Marteau faux du PCR

Le 28 janvier marque l’anniversaire de fondation du Parti communiste révolutionnaire du Canada. Cette année, en raison de l’épidémie de COVID-19 qui bat son plein au pays, il n’était évidemment pas possible d’organiser un rassemblement public pour souligner l’anniversaire de notre organisation comme nous le faisons habituellement. Mais ce n’est que partie remise. Les prochaines années s’annoncent riches en luttes prolétariennes et en activité révolutionnaire et dès que la situation le permettra, nos réunions politiques reprendront à nouveau. D’ici là, nous tenons à encourager nos sympathisants à ne pas se laisser décourager par les difficultés actuelles et à ne pas baisser les bras. Aujourd’hui, alors que notre parti célèbre ses 14 ans d’existence, nous appelons à poursuivre la lutte pour faire renaître le camp de la révolution prolétarienne au pays.

Dans les dernières années, nous avons combattu les courants postmodernes faussement « de gauche » qui gangrènent la lutte sociale et qui font disparaître la lutte contre l’exploitation capitaliste. À contre-courant des idées dominantes de l’époque actuelle, nous avons continué à défendre la classe prolétarienne, à faire la promotion du socialisme et à lutter pour le pouvoir ouvrier. Nous nous sommes engagés, avec patience et persévérance, dans un long processus de reconstruction de l’avant-garde politique du prolétariat canadien. Et à présent, malgré de nouvelles embûches, nous continuons à tenir bien haut le flambeau de la cause ouvrière et de la révolution et nous sommes déterminés à poursuivre patiemment ce long travail de reconstruction.

En 2020, notre travail politique a évidemment été transformé par les nouvelles conditions liées à la pandémie de COVID-19. Dès que les autorités bourgeoises ont décrété l’état d’urgence sanitaire au mois de mars dernier, il a fallu réorganiser notre activité révolutionnaire pour faire face à la nouvelle situation. Si certains aspects de notre travail ont dû être interrompus temporairement, une autre partie de notre activité a connu un développement intéressant. Notamment, l’activité de notre journal en ligne – l’ISKRA – s’est grandement intensifiée dans les derniers mois, une avancée dont l’ensemble de nos sympathisants peuvent se réjouir. En effet, la fréquence de nos publications et le nombre de nos lecteurs ont beaucoup augmenté – certains de nos articles sur l’actualité de la lutte des classes ayant par exemple été repartagés à plus de 1 000 occasions sur les réseaux sociaux. Nos analyses politiques ont connu une visibilité plus grande que jamais parmi les masses populaires québécoises et les travailleurs qui y ont été exposés y ont adhéré largement.

Évidemment, notre journal s’est en grande partie consacré à l’analyse des événements entourant l’actuelle pandémie de COVID-19 – un événement historique qui laissera une trace indélébile dans la mémoire du prolétariat international. La dernière année a été marquée par la faillite complète de la bourgeoisie canadienne et de l’ensemble des classes dominantes impérialistes à travers le monde quant à la protection des populations face au virus SARS-CoV-2 qu’elles ont laissé se répandre comme une traînée de poudre partout sur la planète. Dès le début de la crise sanitaire au Canada, notre parti a révélé les intérêts et les processus économiques derrière les tergiversations, les incohérences et l’inaction des autorités bourgeoises de notre pays ainsi que des gouvernements de l’ensemble des pays impérialistes dans le monde. Nous avons montré comment la concurrence capitaliste internationale avait retardé l’adoption des mesures qui s’imposaient à l’hiver 2020 pour empêcher la propagation du virus dans chaque pays et comment cette même concurrence avait ensuite poussé les classes dominantes à relâcher prématurément l’essentiel de ces mesures – au détriment de la santé et de la vie des prolétaires – pour ne pas nuire de manière prolongée à la production de plus-value et à l’accumulation de capital.

Lorsque les gouvernements ont entamé le déconfinement et la relance des activités économiques au printemps – en minimisant la gravité de la situation et en laissant entendre que la pandémie était quasiment terminée –, nous avons immédiatement dénoncé cette entreprise criminelle en révélant qu’elle allait inévitablement provoquer une deuxième vague meurtrière de contamination, ce qui s’est effectivement produit partout. Alors que les représentants patronaux, que les petits propriétaires d’entreprises, que les artistes et les intellectuels ainsi que les porte-paroles « scientifiques » de la bourgeoisie (pédiatres, épidémiologistes, etc.) s’unissaient dans une campagne pour encourager le retour à la vie normale et pour réclamer l’accélération des réouvertures d’établissements, nous avons continué à défendre le point de vue et les intérêts des prolétaires que la bourgeoisie renvoyait au travail et obligeait à s’infecter massivement pour servir le capital.

Et lorsque la deuxième vague s’est abattue sur le pays à l’automne, nous avons dénoncé l’inaction et les mensonges des autorités bourgeoises ainsi que leurs attaques contre les masses populaires. Nous avons dévoilé la nouvelle entente tacite entre les classes dominantes de tous les pays impérialistes, entente selon laquelle les gouvernements laissent maintenant la contamination des masses atteindre des niveaux extrêmes en refusant de mettre en place les mesures nécessaires, et ce, afin de préserver le grand capital. En effet, depuis que la deuxième vague est commencée, les classes dominantes refusent de décréter une nouvelle pause économique et se contentent de restreindre les activités « superflues » pour le capital tout en ciblant le peuple et en l’accusant d’être responsable de la situation. De plus en plus, elles adoptent des mesures répressives tout en s’abstenant d’instaurer de réelles mesures sanitaires pour freiner la propagation du virus. Elles trompent les masses en prétendant qu’elles réagissent avec robustesse à l’épidémie alors qu’elles écartent en réalité la vraie solution : la fermeture de tous les milieux de travail non essentiels et des écoles jusqu’à ce que la vaccination massive de la population soit complétée. En conséquence de la gestion anti-prolétarienne de l’épidémie par les autorités bourgeoises, le nombre de malades atteint des sommets et les morts s’accumulent dans l’indifférence totale des dirigeants. Et c’est sans parler des séquelles lourdes et nombreuses que le virus laissera chez un nombre important de prolétaires contaminés.

La pandémie actuelle est un événement majeur révélant aux masses du monde entier l’ampleur de la barbarie capitaliste et la nature profondément réactionnaire des institutions bourgeoises. Les révélations produites par cet événement doivent renforcer la volonté des masses de combattre par tous les moyens les classes dominantes. Elles doivent aussi – et surtout – servir à remettre à l’ordre du jour le programme de la révolution communiste partout où le mouvement politique du prolétariat a connu un recul important dans les dernières décennies. Car pour mettre fin au chaos actuel, il n’y a qu’une seule solution : le prolétariat doit prendre le pouvoir et s’emparer des moyens de production afin de mettre en place une économie planifiée en fonction des besoins du plus grand nombre.

Ainsi, remettre à l’ordre du jour le programme communiste, c’est renouer avec une activité révolutionnaire centrée sur la classe ouvrière et sur la production ainsi qu’avec des analyses basées sur l’économie politique – ce que la nouvelle « gauche » postmoderne et petite-bourgeoise rejette entièrement. Au PCR, nous refusons d’abandonner cette voie et nous luttons avec acharnement pour rebâtir la liaison entre les ouvriers et la théorie révolutionnaire marxiste. Ainsi, nous continuons à produire une propagande directement adressée aux travailleurs, propagande dont une partie importante est consacrée au mouvement ouvrier canadien.

Dans la dernière année, les articles de l’ISKRA ont couvert la presque totalité des conflits de travail et des combats prolétariens qui ont éclaté dans la province québécoise ainsi que plusieurs luttes ouvrières importantes qui ont eu lieu dans le reste du pays. Chaque fois où c’était possible, nos militants sont allés directement à la rencontre des travailleurs en lutte pour les appuyer, pour en apprendre plus sur leur situation et pour leur faire prendre connaissance de notre initiative propagandiste. Nous sommes allés rencontrer les ouvriers de l’entrepôt Provigo à Laval ainsi que ceux de l’usine de jouets Mega Bloks dans le parc industriel de Saint-Laurent à Montréal, deux établissements dont on a appris qu’ils allaient fermer leurs portes. Nous avons visité les ouvriers du ravitaillement à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, les débardeurs du port de Montréal, les travailleurs de l’usine de portes-patio Energi à Terrebonne et les ouvriers de l’usine Meubles Cathedra à Victoriaville qui ont tous mené des grèves courageuses pour résister aux attaques du capital et pour améliorer leur sort. Nous sommes allés donner notre appui aux ouvriers de l’usine de produits laitiers Lactancia à Victoriaville, aux ouvriers de l’entrepôt central de Jean Coutu à Varennes, aux travailleurs de l’usine de cartons d’emballage WestRock à Pointe-aux-Trembles, aux chauffeurs de bétonnière de l’usine Demix à Saint-Hubert, aux ouvriers de Gate Gourmet à Dorval et aux ouvriers du Terminal Shell de Montréal qui ont tous été mis en lock-out en pleine pandémie par les capitalistes. Et l’automne dernier, nous avons formé un contingent rouge dans la manifestation organisée par la CSN à Montréal en appui aux 550 000 travailleurs du secteur public québécois en négociation avec le gouvernement Legault.

C’est ce genre d’activité que nous allons continuer à développer dans la prochaine année et dans celles à venir. Les ouvriers ont besoin d’une organisation politique qui concentre leurs revendications et leurs intérêts économiques et qui dirigera la lutte pour mener leur classe au pouvoir. Dans tous les affrontements économiques entre le prolétariat et la bourgeoisie, le PCR sera toujours aux côtés des travailleurs. Nous révélerons aux masses l’antagonisme irréconciliable qui oppose les ouvriers au capital et qui doit nécessairement se résoudre par la collectivisation des moyens de production. Nous révélerons comment la lutte économique du prolétariat doit éventuellement servir de levier pour renverser la classe bourgeoise. Aujourd’hui, nous appelons les travailleurs et les partisans du socialisme qui ont pris connaissance de notre propagande dans les derniers mois à nous aider à reconstruire le camp de la révolution pendant la période à venir. Continuez à faire circuler nos analyses! Manifestez votre appui envers notre parti! Impliquez-vous directement au sein de notre organisation! Ensemble, nous ferons renaître l’option de la lutte révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier canadien!

Sympathisants de la cause ouvrière, passez à l’action!

Travailleurs, rejoignez votre parti!

Poursuivons la lutte pour le pouvoir prolétarien!

 

Affiche pour le 1er mai 2020

La Journée internationale des travailleurs et des travailleuses est habituellement l’occasion pour les prolétaires de tous les pays de se rassembler, d’envahir les centres-villes des métropoles et de mener des actions combatives contre les classes exploiteuses. Cette année, au Québec et au Canada – comme à bien d’autres endroits dans le monde –, les conditions ne permettent pas aux masses laborieuses de se réunir et de prendre la rue. Comme chacun le sait, une pandémie monstrueuse fait rage. Les prolétaires sont confinés dans leurs domiciles pour limiter la propagation du virus. En conséquence, les drapeaux et les bannières du mouvement ouvrier et de la révolution socialiste n’ont pas été déployés. Mais la lutte des classes ne s’est pas arrêtée pour autant. Et surtout, l’aspiration du prolétariat à une société nouvelle, libérée de l’exploitation et du chaos engendrés par la propriété privée bourgeoise ne s’est pas évanouie, bien au contraire.

Le capitalisme, c’est le chaos!

Les ravages causés par la propagation incontrôlée du nouveau coronavirus à travers le monde révèle au grand jour l’incapacité de la bourgeoisie impérialiste à répondre aux besoins de la majorité de l’humanité et à organiser la production et la distribution des biens de manière rationnelle. La pandémie ne fait que commencer, mais déjà, les contradictions du capitalisme se sont aggravées au point de modifier de manière importante le fonctionnement des États bourgeois et d’entraîner une dégradation profonde des conditions de vie des masses populaires. Partout, les classes dominantes se sont montrées incapables de mettre en place des mesures préventives, de contrôler la propagation du virus et de fournir à la population ce dont elle a besoin. Au cœur des citadelles impérialistes d’Europe et d’Amérique du Nord, où le virus a frappé de plein fouet dans les dernières semaines, les systèmes de santé sont saturés et les cadavres s’amoncellent – une situation qui aurait été absolument impensable quelques mois plus tôt. Dans ces pays, il manque de tout : kits de dépistage, masques et équipement de protection, respirateurs artificiels, médicaments, personnel soignant. Les travailleuses de la santé sont envoyées au front sans matériel et en nombre insuffisant. Par ailleurs, l’arrêt d’une grande partie de l’activité productive, arrêt décrété par la bourgeoisie de plusieurs pays pour limiter la propagation du virus, a plongé des millions de prolétaires dans une situation économique catastrophique. Dans plusieurs pays, le nombre de chômeurs atteint des proportions qui n’avaient pas été observées depuis des décennies. Au Canada, ce sont plus de 7 millions de personnes qui ont dû se tourner vers une aide gouvernementale d’urgence, c’est-à-dire plus du tiers de la « population active ». Partout, les travailleurs et les travailleuses s’appauvrissent de manière brutale. Et ce n’est que le commencement. On peut déjà prévoir que les mois et les années à venir seront marqués par de violentes attaques contre les masses laborieuses alors que les États bourgeois chercheront à rembourser à leurs créanciers richissimes les centaines de milliards de dollars qu’ils auront dépensés pour faire face à la pandémie. Comme elle l’a toujours fait, la bourgeoisie rejettera entièrement le fardeau de la crise sur le dos des prolétaires et des ouvriers.

Dans les pays dominés par l’impérialisme, où les infrastructures sanitaires sont beaucoup moins développées que dans les pays riches – voire pratiquement inexistantes dans certains cas –, la pandémie risque de provoquer une hécatombe. Notamment, dans les pays du continent africain, où 56% de la population urbaine s’entasse dans des bidonvilles et où seulement 34% des ménages ont accès à des moyens simples de se laver les mains (selon les chiffres rendus publics par les impérialistes eux-mêmes), la propagation du virus pourrait faire des millions de morts. Par ailleurs, alors que l’impérialisme conduit déjà officiellement 21 000 personnes à mourir de faim chaque jour dans le monde en temps normal, la crise économique qui accompagne la pandémie – et qui ne fait que révéler une fois de plus l’incapacité du capitalisme à répartir rationnellement les ressources et les produits du travail humain – pourrait exposer encore plus de personnes à la famine dans les pays les plus vulnérables. Selon l’ONU, le nombre de personnes « souffrant sévèrement de la faim » dans le monde pourrait même doubler en raison des effets de la pandémie de COVID-19.

La réponse complètement déficiente des classes dominantes à la pandémie montre, aux yeux des prolétaires de tous les pays, les limites historiques du capitalisme – une forme d’organisation sociale fondée sur la propriété privée des moyens de production, sur la concurrence et sur la recherche du profit maximum. La concurrence inter-impérialiste entre les bourgeoisies des grandes puissances mondiales a empêché l’adoption de mesures préventives pour faire face au virus (production et achat en quantités massives de matériel médical, opérations de dépistage à grande échelle, investissements dans les réseaux de la santé, formation du personnel médical, etc.) et a dangereusement retardé la mise en place des mesures nécessaires pour limiter sa propagation (fermeture des écoles, arrêt d’une grande partie de l’activité économique, limitation des rassemblements et des déplacements non-essentiels, confinement, etc.). Cette même concurrence est maintenant en train de pousser les différents gouvernements capitalistes à relâcher les mesures de confinement et à relancer l’exploitation des ouvriers et des prolétaires, et ce, alors que le virus est toujours là, qu’il est toujours aussi dangereux, que la grande majorité des populations n’est pas encore immunisée et qu’aucun vaccin n’est encore disponible. Par ailleurs, la course entre les grandes entreprises capitalistes pour produire et vendre au plus haut prix des masques et du matériel médical de protection, ainsi que la compétition irrationnelle et anarchique entre les différents États bourgeois pour s’approvisionner auprès de ces entreprises privées, constituent une preuve accablante de l’absurdité des lois du capitalisme. Cette opération de brigandage à grande échelle n’est rien de moins qu’un crime contre l’humanité. Alors que les ressources mondiales devraient être distribuées en fonction des besoins des populations, ce sont les États les plus riches (ou les plus rapaces) qui les accaparent et qui en privent les autres. Aussi, la course au profit qui caractérise le mode de production capitaliste retarde le processus de développement d’un vaccin contre le virus – le seul moyen de mettre une terme à la pandémie sans qu’une large proportion de la population mondiale ne soit infectée et qu’un nombre incalculable de personnes ne meurent. Étant donné que la recherche du profit est le moteur de la production bourgeoise, les capitalistes n’investissent que dans les domaines qui promettent d’être rentables. Ainsi, les recherches pour mettre au point un vaccin contre le SARS-CoV-1 ont été abandonnées lorsque la flambée épidémique des années 2002 à 2004 s’est estompée, puisqu’il n’y avait plus d’argent à faire. Pourtant, si ces travaux scientifiques avaient été poursuivis, la recherche pour produire un vaccin contre le nouveau coronavirus (qui s’apparente sous certains aspects au SARS-CoV-1) n’aurait pas eu à partir d’aussi loin. Plus encore, l’affrontement auquel on assiste présentement entre les grands monopoles pharmaceutiques et entre les différentes nations capitalistes pour développer le vaccin avant les autres est un non-sens complet. Cet affrontement absurde rend le processus beaucoup moins efficace qu’il ne pourrait l’être si les ressources et les connaissances dont l’humanité dispose étaient mises en commun et si la production était planifiée rationnellement à l’échelle planétaire pour servir l’ensemble de la population mondiale. En somme, la propriété privée bourgeoise et la division de l’humanité en nations concurrentes limitent la capacité des êtres humains à résoudre les problèmes auxquels ils font face et empêchent la satisfaction des besoins des larges masses. Le capitalisme parviendra sans doute à vaincre la pandémie, mais il le fera en employant des méthodes barbares et au prix de pertes humaines totalement inutiles.

Poursuivons la lutte pour reconstruire le camp de la révolution prolétarienne!

Dans tous les pays, la crise actuelle génère une situation explosive. Les contradictions du capitalisme sont exacerbées. Alors que les conditions de vie des masses laborieuses se dégradent dramatiquement partout sur la planète, celles-ci prennent conscience du caractère destructeur du capitalisme et de l’impérialisme. À mesure que l’appauvrissement du prolétariat s’aggravera et que les attaques contre la classe ouvrière se multiplieront, la colère des masses grandira et deviendra de plus en plus vive. Le désespoir et la frustration devant l’anarchie capitaliste conduiront les travailleurs et les travailleuses à la révolte. Un peu partout dans le monde – dans les pays impérialistes comme dans les pays dominés –, la crise va générer des soulèvements populaires violents contre les États bourgeois. Les gouvernements capitalistes se préparent d’ailleurs déjà à faire face à de tels mouvements de révolte en mettant en place des dispositifs répressifs sans précédant (contrôles policiers, patrouilles, surveillance, couvre-feux, interdictions de rassemblements, etc.) et en déployant de vastes campagnes de propagande pour entraîner les masses à soutenir l’État bourgeois. Partout, les classes dominantes soufflent dans la trompette du patriotisme pour amener les prolétaires à se regrouper derrière le drapeau national. Mais la propagande bourgeoise n’est pas toute-puissante. D’ailleurs, elle n’a jamais réussi à empêcher que les travailleurs et les travailleuses se soulèvent pour combattre l’exploitation à laquelle les capitalistes les soumettent. Elle n’a pas non plus réussi à empêcher la victoire des grands mouvements révolutionnaires prolétariens du 20e siècle – soit la révolution bolchévique de 1917 et la révolution chinoise de 1949. Les prolétaires conscients savent que leur intérêt ne réside pas dans le soutien à « leur » bourgeoisie nationale, mais bien dans l’unité avec les travailleurs et les travailleuses de tous les pays et dans la lutte contre l’impérialisme mondial.

Les douze derniers mois avaient d’ailleurs été marqués par le développement d’importants mouvements de révoltes populaires à plusieurs endroits dans le monde – au Chili, en Équateur, en Haïti, en Irak, en Iran, en Algérie, au Liban, en France, etc. Dans chacun de ces pays, les masses laborieuses sont descendues dans la rue par milliers pour protester contre les gouvernements en place, pour dénoncer leurs conditions de vie misérables et pour combattre les classes dominantes. Ces mouvements ont été extrêmement encourageants, car ils ont prouvé aux yeux de tous l’actualité et l’universalité de la lutte des classes et du combat des exploités contre la bourgeoisie et les classes réactionnaires. À plusieurs endroits dans le monde, le 1er mai 2020 s’annonçait particulièrement effervescent. Mais les conditions objectives ont changé. Aujourd’hui, près de la moitié de l’humanité est en confinement. À bien des endroits, les travailleurs et les travailleuses ne peuvent pas prendre la rue. Mais les mêmes conditions qui ont freiné les mouvements des derniers mois vont bientôt produire une nouvelle vague mondiale de révoltes populaires, encore plus étendue et d’une puissance encore plus grande que la précédente!

Cette nouvelle vague de révoltes sera l’occasion de donner une nouvelle impulsion, dans tous les pays, au travail pour reconstruire le camp de la révolution prolétarienne mondiale. Les communistes doivent se préparer à prendre part activement aux mouvements populaires qui vont se développer partout. Lorsque les mouvements vont émerger, ils devront être visibles et faire connaître leur programme aux prolétaires en luttant à leurs côtés. Ils devront s’inspirer des formes de lutte développées par le peuple et les systématiser. Ils devront diriger des combats et jouer un rôle d’avant-garde dans la lutte des masses. Ils devront forger, au cœur de la révolte populaire, l’organisation révolutionnaire afin d’armer le prolétariat pour son combat contre la bourgeoisie. Si le peuple n’a pas tous les outils nécessaires pour vaincre la classe dominante, les mouvements de révolte à venir seront appelés à être écrasés par la réaction ou à s’estomper au bout d’un certain temps. C’est pourquoi il faut continuer la bataille pour renforcer le camp du peuple et pour reconstruire, dans chaque pays où il n’existe plus, le parti prolétarien d’avant-garde. Au Canada, la lutte pour reconstruire ce parti, c’est la lutte pour développer le Parti communiste révolutionnaire. Et dans les conditions actuelles, la première étape pour y contribuer est de propager largement son programme ainsi que les analyses publiées par son journal en ligne, l’ISKRA!

Ne restons pas les bras croisés en attendant que la situation ne se modifie par elle-même. Préparons-nous plutôt avec enthousiasme en vue des soulèvements qui approchent. Déjà, nous devons nous armer théoriquement en développant une compréhension juste des événements récents. Nous devons être attentifs à ce qui se passe dans tous les pays et à la situation particulière dans laquelle se trouvent nos frères et nos sœurs de classe partout dans le monde. Nous devons protester dès maintenant contre les attaques que les bourgeois nous font subir et lutter pour nos revendications légitimes. Et surtout, nous devons nous préparer pour les combats à venir en demeurant guidés par l’internationalisme prolétarien et en ayant comme perspective le renversement complet et définitif du capitalisme sur l’ensemble du globe terrestre!

Armons-nous de la théorie révolutionnaire en vue de la prochaine vague mondiale de révoltes populaires!

Poursuivons la lutte pour reconstruire le camp de la révolution communiste!

Vive le combat de la classe ouvrière internationale et des masses populaires du monde entier!

Vive la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses!

Bannière du Parti Communiste Révolutionnaire

Le 28 janvier dernier, des partisans et des sympathisants du PCR se sont réunis à la Maison Norman Bethune pour souligner le 13e anniversaire du parti. Lors de la soirée, un discours faisant un retour sur la dernière année de lutte a été livré avec vigueur. Les partisans ont ensuite chanté l’internationale et ont scandé à l’unisson le slogan : le seul parti de la classe ouvrière, le parti communiste révolutionnaire! C’est avec une combativité et un enthousiasme renouvelés que les militants du Parti entament maintenant la prochaine année de combat. Vive la lutte révolutionnaire pour le pouvoir prolétarien et le communisme!

Voici le discours prononcé lors de l’événement :

«Bonsoir camarades,

C’est une tradition que de se réunir chaque année, le 28 janvier, pour célébrer l’anniversaire de fondation de notre parti, le Parti communiste révolutionnaire, il y a 13 ans déjà.

Emparons-nous de cette occasion pour revenir brièvement sur l’expérience de la dernière année de travail politique.

Après que nos rangs aient été épurés de leurs restes d’opportunisme, de gauchisme et de pratiques petites-bourgeoises, nous avons entrepris de revenir à l’essence du mouvement communiste international.

Nous avons partagé le plus largement possible, à coup de milliers de journaux et grâce à un travail pratique orienté, la définition des 10 grands groupes du prolétariat qui totalisent le grand procès de production qui a cours au pays.

Notre journal ISKRA est devenu plus prolifique quant à ses analyses du mouvement ouvrier, mouvement ouvrier qui chaque semaine vient briser l’impression d’harmonie dans la société, qui chaque semaine vient révéler la contradiction travail-capital.

L’ISKRA s’est penché plus assidûment sur la production, le fondement de notre société. Il a donné à la centralité ouvrière la place qui lui revient dans notre propagande.

Et tel un véritable organisateur collectif, l’ISKRA a guidé le travail des partisans aux portes des usines, plus spécialement celles menacées de fermeture de même que celles en grève ou en lock-out.

Nous avons croisé le chemin de plusieurs travailleurs dans la province :

• les ouvriers qualifiés des raffineries VOPAK à Montréal,
• les ouvriers de l’usine de valves VELAN dans l’Est de l’Île,
• les préposées aux bénéficiaires des résidences privées un peu partout,
• les métallurgistes de GALVANO à Beloeil,
• les cheminots du Canadien National,
• les ouvriers qualifiés de la production de poids lourds PACCAR à Sainte-Thérèse,
• les ouvriers spécialisés dans le désossage de l’usine OLYMEL à Princeville et leurs supporters de l’usine Unidindon à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville.

C’est donc dire que dans les dernières semaines, des centaines d’ouvriers ont arboré fièrement notre journal et que des milliers d’ouvriers ont pris connaissance de nos écrits en ligne et les ont partagés dans leurs réseaux.

Nous connectons avec les ouvriers du pays sur nulle autre question que celle de leur exploitation. Et c’est notre devoir de communistes de les appuyer dans leurs combats.

Nous renouons avec l’histoire de notre mouvement qui a toujours accordé une importance capitale à la liaison du parti avec la classe ouvrière.

Et force est de constater que c’est avec vivacité que les travailleurs s’emparent de la vérité, de la science qui émane de leur classe.

D’ailleurs, la bourgeoisie doit craindre que des communistes soient dans les luttes des masses tout comme il y a 13 ans, elle a commencé à craindre qu’un parti communiste s’installe d’un océan à l’autre au pays.

Nous pouvons nous réjouir du travail que nous avons entamé et de ses premiers effets. Nous progressons petit à petit. Tout nous porte à croire que nous continuerons de progresser. Notre expérience est formatrice et nous donne tout un élan.

Et nous pouvons être sûrs qu’à partir de maintenant, les choses ne peuvent aller qu’en s’améliorant.

D’autant plus que nous nous armons à faire la lumière sur toutes les conceptions anti-marxistes portées par des prétendus révolutionnaires.

Devant nous se dressent des problèmes nouveaux auxquels notre parti s’attaque avec entrain et maturité.

Que ce soit la croyance en la disparition de la classe ouvrière.

Ou encore la redéfinition idéaliste du maoïsme par un ensemble d’organisations dans le monde.

Et plus largement, la contestation de l’évidence matérialiste historique et du marxisme par le post-modernisme, le gauchisme littéraire et l’écologisme.

Revenons au maoïsme tel qu’en lui-même. Continuons d’assumer nos positions sur la centralité ouvrière, la production et les grands groupes. Et rappelons-nous que c’est dans la pratique que le problème va se régler, que la ligne juste va triompher.

Martelons que le développement des forces productives nous a conduits aux portes du socialisme et que le progrès n’est pas destructeur, bien au contraire. Affirmons haut et fort que la dictature du prolétariat est une nécessité et qu’elle permettra de poursuivre la production dans le meilleur intérêt de l’humanité toute entière.

Continuons de nous dresser contre la dilution des fondements du mouvement qui a poussé les masses laborieuses à se défaire de l’exploitation dans l’histoire.

Devant la nécessité politique de percer les grands groupes, continuons de défoncer des portes pour aller à la rencontre des ouvriers partout où ils sont.

Poursuivons le développement de nos analyses sur la production, sur la base de la société réelle, contrairement à ceux qui accordent la primauté aux idées et à la culture. Ce qui compte d’abord et avant tout, ce sont les rapports de production et leur transformation.

Visons à un jour à former des réseaux de travailleurs qui luttent pour le renversement de la bourgeoisie et pour la collectivisation des moyens de production.

Le prolétariat a besoin de sa direction ouvrière pour prendre le pouvoir.

Alors continuons de travailler pour la lui donner! Continuons le travail de nos prédécesseurs!

Bravo à nous tous et toutes pour le chemin parcouru!

Vive le PCR!»

Travailleurs de la constructions tournés vers l'horizon

En ce 1er mai 2020, Journée internationale des travailleurs et des travailleuses, nous publions ce texte pour rappeler aux prolétaires du Québec et du Canada que l’avenir de leur classe ne réside pas dans la société bourgeoise actuelle, société au sein de laquelle leur valeur n’est pas reconnue, au sein de laquelle leur voix est enterrée et dans laquelle ils sont constamment foulés aux pieds par la classe dominante qui les exploite. En ce 1er mai 2020, rappelons-nous que le combat à venir, c’est le combat pour le pouvoir prolétarien!

Parmi tout ce que la « crise de la COVID-19 » a fait apparaître au grand jour, il y a le fait que la société bourgeoise repose entièrement sur le travail physique et concret du prolétariat. Plusieurs intellectuels clamaient pourtant depuis des décennies que les prolétaires et les ouvriers n’existaient plus dans les pays comme le Canada. Ces idéologues bourgeois affirmaient que l’exploitation d’une classe par une autre ne correspondait plus à la réalité contemporaine et que tout le monde se fondait désormais dans une sorte de marmelade confuse et homogène. Ils affirmaient aussi que le travail manuel avait été remplacé par le travail « immatériel » et autres inepties du même genre. Mais voilà : avec les mesures de confinement des dernières semaines, toutes ces affirmations se trouvent clairement réfutées par les faits. Dès le début de la crise, on a vu apparaître une division tangible, une division on ne peut plus nette entre les personnes qui, d’un côté, ont pu poursuivre leur occupation habituelle en faisant du « télé-travail » et celles qui, de l’autre côté, ont été privées de leur gagne-pain ou bien ont été obligées de continuer à se rendre physiquement sur leurs lieux de travail (puisqu’elles occupaient un emploi « essentiel »). Qu’est-ce que cela signifie? Cela veut dire que la division sociale du travail est encore bien réelle, mais aussi que le fonctionnement de la société repose encore et toujours sur l’action matérielle quotidienne d’une masse de prolétaires. Cette masse de travailleurs et de travailleuses compose encore, d’ailleurs, la majorité de la population (ce qui se confirme aisément lorsque l’on jette un œil aux statistiques disponibles), et ce, malgré tout le tapage que font régulièrement les artistes, les journalistes, les professeurs d’université et les « personnalités publiques » en tout genre pour nous convaincre que le cœur de la société, ce sont les gens comme eux. Le confinement a également mis en lumière la contradiction fondamentale de la société actuelle, celle entre la bourgeoisie et le prolétariat. Nous avons vu, en effet, que les événements réels qui surviennent dans la société affectent les gens d’une manière radicalement différente selon qu’ils font partie de la minorité de riches vivant de revenus tirés de leur capital et ayant en leur possession des réserves d’argent considérables, ou bien qu’ils font partie de la vaste majorité de gens modestes ou pauvres vivant du travail salarié et ayant peu ou pas d’épargne. Pour les bourgeois, qui n’ont aucune obligation de travailler pour vivre, le confinement ne représentait pas un grave problème. Pour les prolétaires, qui dépendent de leur salaire pour leur survie et qui n’ont pratiquement pas de marge de manœuvre en cas d’ennuis, le confinement signifiait l’insécurité économique, l’angoisse et l’appauvrissement.

Les faits sont difficiles à démentir (même si la petite-bourgeoisie est experte en la matière) et les idéologues qui niaient, il n’y a pas longtemps, l’existence de la classe prolétarienne et la réalité du travail physique et exploité devront se faire silencieux pendant un moment. En effet, l’actualité médiatique a été occupée pendant des jours – surtout au début de la crise – par la réalité de différents groupes de prolétaires et d’ouvriers, groupes occupant diverses fonctions au sein du grand procès social de travail qui produit la société telle qu’elle existe. L’économie constituant la base de la société, il va de soi qu’une réorganisation aussi importante de la vie sociale qu’un confinement généralisé ne pouvait pas être axée sur autre chose que sur la réorganisation des grands secteurs de la production et du travail : transport, fabrication, commerce, services publics et utilités publiques, etc. Au sein de ce vaste procès de travail, il a par exemple fallu distinguer ce qui était « essentiel » de ce qui était « non-essentiel ». Alors que les travailleurs et les travailleuses de certaines catégories ont dû cesser complètement leur activité, d’autres ont été obligés de rester en poste, par exemple pour assurer la production des aliments, pour assurer le maintien des chaînes d’approvisionnement ou encore pour faire fonctionner les hôpitaux et l’ensemble du réseau de la santé. On a bien vu que sans la continuité du travail concret de ces milliers de prolétaires, tout allait s’écrouler. On s’est d’ailleurs mis à voir plein de petits-bourgeois (lesquels, en temps normal, ne s’intéressent pas le moindrement à la réalité de la production et du grand procès de travail qui leur permet de vivre) affirmer sur les réseaux sociaux qu’ils portaient attention pour la première fois au travail des employés de magasins, des caissières, des camionneurs, des livreurs, etc. Plusieurs de ces petits-bourgeois en quête d’attention se sont mis à remercier, de manière ostentatoire, ces travailleurs et ces travailleuses. Évidemment, ce n’était que pour se donner bonne conscience et « se racheter » de les avoir ignorés pendant des années – ce qu’ils vont d’ailleurs bien vite recommencer à faire.

En temps normal, les travailleurs et les travailleuses ne font pas les manchettes et ne reçoivent pas d’éloges. En règle générale, leur réalité n’intéresse peu ou pas les médias. En effet, dans la société capitaliste, ce sont les personnalités qui ont accompli des « exploits » individuels qui sont mises sur un piédestal. Les gens qui sont encensés dans les médias, ce sont les sportifs bourgeois comme Laurent Duvernay-Tardif, les artistes fils-à-papa comme Xavier Dolan, les « entrepreneurs » à la Alexandre Taillefer, les activistes vedettes à la Dominique Champagne, les astronautes comme David Saint-Jacques, les chanteurs, les écrivains, les chercheurs universitaires, les aventuriers, etc. Si la société bourgeoise met ces personnalités de l’avant, c’est pour renforcer l’illusion que ce sont les individus qui produisent le monde et non les masses. Ainsi, la bourgeoisie cherche à véhiculer l’idée que certains individus particulièrement intelligents et talentueux ont tout bâti et ont tout construit, alors qu’en réalité, tout a été produit par le travail combiné de millions de prolétaires anonymes qui n’ont jamais demandé l’attention de personne. En fait, les « grandes personnalités » ne produisent à peu près rien du tout. Leurs « accomplissements » ne sont rien d’autre que le produit de l’activité des millions d’êtres humains qui les entourent et qui sont venus avant eux, produit qu’ils s’approprient pour briller, se construire une carrière, s’enrichir et surtout, ne pas avoir à travailler comme tout le monde. Souvent, ces personnes ont bénéficié de conditions matérielles extrêmement favorables qui leur ont permis de développer leurs « talents » et à présent, elles s’en servent pour parasiter la société, ce qui est d’ailleurs la seule chose qu’elles savent faire. En général, ces « héros » de la bourgeoisie regardent les prolétaires de haut et jugent leur vie bien trop « ordinaire » pour être digne d’intérêt. Pourtant, les véritables héros, ce sont les millions de travailleurs et de travailleuses sans histoire qui s’activent chaque jour pour apporter leur petite contribution à la vie sociale. Les vrais héros, ce sont ces millions de prolétaires qui prennent part quotidiennement au vaste processus collectif transformant le monde et améliorant le bien-être de l’humanité. En réalité, la chose la plus noble et la plus élevée qu’il soit possible d’accomplir, ce n’est pas l’obtention d’un doctorat, la réalisation d’une œuvre d’art, la victoire aux Jeux Olympiques, le fait d’être allé dans l’espace ou d’autres choses du même ordre. Au contraire, la chose la plus admirable qu’il soit possible de faire, c’est réaliser quotidiennement avec ses camarades une simple tâche parcellaire au sein du grand procès social de production et de travail qui permet à l’humanité de vivre. Prises séparément, ces tâches semblent à première vue n’avoir rien d’extraordinaire. Mais lorsqu’on les prend comme un tout, on saisit toute leur importance : on comprend que chacune d’entre elle est nécessaire à la reproduction de la société et que s’il n’y avait personne pour les accomplir humblement, la civilisation humaine s’effondrerait en un instant.

Cela dit, depuis le début de la crise, quelque chose d’anormal semble être en train de se passer. Alors que d’habitude, ce sont les « héros » de la bourgeoisie qui occupent toute la place dans les médias, on entend tout à coup parler des prolétaires et de leur rôle indispensable dans la société. Le premier ministre Legault, dès le début de l’état d’urgence sanitaire, a par exemple semblé vouloir exprimer une profonde gratitude envers les infirmières et les préposées aux bénéficiaires en se mettant à les appeler « nos anges gardiens ». Plus encore, lors de ses insupportables « remerciements du jour », il s’est mis à louer les efforts quotidiens de toutes sortes de catégories spécifiques de travailleurs et de travailleuses. Parmi les prolétaires encore au travail, presque tout le monde y est passé, du personnel des hôpitaux aux caissières de magasins, en passant par les livreurs et les camionneurs. Que s’est-il passé? Les rapports entre les classes ont-ils changé dans la société? Pas le moindrement. En réalité, la « glorification » de certaines catégories de travailleurs et de travailleuses à laquelle on a assisté dernièrement n’avait rien à voir avec une réelle reconnaissance, par la société bourgeoise, de leur contribution. La bourgeoisie, qui exploite les prolétaires à l’année longue, n’a pas commencé au mois de mars dernier à se soucier de la vie des travailleurs et des travailleuses. En fait, ce qu’il faut comprendre, c’est que l’exécutif gouvernemental bourgeois, à travers ces remerciements et ces louanges hypocrites, cherchait simplement à favoriser l’obéissance et la soumission des prolétaires qu’il envoyait au travail malgré les risques associés au virus, un peu comme un général chante l’honneur et la gloire des soldats qu’il envoie se faire sacrifier comme de la chair à canon sur le champs de bataille. Nous pouvons être certains d’une chose, c’est que sous le gant de velours du premier ministre se cache une main de fer. D’ailleurs, parallèlement à son discours « plein de gratitude envers les prolétaires », François Legault accusait de manière à peine voilée les masses populaires d’être responsables de la propagation du virus. Il a notamment accusé gratuitement, dès les premiers jours, les jeunes prolétaires de ne pas écouter les consignes. Plus tard, il a laissé entendre de manière implicite que le chaos dans le réseau de la santé était en partie causé par l’absentéisme des travailleuses du réseau, présumant que plusieurs d’entre elles étaient parties non pas pour des raisons de santé mais simplement parce qu’elles avaient peur (ce qui serait tout de même parfaitement compréhensible et ne constituerait en rien la cause des problèmes auxquels nous assistons). Mais son mépris de classe s’est révélé de manière manifeste lorsqu’il a laissé sous-entendre que les médecins spécialistes allaient pouvoir effectuer sans aucune difficulté (et sans aucun entraînement) le travail des infirmières et des préposées aux bénéficiaires, tout en ajoutant, sur un ton plein de condescendance envers les prolétaires assurant l’entretien des installations du réseau de la santé, « [qu]’on ne leur demande pas [aux médecins spécialistes] de laver le plancher dans les CHSLD ». Ne nous méprenons pas : les remerciements de l’État bourgeois envers les travailleurs et les travailleuses ne servent à rien d’autre qu’à les encourager à se sacrifier pour sauver le Capital. Soyons assurés que la situation reviendra bien vite à la normale, que les masses laborieuses seront à nouveau ignorées par les médias et que l’ensemble des prolétaires qui auront déployé des efforts incroyables pour vaincre le virus seront complètement oubliés par le gouvernement. Comme l’a si bien résumé une camionneuse interviewée sur les ondes de Radio-Canada au début de la crise : « Avant, on était des moins que rien. Maintenant, on est devenus des héros. Mais dans pas longtemps, on va redevenir des zéros. » Tel est le sort réservé aux prolétaires sous le capitalisme : alors qu’ils constituent la majorité de la population et qu’ils sont ceux qui permettent à la société de fonctionner, ils sont méprisés et leur voix est complètement étouffée par la bourgeoisie.

C’est seulement lorsque le prolétariat détiendra le pouvoir que le mépris dont il fait l’objet prendra fin et que les travailleurs et les travailleuses seront appréciés à leur juste valeur. Sous le socialisme, le travail réalisé par les prolétaires et les ouvriers sera honoré réellement et en permanence. Cette glorification ne sera d’ailleurs pas qu’en paroles : elle se traduira aussi matériellement dans la mise en place de toutes sortes de mesures pour améliorer le bien-être des masses laborieuses et pour rendre leur vie plus facile. Des mesures seront également mises en place pour favoriser la participation du plus grand nombre de prolétaires aux décisions politiques et économiques. Les institutions qui seront érigées auront toutes pour fonction de servir le peuple. Finalement, toutes les décisions seront prises en fonction des intérêts des travailleurs et des travailleuses plutôt qu’en fonction d’une minorité de parasites comme c’est le cas sous le régime bourgeois. Cette société socialiste, elle est devant nous, elle est à venir. Il n’en tient qu’à nous, prolétaires, de lutter pour sa réalisation!

 

Graffiti du PCR pour le premier mai 2019

Cette année, le 1er mai revêt une signification spéciale pour le prolétariat canadien. Il coïncide avec le centenaire d’un événement dont le souvenir demeure à jamais gravé dans sa mémoire, un événement qui, à l’époque, lui a permis de tirer des enseignements fondamentaux et surtout de forger des armes indispensables lui servant encore aujourd’hui dans sa lutte contre les capitalistes: la Grève générale de Winnipeg.

Le 1er mai 1919, les ouvriers de la construction de Winnipeg – suivis le lendemain par ceux de la métallurgie – ont déclenché une grève dans le but d’obtenir de meilleurs salaires, des journées plus courtes ainsi que la reconnaissance syndicale. Deux semaines plus tard, suite au refus catégorique des patrons de négocier avec les ouvriers, le Conseil des métiers et du travail de Winnipeg a annoncé, après consultation de ses membres, le déclenchement d’une grève générale en appui aux travailleurs de la construction et aux métallurgistes. Plus de 30 000 travailleuses et travailleurs syndiqués et non-syndiqués – sur une population de 200 000 personnes – ont entamé un débrayage qui allait paralyser l’économie capitaliste dans la ville pendant six semaines. Un Comité de grève a été mis en place et a pris en charge l’administration des services municipaux essentiels, tels que la livraison de nourriture et la distribution d’eau. Des grèves de solidarité ont été déclenchées dans une vingtaine de villes partout au pays, de la Colombie-Britannique à la Nouvelle-Écosse. À Montréal, une assemblée populaire réunissant des prolétaires anglophones, francophones et immigrants a adopté une motion en appui au mouvement. Sous l’impulsion des travailleurs et des travailleuses de Winnipeg, le pays s’est littéralement embrasé, ébranlant la bourgeoisie et les fondements de son régime d’exploitation.

Alors que certains commémoreront les 100 ans de la Grève générale de Winnipeg de façon purement intellectuelle, en étant complètement déconnectés de la lutte des classes actuelle, voire en niant son existence, le Parti communiste révolutionnaire (PCR) appelle à souligner dans le combat politique contre les capitalistes de notre époque cet anniversaire dont la charge symbolique ne peut et ne doit servir qu’à inspirer les travailleurs et les travailleuses d’aujourd’hui pour leurs batailles à venir et surtout à renforcer leur volonté de renverser une fois pour toutes la société bourgeoise. Notre parti appelle donc à descendre dans la rue le 1er mai et à prendre d’assaut le centre financier et commercial de la bourgeoisie impérialiste canadienne à Montréal, un des quartiers au pays où se concentrent de nos jours les richesses produites par la classe ouvrière et dont elle continue d’être spoliée. Le rassemblement est prévu à 18 h 30 au Square Phillips. Nous appelons les masses à passer à l’offensive, à affronter les capitalistes et leur appareil de répression dans la rue et à cibler les intérêts bourgeois, en mettant à l’avant-plan l’unité du prolétariat et sa volonté de prendre le pouvoir pour transformer la société et abolir l’exploitation.

Aujourd’hui, alors que la nécessité du socialisme devient de plus en plus pressante avec la crise de longue durée dans laquelle le capitalisme mondial est plongé depuis des décennies, alors que la contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie s’aiguise dans tous les pays, y compris le nôtre – on n’a qu’à penser aux récentes attaques contre les masses laborieuses telles que la loi spéciale du gouvernement Trudeau visant à forcer le retour au travail des employés de Postes Canada –, alors que les conditions de vie du peuple se détériorent et que les feux brûlent partout dans la société, les travailleurs et les travailleuses doivent impérativement renouer avec les traditions de lutte de leur classe et s’emparer à nouveau des moyens d’action qu’elle a historiquement développés au cours de ses nombreux combats contre les capitalistes.

En ce moment, les perspectives émancipatrices pour toute la classe font défaut au sein du prolétariat canadien, tandis qu’avec ses puissantes forces productives et les richesses incroyables qu’il contient, le pays est mûr depuis longtemps pour la collectivisation des moyens de production et la prise en charge par les masses de l’organisation de la société. Il est donc urgent de se saisir des formes d’action qui favorisent l’unité de l’ensemble des prolétaires, qui permettent de mettre de l’avant les besoins fondamentaux de notre classe et, surtout, qui font progresser la lutte révolutionnaire pour renverser le pouvoir bourgeois et le remplacer par le pouvoir ouvrier. En somme, il faut développer notre initiative et, en nous servant de l’expérience accumulée historiquement par la classe ouvrière et les masses populaires, construire le camp de la révolution communiste!

Les manifestations prolétariennes combatives constituent l’une de ces formes de lutte faisant depuis longtemps partie de l’arsenal de combat du prolétariat canadien et international, une forme de lutte percutante aujourd’hui employée par les masses presque partout dans le monde – notamment à l’occasion du 1er mai – et qui doit se généraliser ici afin de placer la bourgeoisie sur la défensive et faire progresser le mouvement révolutionnaire. C’est aussi l’une des formes de lutte que la Grève générale de Winnipeg de 1919 a mises de l’avant. Le 21 juin 1919, lors d’une importante manifestation des grévistes près de l’hôtel de ville de Winnipeg, les manifestants et les manifestantes ont attaqué un tramway opéré par des briseurs de grève, l’ont renversé et y ont mis le feu – une action qui fut immortalisée par une photo célèbre qui symbolise désormais cette grève historique.

Malheureusement, les grévistes n’étaient pas suffisamment préparés à la dureté de la répression qui allait suivre ce jour-là, aujourd’hui connu sous le nom de «Samedi sanglant»: après la lecture par le maire de la ville de la Loi contre les émeutes, les policiers à cheval de la Gendarmerie Royale du Nord-Ouest (l’ancêtre de la GRC) ont chargé les manifestants, les ont frappés à coups de matraques et ont tiré sur la foule, tuant deux grévistes et en blessant des dizaines d’autres. Les grévistes en déroute ont ensuite été pourchassés et tabassés à travers les rues de la ville, avant que celles-ci ne soient finalement occupées par l’armée. Malgré que les manifestants aient résisté tant bien que mal à l’assaut des forces répressives, réussissant à causer quelques dégâts dans le camp adverse, ils n’ont pas pu tenir le coup longtemps.

Loin de signifier, comme pourraient le penser certains pacifistes, que les grévistes n’auraient pas dû faire usage de la violence, cet épisode démontre au contraire qu’il aurait fallu user d’une violence plus grande et mieux organisée afin de répliquer à la violence réactionnaire et repousser les attaques des capitalistes. Il est à noter que la répression – incluant la formation d’une milice de fiers-à-bras équipés de battes de baseball, le déploiement de militaires armés de mitrailleuses, une charge brutale le 10 juin contre une foule pacifique rassemblée pour écouter un discours ainsi que l’arrestation et la détention de plusieurs dirigeants de la grève le 17 juin – avait débuté avant les événements du Samedi sanglant, ce qui montre que la bourgeoisie, qui voyait ses profits menacés par la grève, avait l’intention dès le départ de mater le mouvement par la force.

La Grève générale de Winnipeg – ainsi que le mouvement de grève qui a déferlé à travers tout le pays sous son impulsion – a marqué un point tournant dans la lutte des classes au Canada. Elle a marqué l’entrée décisive de la classe ouvrière sur la scène politique en tant que classe indépendante, sur la base de ses revendications légitimes et de son aspiration au socialisme. Elle s’est caractérisée pendant toute sa durée par une confrontation intense entre les travailleurs et les travailleuses d’un côté et les capitalistes et leur État de l’autre, et c’est pourquoi elle a fait bondir la conscience de classe du prolétariat au pays.

Elle a renforcé, comme ne l’avait fait aucun événement auparavant, l’unité du prolétariat à travers tout le Canada, amenant hommes et femmes, canadiens d’origine et immigrants, anglophones et francophones à marcher comme une seule armée et à lutter côte-à-côte contre la bourgeoisie, et ce, en dépit des appels racistes de cette dernière à combattre les «ordures étrangères», pointées du doigt comme étant les responsables du mouvement. Elle a établi comme composantes fondamentales du mouvement ouvrier canadien des revendications essentielles et des moyens de lutte incontournables. C’est elle qui a mis de l’avant la lutte pour la journée de huit heures, le droit à la reconnaissance syndicale et à la négociation collective. Elle a frayé la voie à l’essor du syndicalisme industriel – en opposition au syndicalisme de métier – dans les décennies suivantes, ce qui, à l’époque, marquera un réel progrès dans l’organisation de la classe ouvrière. Surtout, elle a permis au prolétariat canadien de s’emparer d’une nouvelle forme de lutte, la grève générale, une arme dont il faudra bien qu’il se serve à nouveau dans les années à venir.

La Grève de Winnipeg a contribué à faire prendre conscience à un grand nombre de prolétaires que la lutte économique des travailleurs demeure vaine si elle ne se transforme pas en une lutte politique pour renverser le pouvoir des exploiteurs et instaurer le socialisme. Plusieurs leaders ouvriers de l’époque, y compris certains dirigeants de la grève de 1919, partageaient déjà ce point de vue avant les événements.

En mars 1919, soit quelques semaines avant la grève, avait eu lieu à Calgary un congrès du travail – la Conférence ouvrière de l’Ouest canadien – auquel avaient pris part des représentants du Conseil des métiers et du travail de Winnipeg. Lors de ce congrès avaient été adoptées des résolutions appelant à l’abolition du capitalisme ainsi qu’au soutien à la révolution bolchévique qui venait d’avoir lieu en Russie deux ans plus tôt. L’une de ces résolutions spécifiait même que le but du mouvement ouvrier canadien devait être la dictature du prolétariat au Canada: «Le congrès déclare son acceptation complète du principe de “dictature du prolétariat” comme étant absolu et efficace pour transformer la propriété privée capitaliste en une richesse collective et envoie ses souhaits fraternels au gouvernement soviétique russe. […]» Lors d’une allocution devant le jury qui le jugeait pour son rôle dans la grève, John Queen, l’un des principaux dirigeants du mouvement, a fait une déclaration démontrant ses prises de position radicales: «Finalement, la contestation de la classe ouvrière ne pourrait pas se limiter à des améliorations venant de l’intérieur de la structure du système économique existant; si elle veut se libérer de façon permanente, elle est obligée de combattre le capitalisme lui-même. Ainsi est né le socialisme moderne… et le mouvement ouvrier se fond avec le socialisme…»

C’est précisément le sens du slogan «luttons pour le socialisme et nos revendications» que notre Parti met de l’avant: les travailleurs et les travailleuses ne doivent pas se contenter de lutter isolément les uns des autres pour leurs revendications spécifiques et immédiates; ils et elles doivent au contraire s’unir et combattre pour les intérêts fondamentaux et à long terme de toute la classe, c’est-à-dire chercher à étendre ces luttes revendicatives au renversement de la société bourgeoise dans son ensemble. Car sans le socialisme, la satisfaction de leurs revendications demeure toujours partielle et éphémère.

La Grève de Winnipeg a également permis au prolétariat canadien de faire l’expérience des limites de la grève générale comme moyen de renverser le capitalisme si elle n’est pas subordonnée à la lutte armée pour vaincre les forces répressives de la bourgeoisie. Les événements du Samedi sanglant sont d’ailleurs venus confirmer ce que Lénine avait déjà entrevu quelques années plus tôt, en s’appuyant sur l’expérience du mouvement révolutionnaire en Russie, à savoir que les capitalistes, lors d’une grève générale paralysant l’économie, sont presque inéluctablement poussés à recourir à la violence pour relancer le procès de production et l’accumulation de profits: «Dans ces conditions, la grève peut devenir – bien plus: dans la plupart des cas, il est inévitable qu’elle devienne – une collision directe et immédiate avec les forces armées.» Cela signifie que sans une préparation suffisante pour faire face à la contre-attaque organisée de la bourgeoisie, sans l’armement du prolétariat et la prise en charge de l’affrontement militaire avec l’État bourgeois, la grève générale, si elle ne s’estompe pas d’elle-même, est vouée à être écrasée par la réaction. Dans le futur, afin de ne pas répéter les erreurs du passé et de surmonter les insuffisances de l’expérience de 1919, les grèves générales que le mouvement révolutionnaire fera émerger seront intégrées dans une forme de combat supérieure: la guerre populaire prolongée.

Finalement, la Grève générale de Winnipeg a contribué à faire prendre conscience aux ouvriers et aux ouvrières avancés de la nécessité de former un parti politique prolétarien indépendant afin de diriger et de mener à terme la lutte contre la bourgeoisie et elle a préparé le terrain à la création, deux ans plus tard, d’un tel parti – le Parti communiste du Canada (PCC). Ce parti, dont ont été membres un bon nombre de grévistes du mouvement de 1919, a constitué pendant deux décennies, avant de dégénérer et d’abandonner la voie révolutionnaire dans les années 1940, l’organisation d’avant-garde dont la classe ouvrière canadienne avait besoin et qui avait fait défaut lors de la Grève de Winnipeg.

Aujourd’hui, le mouvement communiste au pays renaît de ses cendres: un nouveau parti prolétarien d’avant-garde, le PCR, se bâtit en reprenant le flambeau du PCC d’autrefois afin de préparer la lutte armée et de diriger la révolution contre la bourgeoisie impérialiste canadienne. Les partisans et les partisanes du PCR représentent aujourd’hui les véritables continuateurs du combat historique du prolétariat canadien pour son émancipation. C’est en ayant à l’esprit la nécessité de préserver le fil conducteur de cette longue et formidable expérience qu’ils et elles manifesteront le 1er mai à Montréal et rendront un puissant hommage aux ouvriers et aux ouvrières ayant participé au mouvement de grève historique de 1919!

Travailleurs, travailleuses, prenez part au mouvement pour abolir le capitalisme et l’exploitation! Joignez-vous à la manifestation du 1er mai dans le centre financier de la métropole! Rassemblons-nous à 18h30 au Square Phillips! Montrons-nous à la hauteur des combats passés du prolétariat: osons affronter la bourgeoisie et ses forces répressives dans la rue! Nous sommes les Continuateurs!