été diminués quantitativement. Cette perte quantitative est d’ailleurs inévitable dans bien des situations. Dans le cas d’une scission, l’amputation d’une partie de l’organisation est plus souvent qu’autrement le seul moyen de préserver les forces révolutionnaires accumulées. Le pari que font alors les communistes est le suivant : s’ils réussissent l’opération, en misant sur la marge de manœuvre et la force politique qu’ils ont gagnées en rompant avec l’opportunisme, il est possible pour eux de revenir encore plus forts qu’au moment précédent la scission. À chaque fois que les révolutionnaires se butent à de grands obstacles et choisissent malgré tout de poursuivre la lutte, le même phénomène se produit et cela est historiquement démontré. Au début, il y a une période d’adversité à affronter et à la fin, on se retrouve avec un potentiel politique incroyable car on est parvenu à préserver et à propulser encore plus loin les éléments fondamentaux d’une expérience. On n’a qu’à se pencher sur l’exemple des Bolcheviks et sur celui des communistes chinois pour s’en convaincre : l’histoire parle d’elle-même.

Dans le cas de notre Parti, le PCR, nous avons scissionné avec les opportunistes canadiens pour préserver le fil conducteur de notre expérience révolutionnaire. C’est ce même genre de fil conducteur qui a été préservé par la conférence de Prague des Bolcheviks et par la Longue marche des communistes chinois. C’est également pour se saisir à nouveau de ce fil conducteur que les révolutionnaires péruviens ont lutté avec acharnement pour revenir au sentier lumineux de Mariategui, le fondateur de leur parti. Il s’agissait à chaque fois d’une question de vie ou de mort. Reconstruire le parti au Canada, c’est avant tout préserver le fil conducteur de l’expérience de ceux et celles qui ont refusé l’attentisme de la période de reflux de la révolution mondiale. Aujourd’hui, dans bien des endroits, c’est ce fil qui a été brisé. C’est ce qui rend si difficile le travail révolutionnaire. Reconstruire, pour beaucoup de camarades, c’est reconstruire des partis qui sont tombés il y a longtemps. Partout, il s’agit d’une lutte pour remplacer les chaînons historiques manquants : rebâtir le parti historique du pays et assimiler le fil conducteur de l’expérience internationale (le maoïsme). Dans le cas du Canada, il s’agissait de revenir aux conceptions fondamentales du parti (la Guerre populaire prolongée, le Parti communiste complet, la centralité ouvrière, les quatre formes objectives d’action révolutionnaire, l’initiative de l’avant-garde) et de laisser parler les actions découlant de l’application de ces conceptions.

Finalement, si nous parlons de la reconstruction du parti pour préserver ce fil conducteur, c’est parce que c’est le parti qui est le cadre de l’expérience révolutionnaire. C’est lui qui permet qu’il y ait suffisamment de continuité dans le temps et dans l’espace pour que l’on puisse parler de la même expérience. Même si plusieurs années s’écoulent ou si des centaines de kilomètres séparent les différents combats, le parti permet de préserver l’expérience et de la transmettre. C’est ce qui s’est produit en Russie : dans ce cas, le fil conducteur reliant le moment de la prise du pouvoir à l’époque antérieure où les militants commençaient à apprendre l’ABC de l’agitation politique a été préservé par le Parti bolchévik. En assurant la continuité et la persistance de l’expérience, les bolchéviks ont réussi à faire progresser le mouvement révolutionnaire de la naissance des premiers cercles social-démocrates jusqu’à la fondation de la république soviétique!

L’objectif de la reconstruction : fracasser les plafonds du passé et gravir les paliers historiques

Vers quoi doit mener la reconstruction? Dans notre cas, nous considérons qu’elle doit amener notre Parti à devenir un véritable parti de révolutionnaires professionnels. Cette expression, il ne faut surtout pas la prendre à la légère. Son emploi exige au contraire que l’on en assume toutes les implications pratiques. L’objectif de la professionnalisation n’en est pas simplement un parmi d’autres, fixé sans grande réflexion. Il s’agit d’un objectif décisif pour les avant-gardes contemporaines. La conscience de la nécessité, plus grande que jamais, de réussir cette opération (la professionnalisation) est un précieux enseignement de la lutte des dernières années au Canada. Les chaînons historiques manquants, ici comme ailleurs, font en sorte que cet objectif est plus important encore que par le passé. C’est donc dans la lutte politique pour réaliser cet objectif que s’est engagé notre Parti.

Bien que nous venons de souligner à grands traits l’importance de se baser sur l’expérience historique du mouvement communiste, la conception que nous défendons est un enseignement de la pratique récente, plus encore qu’un enseignement du passé. En effet, la pratique révolutionnaire actuelle ne fait que confirmer avec plus de netteté tout ce que les victoires et les défaites du passé nous ont appris sur le centralisme, sur la discipline et sur la nécessité d’un parti de révolutionnaires professionnels. L’objectif de la professionnalisation est ce qu’exige la pratique actuelle, commune, des différentes avant-gardes révolutionnaires et de celles des pays impérialistes en particulier. La raison en est que depuis les années 1970, au sein des pays impérialistes, s’est développé un palier historique que les révolutionnaires ont du mal à gravir, un plafond objectif à abattre sous peine de ne plus jamais parvenir à relancer des tentatives de montée vers le pouvoir. Les communistes doivent prendre conscience du défi concret consistant à franchir ce palier et leurs réflexions doivent servir à surmonter cette difficulté. Cette prise de conscience est d’autant plus nécessaire que c’est cette difficulté à laquelle se butent toutes les vagues révolutionnaires récentes qui produit et encourage les conceptions opportunistes proposant des détours stratégiques liquidateurs, comme celles que nous avant rencontrées au Canada.

D’ailleurs, c’est pour faire face à ce grand défi que les différentes organisations s’influencent, s’émulent et espèrent voir un parti frère avancer. Une fois le plafond brisé, tous devront s’engouffrer dans la brèche qui viendra d’être ouverte. Chaque organisation devra, à sa façon, trouver le moyen de développer, dans le combat, la force politique et l’expérience nécessaires pour se transformer en une authentique organisation de révolutionnaires professionnels, à la hauteur des tâches qui sont devant elle. Face à la difficulté de notre époque et à l’état de faiblesse relative du mouvement communiste, nous n’avons surtout pas besoin de davantage de laisser-aller et de mollesse; nous avons au contraire besoin du plus haut niveau politique et organisationnel. La lutte politique pour la professionnalisation, c’est la lutte contre tous les courants opportunistes, contre toute la confusion et contre toutes les conceptions erronées qui engendrent et renforcent le relâchement, l’indiscipline et l’absence de méthode. Cette lutte politique ne fait que commencer!

Vive la reconstruction du Parti communiste révolutionnaire!

Luttons partout pour continuer, préserver et renforcer l’expérience révolutionnaire!

Le marxisme-léninisme-maoïsme et la guerre populaire prolongée sont le fil conducteur de notre mouvement!

Fracassons les plafonds du passés et gravissons les paliers historiques!

Les défis de l’époque exigent des révolutionnaires professionnels!


Les déclarations de la rédaction de l’ISKRA servent de point de communication entre le Parti et le prolétariat révolutionnaire. Il s’agit simplement de parler sans filtres, de faire comprendre la conjoncture, d’expliquer l’étape de travail actuelle avec ses défis, de présenter les objectifs d’une initiative et les pas qui doivent être franchis dans la progression du Parti. Lorsque le PCR impulse un mouvement et lance une offensive, ses perspectives et ses objectifs politiques sont présentés dans ces déclarations.

 

Grève de Winnipeg 1919

Cette année, le 1er mai revêt une signification spéciale pour le prolétariat canadien. Il coïncide avec le centenaire d’un événement dont le souvenir demeure à jamais gravé dans sa mémoire, un événement qui, à l’époque, lui a permis de tirer des enseignements fondamentaux et surtout de forger des armes indispensables lui servant encore aujourd’hui dans sa lutte contre les capitalistes: la Grève générale de Winnipeg.

Le 1er mai 1919, les ouvriers de la construction de Winnipeg – suivis le lendemain par ceux de la métallurgie – ont déclenché une grève dans le but d’obtenir de meilleurs salaires, des journées plus courtes ainsi que la reconnaissance syndicale. Deux semaines plus tard, suite au refus catégorique des patrons de négocier avec les ouvriers, le Conseil des métiers et du travail de Winnipeg a annoncé, après consultation de ses membres, le déclenchement d’une grève générale en appui aux travailleurs de la construction et aux métallurgistes. Plus de 30 000 travailleuses et travailleurs syndiqués et non-syndiqués – sur une population de 200 000 personnes – ont entamé un débrayage qui allait paralyser l’économie capitaliste dans la ville pendant six semaines. Un Comité de grève a été mis en place et a pris en charge l’administration des services municipaux essentiels, tels que la livraison de nourriture et la distribution d’eau. Des grèves de solidarité ont été déclenchées dans une vingtaine de villes partout au pays, de la Colombie-Britannique à la Nouvelle-Écosse. À Montréal, une assemblée populaire réunissant des prolétaires anglophones, francophones et immigrants a adopté une motion en appui au mouvement. Sous l’impulsion des travailleurs et des travailleuses de Winnipeg, le pays s’est littéralement embrasé, ébranlant la bourgeoisie et les fondements de son régime d’exploitation.

Alors que certains commémoreront les 100 ans de la Grève générale de Winnipeg de façon purement intellectuelle, en étant complètement déconnectés de la lutte des classes actuelle, voire en niant son existence, le Parti communiste révolutionnaire (PCR) appelle à souligner dans le combat politique contre les capitalistes de notre époque cet anniversaire dont la charge symbolique ne peut et ne doit servir qu’à inspirer les travailleurs et les travailleuses d’aujourd’hui pour leurs batailles à venir et surtout à renforcer leur volonté de renverser une fois pour toutes la société bourgeoise. Notre parti appelle donc à descendre dans la rue le 1er mai et à prendre d’assaut le centre financier et commercial de la bourgeoisie impérialiste canadienne à Montréal, un des quartiers au pays où se concentrent de nos jours les richesses produites par la classe ouvrière et dont elle continue d’être spoliée. Le rassemblement est prévu à 18 h 30 au Square Phillips. Nous appelons les masses à passer à l’offensive, à affronter les capitalistes et leur appareil de répression dans la rue et à cibler les intérêts bourgeois, en mettant à l’avant-plan l’unité du prolétariat et sa volonté de prendre le pouvoir pour transformer la société et abolir l’exploitation.

Aujourd’hui, alors que la nécessité du socialisme devient de plus en plus pressante avec la crise de longue durée dans laquelle le capitalisme mondial est plongé depuis des décennies, alors que la contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie s’aiguise dans tous les pays, y compris le nôtre – on n’a qu’à penser aux récentes attaques contre les masses laborieuses telles que la loi spéciale du gouvernement Trudeau visant à forcer le retour au travail des employés de Postes Canada –, alors que les conditions de vie du peuple se détériorent et que les feux brûlent partout dans la société, les travailleurs et les travailleuses doivent impérativement renouer avec les traditions de lutte de leur classe et s’emparer à nouveau des moyens d’action qu’elle a historiquement développés au cours de ses nombreux combats contre les capitalistes.

En ce moment, les perspectives émancipatrices pour toute la classe font défaut au sein du prolétariat canadien, tandis qu’avec ses puissantes forces productives et les richesses incroyables qu’il contient, le pays est mûr depuis longtemps pour la collectivisation des moyens de production et la prise en charge par les masses de l’organisation de la société. Il est donc urgent de se saisir des formes d’action qui favorisent l’unité de l’ensemble des prolétaires, qui permettent de mettre de l’avant les besoins fondamentaux de notre classe et, surtout, qui font progresser la lutte révolutionnaire pour renverser le pouvoir bourgeois et le remplacer par le pouvoir ouvrier. En somme, il faut développer notre initiative et, en nous servant de l’expérience accumulée historiquement par la classe ouvrière et les masses populaires, construire le camp de la révolution communiste!

Les manifestations prolétariennes combatives constituent l’une de ces formes de lutte faisant depuis longtemps partie de l’arsenal de combat du prolétariat canadien et international, une forme de lutte percutante aujourd’hui employée par les masses presque partout dans le monde – notamment à l’occasion du 1er mai – et qui doit se généraliser ici afin de placer la bourgeoisie sur la défensive et faire progresser le mouvement révolutionnaire. C’est aussi l’une des formes de lutte que la Grève générale de Winnipeg de 1919 a mises de l’avant. Le 21 juin 1919, lors d’une importante manifestation des grévistes près de l’hôtel de ville de Winnipeg, les manifestants et les manifestantes ont attaqué un tramway opéré par des briseurs de grève, l’ont renversé et y ont mis le feu – une action qui fut immortalisée par une photo célèbre qui symbolise désormais cette grève historique.

Malheureusement, les grévistes n’étaient pas suffisamment préparés à la dureté de la répression qui allait suivre ce jour-là, aujourd’hui connu sous le nom de «Samedi sanglant»: après la lecture par le maire de la ville de la Loi contre les émeutes, les policiers à cheval de la Gendarmerie Royale du Nord-Ouest (l’ancêtre de la GRC) ont chargé les manifestants, les ont frappés à coups de matraques et ont tiré sur la foule, tuant deux grévistes et en blessant des dizaines d’autres. Les grévistes en déroute ont ensuite été pourchassés et tabassés à travers les rues de la ville, avant que celles-ci ne soient finalement occupées par l’armée. Malgré que les manifestants aient résisté tant bien que mal à l’assaut des forces répressives, réussissant à causer quelques dégâts dans le camp adverse, ils n’ont pas pu tenir le coup longtemps.

Loin de signifier, comme pourraient le penser certains pacifistes, que les grévistes n’auraient pas dû faire usage de la violence, cet épisode démontre au contraire qu’il aurait fallu user d’une violence plus grande et mieux organisée afin de répliquer à la violence réactionnaire et repousser les attaques des capitalistes. Il est à noter que la répression – incluant la formation d’une milice de fiers-à-bras équipés de battes de baseball, le déploiement de militaires armés de mitrailleuses, une charge brutale le 10 juin contre une foule pacifique rassemblée pour écouter un discours ainsi que l’arrestation et la détention de plusieurs dirigeants de la grève le 17 juin – avait débuté avant les événements du Samedi sanglant, ce qui montre que la bourgeoisie, qui voyait ses profits menacés par la grève, avait l’intention dès le départ de mater le mouvement par la force.

La Grève générale de Winnipeg – ainsi que le mouvement de grève qui a déferlé à travers tout le pays sous son impulsion – a marqué un point tournant dans la lutte des classes au Canada. Elle a marqué l’entrée décisive de la classe ouvrière sur la scène politique en tant que classe indépendante, sur la base de ses revendications légitimes et de son aspiration au socialisme. Elle s’est caractérisée pendant toute sa durée par une confrontation intense entre les travailleurs et les travailleuses d’un côté et les capitalistes et leur État de l’autre, et c’est pourquoi elle a fait bondir la conscience de classe du prolétariat au pays.

Elle a renforcé, comme ne l’avait fait aucun événement auparavant, l’unité du prolétariat à travers tout le Canada, amenant hommes et femmes, canadiens d’origine et immigrants, anglophones et francophones à marcher comme une seule armée et à lutter côte-à-côte contre la bourgeoisie, et ce, en dépit des appels racistes de cette dernière à combattre les «ordures étrangères», pointées du doigt comme étant les responsables du mouvement. Elle a établi comme composantes fondamentales du mouvement ouvrier canadien des revendications essentielles et des moyens de lutte incontournables. C’est elle qui a mis de l’avant la lutte pour la journée de huit heures, le droit à la reconnaissance syndicale et à la négociation collective. Elle a frayé la voie à l’essor du syndicalisme industriel – en opposition au syndicalisme de métier – dans les décennies suivantes, ce qui, à l’époque, marquera un réel progrès dans l’organisation de la classe ouvrière. Surtout, elle a permis au prolétariat canadien de s’emparer d’une nouvelle forme de lutte, la grève générale, une arme dont il faudra bien qu’il se serve à nouveau dans les années à venir.

La Grève de Winnipeg a contribué à faire prendre conscience à un grand nombre de prolétaires que la lutte économique des travailleurs demeure vaine si elle ne se transforme pas en une lutte politique pour renverser le pouvoir des exploiteurs et instaurer le socialisme. Plusieurs leaders ouvriers de l’époque, y compris certains dirigeants de la grève de 1919, partageaient déjà ce point de vue avant les événements.

En mars 1919, soit quelques semaines avant la grève, avait eu lieu à Calgary un congrès du travail – la Conférence ouvrière de l’Ouest canadien – auquel avaient pris part des représentants du Conseil des métiers et du travail de Winnipeg. Lors de ce congrès avaient été adoptées des résolutions appelant à l’abolition du capitalisme ainsi qu’au soutien à la révolution bolchévique qui venait d’avoir lieu en Russie deux ans plus tôt. L’une de ces résolutions spécifiait même que le but du mouvement ouvrier canadien devait être la dictature du prolétariat au Canada: «Le congrès déclare son acceptation complète du principe de “dictature du prolétariat” comme étant absolu et efficace pour transformer la propriété privée capitaliste en une richesse collective et envoie ses souhaits fraternels au gouvernement soviétique russe. […]» Lors d’une allocution devant le jury qui le jugeait pour son rôle dans la grève, John Queen, l’un des principaux dirigeants du mouvement, a fait une déclaration démontrant ses prises de position radicales: «Finalement, la contestation de la classe ouvrière ne pourrait pas se limiter à des améliorations venant de l’intérieur de la structure du système économique existant; si elle veut se libérer de façon permanente, elle est obligée de combattre le capitalisme lui-même. Ainsi est né le socialisme moderne… et le mouvement ouvrier se fond avec le socialisme…»

C’est précisément le sens du slogan «luttons pour le socialisme et nos revendications» que notre Parti met de l’avant: les travailleurs et les travailleuses ne doivent pas se contenter de lutter isolément les uns des autres pour leurs revendications spécifiques et immédiates; ils et elles doivent au contraire s’unir et combattre pour les intérêts fondamentaux et à long terme de toute la classe, c’est-à-dire chercher à étendre ces luttes revendicatives au renversement de la société bourgeoise dans son ensemble. Car sans le socialisme, la satisfaction de leurs revendications demeure toujours partielle et éphémère.

La Grève de Winnipeg a également permis au prolétariat canadien de faire l’expérience des limites de la grève générale comme moyen de renverser le capitalisme si elle n’est pas subordonnée à la lutte armée pour vaincre les forces répressives de la bourgeoisie. Les événements du Samedi sanglant sont d’ailleurs venus confirmer ce que Lénine avait déjà entrevu quelques années plus tôt, en s’appuyant sur l’expérience du mouvement révolutionnaire en Russie, à savoir que les capitalistes, lors d’une grève générale paralysant l’économie, sont presque inéluctablement poussés à recourir à la violence pour relancer le procès de production et l’accumulation de profits: «Dans ces conditions, la grève peut devenir – bien plus: dans la plupart des cas, il est inévitable qu’elle devienne – une collision directe et immédiate avec les forces armées.» Cela signifie que sans une préparation suffisante pour faire face à la contre-attaque organisée de la bourgeoisie, sans l’armement du prolétariat et la prise en charge de l’affrontement militaire avec l’État bourgeois, la grève générale, si elle ne s’estompe pas d’elle-même, est vouée à être écrasée par la réaction. Dans le futur, afin de ne pas répéter les erreurs du passé et de surmonter les insuffisances de l’expérience de 1919, les grèves générales que le mouvement révolutionnaire fera émerger seront intégrées dans une forme de combat supérieure: la guerre populaire prolongée.

Finalement, la Grève générale de Winnipeg a contribué à faire prendre conscience aux ouvriers et aux ouvrières avancés de la nécessité de former un parti politique prolétarien indépendant afin de diriger et de mener à terme la lutte contre la bourgeoisie et elle a préparé le terrain à la création, deux ans plus tard, d’un tel parti – le Parti communiste du Canada (PCC). Ce parti, dont ont été membres un bon nombre de grévistes du mouvement de 1919, a constitué pendant deux décennies, avant de dégénérer et d’abandonner la voie révolutionnaire dans les années 1940, l’organisation d’avant-garde dont la classe ouvrière canadienne avait besoin et qui avait fait défaut lors de la Grève de Winnipeg.

Aujourd’hui, le mouvement communiste au pays renaît de ses cendres: un nouveau parti prolétarien d’avant-garde, le PCR, se bâtit en reprenant le flambeau du PCC d’autrefois afin de préparer la lutte armée et de diriger la révolution contre la bourgeoisie impérialiste canadienne. Les partisans et les partisanes du PCR représentent aujourd’hui les véritables continuateurs du combat historique du prolétariat canadien pour son émancipation. C’est en ayant à l’esprit la nécessité de préserver le fil conducteur de cette longue et formidable expérience qu’ils et elles manifesteront le 1er mai à Montréal et rendront un puissant hommage aux ouvriers et aux ouvrières ayant participé au mouvement de grève historique de 1919!

Travailleurs, travailleuses, prenez part au mouvement pour abolir le capitalisme et l’exploitation! Joignez-vous à la manifestation du 1er mai dans le centre financier de la métropole! Rassemblons-nous à 18h30 au Square Phillips! Montrons-nous à la hauteur des combats passés du prolétariat: osons affronter la bourgeoisie et ses forces répressives dans la rue! Nous sommes les Continuateurs! 

Femmes Naxalites pointant des fusils

« Dans l’histoire de l’humanité, aucun grand mouvement d’opprimés ne s’est accompli sans la participation des travailleuses. Ces dernières, les plus opprimées parmi les opprimés, ne pouvaient et ne se sont jamais tenues à l’écart du grand chemin du mouvement de libération. […] Il n’est pas surprenant que des millions de travailleuses soient attirées sous les bannières du mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière, le plus puissant de tous les mouvements de masse d’opprimés. […] La Journée internationale des femmes doit devenir un moyen de transformer les ouvrières et les paysannes d’une réserve de la classe ouvrière en une armée active du mouvement de libération du prolétariat. Vive la Journée internationale des femmes! » (Joseph Staline, 1925)

Le Parti communiste révolutionnaire (PCR-RCP) appelle à descendre dans les rues du centre-ville de Montréal le 8 mars prochain en soirée afin de souligner politiquement la Journée internationale des femmes ouvrières. Nous organisons à nouveau, cette année, une manifestation de lutte de classes mettant les femmes du prolétariat à l’avant-plan, une manifestation pour faire progresser le combat contre la bourgeoisie impérialiste canadienne et son régime d’exploitation. Le rassemblement est prévu à 18h30 au Square Cabot, à côté de la station de métro Atwater. Nous appelons les travailleuses, les ouvrières, les prolétaires immigrantes, les étudiantes progressistes et les militantes contre le capitalisme qui désirent se battre pour mettre fin à ce monde injuste à prendre part dès maintenant à la mobilisation et aux préparatifs en vue de cet événement. Nous visons à organiser un fort contingent de femmes prolétariennes et de partisanes de la révolution pour opérer la direction pratique de la manifestation. Nous allons, durant tout le mois de février, déployer un effort d’agitation et de propagande adressées spécifiquement aux femmes du prolétariat et de la classe ouvrière en ciblant particulièrement les secteurs de la production et les milieux de travail où les femmes constituent la majorité de la main-d’œuvre. Notre objectif sera d’atteindre le plus grand nombre de travailleuses et de les entraîner à l’action révolutionnaire, c’est-à-dire à venir manifester le 8 mars, mais aussi à participer à l’assaut du centre financier de la bourgeoisie le 1er mai prochain, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses. Camarades, nous avons besoin de votre participation pour accomplir cette tâche; joignez-vous au combat!


Partout sur la Terre, les femmes exploitées se lèvent et combattent. Partout où les masses opprimées se soulèvent, les travailleuses – ouvrières, prolétaires et paysannes – prennent part activement au mouvement et y jouent un rôle de premier plan. Il n’y a là rien de surprenant : pendant des millénaires, elles ont eu à endurer toutes les persécutions et toutes les humiliations sociales. Encore aujourd’hui, dans de vastes régions du monde, notamment dans les pays semi-féodaux dominés par l’impérialisme, elles sont privées des droits les plus élémentaires et subissent l’oppression la plus noire.


Dans les pays impérialistes, où le développement du capitalisme a depuis un bon moment détruit l’ancienne structure sociale patriarcale, les femmes ont obtenu – au prix de nombreuses luttes – les mêmes droits que les hommes et sont désormais considérées socialement comme leurs égales. Cependant, même dans ces sociétés où leur situation est nettement plus enviable que celle qui prévaut dans les pays dominés, il subsiste encore des vestiges des anciens rapports patriarcaux – vestiges se manifestant entre autres sous la forme du sexisme, de la discrimination, de la violence à l’endroit des femmes ou encore de l’exploitation sexuelle des femmes dans la prostitution et « l’industrie » du sexe. Au Canada, on ne peut non plus passer sous silence le sort réservé aux femmes autochtones, qui, par milliers, sont victimes des pires exactions – assassinats, enlèvements, viols – avec la complicité directe et indirecte de l’État réactionnaire impérialiste. Mais surtout, même si dans ces pays, l’égalité entre les sexes est en voie d’être atteinte, les travailleuses – qui composent la majorité des femmes – demeurent exploitées, les propriétaires et les seigneurs féodaux ayant laissé la place aux capitalistes et le servage ayant laissé la place à l’esclavage salarial.

Dans les pays dominés, les travailleuses luttent non seulement pour l’éradication du patriarcat et pour l’obtention de droits démocratiques, mais aussi et surtout pour l’émancipation des classes laborieuses dans leur ensemble. Elles se joignent massivement aux mouvements révolutionnaires qui émergent et se développent contre l’impérialisme et la domination des classes exploiteuses. Dans les dernières décennies, les femmes ont participé de manière héroïque aux guerres populaires dirigées par les maoïstes aux Philippines, au Pérou, au Népal et en Inde. À chaque fois, leur implication est devenue une composante essentielle de ces soulèvements prolétariens et paysans.

Pour donner quelques exemples illustrant l’importance de la participation des femmes dans ces luttes révolutionnaires, il a été estimé en 2010 que 40% des cadres du CPI (Maoïste) – le parti qui dirige la guerre populaire se déroulant présentement en Inde – étaient des femmes. Celles-ci ont occupé et occupent aujourd’hui des fonctions variées – y compris des postes de direction importants – au sein du parti, de l’armée de guérilla et des organisations de masses révolutionnaires. Dans un pays encore marqué par des pratiques hautement rétrogrades et où les femmes subissent régulièrement les pires vexations, il s’agit d’un fait remarquable. Dans les guerres menées par le peuple, les femmes combattent aux côtés des hommes, fusils à la main. En avril 2017, il a été rapporté, après une attaque armée des maoïstes dans l’État de Chhattisgarh contre les forces policières indiennes et ayant éliminé 26 policiers, que 70% des assaillants étaient des femmes. L’implication massive des femmes dans les forces armées révolutionnaires pendant la guerre populaire au Népal, au début des années 2000, a été tout aussi spectaculaire. En 2004, les femmes composaient le tiers des membres de l’Armée populaire de libération (APL) mise sur pied et dirigée par le Parti communiste du Népal (maoïste). Elles y occupaient dans certains cas des postes de direction tels que commandantes de compagnies et de sections, commandantes adjointes de bataillons ou encore commissaires politiques. Cette implication des femmes dans la lutte armée, en plus de jouer pour elles un rôle émancipateur en les extirpant de la sphère domestique où elles étaient confinées, contribue à donner aux organisations militaires révolutionnaires un authentique caractère populaire. Comme l’affirmait à l’époque la révolutionnaire népalaise Parvati, alors membre du comité central du PCN (maoïste) : « La participation des femmes dans l’APL fut non seulement salutaire pour elles-mêmes, mais elle a eu pour effet d’accentuer considérablement le caractère de masse de l’armée. Sous leur impulsion, l’APL est devenue beaucoup plus diversifiée et multi-fonctionnelle. Les femmes en ont fait une véritable armée populaire, dans le plein sens du terme. »

Dans les pays impérialistes, les femmes du peuple ont, depuis un bon moment, été arrachées à l’esclavage domestique et incorporées dans la production, dans le travail salarié, aux côtés des hommes. Elles ont rejoint l’armée des prolétaires exploités par le Capital. Ainsi, les travailleuses ne réclament pas seulement l’égalité complète des sexes, mais surtout, à l’instar leurs homologues masculins, l’abolition des classes et du capitalisme. Elles ont rejoint les rangs du mouvement ouvrier et luttent aux côtés de leurs frères de classe contre la bourgeoisie, sous la bannière du communisme, pour saisir les moyens de production et les remettre entre les mains du peuple. Elles aspirent à une société nouvelle, organisée en fonction des besoins des masses et dans laquelle la misère, la souffrance et la dévastation causés par le capitalisme auront disparu.

En empêchant le développement des forces productives dans les pays dominés et en y soutenant les forces sociales les plus réactionnaires pour s’assurer le contrôle sur les ressources et la main-d’œuvre, l’impérialisme maintient une partie considérable des femmes de la planète sous le joug patriarcal, en plus de reléguer l’écrasante majorité d’entre elles à la position d’exploitées. Lutter pour le renversement de l’État bourgeois canadien et pour son remplacement par un État socialiste servant les intérêts du peuple, c’est donc participer à la libération de toutes les femmes opprimées du monde. Pour nous, il est impératif d’agir en solidarité avec nos sœurs privées de droits et persécutées ailleurs sur la planète, ainsi qu’avec l’ensemble des travailleuses et des femmes prolétariennes qui se battent pour leurs revendications vitales et pour les intérêts fondamentaux de la classe ouvrière.

Ouvrières, travailleuses, joignez-vous au mouvement international de lutte contre le capitalisme et l’impérialisme! Venez manifester le 8 mars pour l’émancipation des masses populaires et pour la libération des femmes opprimées du monde entier! Luttons pour le socialisme et nos revendications de femmes prolétariennes!

https://www.youtube.com/watch?time_continue=105&v=zettDrz4BL4

 

Torche rouge dans une manifestation du PCR

Discours d’ouverture prononcé à l’occasion du 12e anniversaire du PCR.

Camarades! Nous sommes réunis ce soir pour célébrer le 12e anniversaire du Parti communiste révolutionnaire : 12 ans de lutte à contre-courant pour construire un véritable parti d’avant-garde marxiste-léniniste-maoïste, 12 ans de combat pour faire triompher la cause du prolétariat mondial, 12 ans d’action révolutionnaire pour préparer le déclenchement de la guerre populaire ici au Canada!

Nous sommes réunis ici parce que nous pensons que malgré les revers et les contre-coups, la lutte pour le communisme doit vivre encore! Et vous êtes la preuve qu’elle est bien vivante! Ce soir, dans cette salle, se trouvent les militants et les militantes les plus déterminés au pays, d’authentiques volontaires de la révolution socialiste! Ce soir, l’avant-garde du prolétariat canadien est rassemblée!


Notre parti traverse une période de reconstruction, et celle-ci n’est possible que grâce à votre engagement. C’est en travaillant ensemble avec acharnement toutes les semaines pour accomplir les tâches nécessaires pour rebâtir notre mouvement que nous assurons la continuité de l’expérience révolutionnaire au Canada. Sans vous, ce sont des années perdues, des savoirs oubliés, des vies humaines broyées par le Capital sans l’espoir d’une libération.

Il n’y a pas longtemps, nous avons scissionné avec des gens qui s’avéraient être des fossoyeurs de la révolution infiltrés dans notre mouvement. Nous avons refusé d’abandonner notre parti aux mains des opportunistes et nous l’avons relancé sur des bases véritablement communistes. Nous avons perdu certains acquis : des militants et des militantes, du territoire. Mais nous avons gagné quelque chose d’une valeur bien plus grande : l’expérience réelle d’une lutte de ligne, l’expérience de la lutte politique qui a émergé au sein du maoïsme canadien. Nous devons chérir cette expérience. Armés des éclaircissements politiques que la lutte a rendus possibles, nous reconstruisons avec ferveur l’état-major de la révolution au Canada, en multipliant les initiatives contre la bourgeoisie! Nous sommes constamment à l’offensive et nous tâchons d’innover sur tous les plans! Nous nous forgeons dans le combat politique. Nous assumons les coups, nous résistons aux attaques, nous répliquons contre l’ennemi. Nous sommes inflexibles. Nous sommes solidaires de notre Parti, notre force pour la révolution, et nous allons le rebâtir, d’un océan à l’autre!

Une première phase de clarifications théoriques s’est achevée. Nous avons repris en main notre propagande. Nous faisons reposer notre unité sur une compréhension commune et de plus en plus affinée des quatre formes objectives d’action révolutionnaire. Nous mettons de l’avant la nécessité de bâtir un parti communiste complet, développement du parti d’avant-garde centralisé de Lénine que la préparation de la guerre populaire prolongée requiert. Nous faisons une défense offensive du matérialisme contre le nouvel idéalisme des intellectuels de la petite-bourgeoisie. Nous soufflons à pleins poumons sur l’air vicié par le post-modernisme que trop de militants et de militantes respirent. Nous ne faisons aucune concession aux attaques anticommunistes qui fusent de partout!

Cependant, le combat concret pour que notre théorie révolutionnaire devienne une force matérielle ne fait que commencer. Mobiliser la classe ouvrière pour la révolution socialiste est à notre époque un travail de longue haleine nécessitant une grande assiduité et beaucoup de patience. Nous encadrons avec méthode notre mouvement vers les usines. Notre travail de terrain dans les zones industrielles est bien vivant. Nous sommes les seuls à nous y déployer afin d’y faire germer la lutte pour le pouvoir, celle qui libérera véritablement les ouvriers et les ouvrières des chaînes de l’exploitation.


Nous attirons de plus en plus la haine des forces militantes petites-bourgeoises et étudiantes en raison de notre défense assumée des perspectives prolétariennes et de la lutte idéologique implacable que nous avons entamée. Les attaques de nos ennemis se sont intensifiées et c’est bon signe : cela montre que nous représentons le courant ascendant, la force qui tire le mouvement spontané vers l’avant, hors du marais dans lequel pataugent l’ensemble des militants et militantes anticapitalistes et d’extrême-gauche.

La période historique dans laquelle nous sommes est singulière : elle comporte son lot de défis et rend le déploiement d’un parti communiste difficile. Il faut convaincre que le combat en vaut la peine. Certes, l’expérience de nos prédécesseurs a pavé la voie. Elle nous parle. Nous l’embrassons et nous nous en emparons. Mais aujourd’hui, dans ce pays, tout est à mettre en place à nouveau. Heureusement, nous n’avançons pas à tâtons. Nous avons repris le fil conducteur de notre mouvement, le mouvement communiste international. Nous sommes guidés par la science. Nous avons le meilleur arsenal de combat qui soit. La révolution, nous pouvons la maîtriser et en devenir des experts!


Camarades, nous sommes engagés dans un processus bien lancé, plus forts et plus unis que jamais! Camarades, nous allons intensifier la lutte! Et nous allons les gravir, les paliers historiques! Camarades, nous allons fracasser ensemble les plafonds du passé!

 

En ce cent unième anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917, nous publions le discours qui avait été prononcé à l’amorce de la Manifestation pour le Socialisme du 7 novembre 2017. Il y a un an déjà, le Parti communiste révolutionnaire et ses sympathisants et sympathisantes prenaient la rue à Montréal pour souligner le centenaire d’un événement qui a changé le cours de l’histoire pour des millions de prolétaires et de paysans à travers le monde, et ce, jusqu’à aujourd’hui encore.

L’année dernière, à l’occasion de cet anniversaire, les communistes au pays se sont déployés pendant plus d’un mois pour clamer que la lutte pour le socialisme est encore la force motrice de l’histoire et qu’il n’en tient qu’à nous d’être à l’avant-garde de ce mouvement qui saura, dans les prochaines décennies, renverser l’ancien monde pour de bon.

Depuis lors, nous nous sommes engagés dans une longue offensive politique qui nous mènera jusqu’au 1er mai prochain, Journée internationale des travailleurs et des travailleuses, en passant par la fête de notre organisation, le 28 janvier, et le 8 mars, Journée internationale des femmes ouvrières. Cette offensive, nous l’avons intitulée « Luttons pour le socialisme et nos revendications ». Sans plus attendre, avançons ensemble vers de nouvelles victoires révolutionnaires!

***

Camarade,

Camarade,

Camarade,

Comment se nomme la démocratie véritable du futur?

SO-CIA-LIS-ME!

Comment se nomme le pouvoir populaire victorieux?

SO-CIA-LIS-ME!

Comment se nomme l’émancipation des prolétaires par la libération – enfin – du travail?

SO-CIA-LIS-ME!

Comment se nomme l’égalité, la justice, la dignité, la paix pour les millions de « damnés » de la Terre?

SO-CIA-LIS-ME!

Comment se nomme le plein épanouissement de toutes nos capacités?

SO-CIA-LIS-ME!

***

Il y a cent ans aujourd’hui, les ouvriers, les paysans et les soldats de Russie renversaient un pouvoir chancelant, miné par la guerre, paralysé par les contradictions de classe et les hésitations, et ouvraient ainsi la voie à l’expérience naissante du socialisme.

Les Bolchéviks, avant-garde politique du prolétariat international, inversaient ainsi, au nez et à la barbe de l’Europe bourgeoise, toute la politique de l’époque.

Les gueux au pouvoir… Le bourgeois… à la rue!

La révolution de 1917 a amorcé un puissant, un extraordinaire, un long demi siècle de victoires, de révolutions, de luttes de libération, et l’immense mouvement d’émancipation par lesquels, d’Est en Ouest sur la planète, du Sud au Nord, des millions de femmes et d’hommes ont brisé leurs chaînes pour un jour, soit! Pour quelques années, bravo! Et beaucoup d’autres… pour toujours! Pendant ce long demi siècle, les prolétaires ont été, au vrai sens de l’expression, des millions de héros.

Mais la bourgeoisie a repris pied. Les possesseurs du capital, les maîtres de notre travail, et les impérialistes n’étaient pas sans réserves.

Ils sont repartis à l’assaut.

Ils ont saccagé!

Ils ont multiplié les guerres!

Ils ont relancé l’exploitation!

Ils ont reconquis tous les marchés!

Ils ont fait de toute l’humanité une machine à profits!

Mais ça grince! Ça fuit! Ça coule! Ça tremble!

Que nous reste-il? Et bien… Il nous reste l’autre demi siècle, le prochain… le meilleur! Il nous reste le demi siècle des révolutions à venir, des victoires surprenantes, des libérations futures, des stratégies audacieuses et des masses reprenant le pouvoir. Il nous reste le demi siècle à venir, celui des prochains Bolchéviks, des nouveaux partisans, des jeunes gardes rouges, des warriors intrépides, des travailleurs grévistes, des femmes résistantes, des prolétaires de demain, des millions de nouveaux héros.

Par l’action révolutionnaire, nous avons d’ores et déjà mis le pied dans le prochain demi siècle. Ici et maintenant. Ce n’est pas une espérance. C’est une certitude!

Vive les cent ans de la Révolution d’Octobre 1917!

Vive les militants et militantes communistes d’hier et d’aujourd’hui!

Vive le socialisme, aujourd’hui et pour demain!

Vive le PCR!