Montage d'architecture diverses teintée en rouge

Le discours suivant a été prononcé le 1er octobre dernier lors du lancement de notre livre « Le Nouvel Idéalisme : Comment le postmodernisme sert les fins du capital». Veuillez noter que le livre est présentement en vente tous les samedis à la Maison Norman Bethune. Le texte du livre est également disponible en intégralité sur le site des Cahiers canadiens du matérialisme historique.

Dans les dernières années, on a vu éclater des scandales à propos de ce qu’on appelle « l’appropriation culturelle », les « climats de travail toxiques », le « racisme systémique », les « micro-agressions », etc. On a vu la politique de l’identité et les idéologies petites-bourgeoises dominer l’actualité. À présent, toutes les semaines, on entend parler des « woke », de la « culture du bannissement », du dogmatisme des étudiants universitaires. Les travailleurs se questionnent et cherchent à se positionner. Mais personne ne leur fournit les armes adéquates pour comprendre.

Les idéologues réactionnaires indignés en profitent pour cibler l’extrême-gauche. Ils sèment la confusion. D’abord, la nouvelle « gauche » qui domine n’a rien à voir avec l’extrême-gauche authentique qui est l’héritière de Marx, de Lénine et du mouvement communiste du 20e siècle. Mais surtout, les aberrations qu’ils pointent du doigt n’appartiennent pas à une chapelle politique précise. Elles n’appartiennent pas à l’un des deux côtés de la joute politique bourgeoise traditionnelle. Elles sont le fruit d’un vaste mouvement qui traverse toute la société contemporaine.

Expliquer, critiquer et entamer le combat pour détruire ce mouvement, c’est ce que nous faisons aujourd’hui avec la parution de ce livre. Le nouvel idéalisme est un livre offensif. Certains le qualifieront de provocateur. Ce n’est pas une fausse rupture avec le postmodernisme comme on en voit trop. Ce n’est pas une critique partielle. Ce n’est pas une critique purement idéologique et intellectuelle. Ce n’est pas une critique conservatrice. C’est une critique radicale, matérialiste, complète et exhaustive : une critique sans compromis avec les idées dominantes de la petite-bourgeoisie. C’est l’analyse d’un phénomène beaucoup plus large et significatif que ce que laissent entendre les détracteurs habituels du postmodernisme, qu’ils soient de droite ou « de gauche ». C’est un livre à propos de notre époque.

La bourgeoisie est à bout de souffle. Son temps est révolu. Elle ne représente plus le progrès. Elle ne représente plus le développement. Elle ne représente plus la science. Tout ce qu’elle incarne en réalité, c’est le parasitisme et la débandade de l’impérialisme : la débâcle en Afghanistan, les affrontements stériles entre l’Ouest et la Chine, les bidonvilles dans le tiers-monde, la stagnation des salaires et des conditions de vie, la dégradation des métropoles, l’incertitude et la misère des travailleurs.

Mais la bourgeoisie a un allié précieux. Les intellectuels. Ils répandent leur idées confuses et trompeuses. Ils sont rétrogrades, mais se présentent comme avant-gardistes. Ils accusent les masses d’être arriérées et de ne pas suivre leurs préceptes. Ils camouflent l’exploitation, la décadence du capital, les crimes des armées bourgeoises. Ils monopolisent l’arène politique avec leurs inepties et leurs chimères. Ils bloquent notre lutte pour la libération du travail. Ils prolongent l’existence de la bourgeoisie qui, sans eux, serait rapidement balayée par la classe ouvrière.

L’époque se caractérise par la fusion de deux éléments. Le premier, c’est la stagnation du capitalisme qui fait disparaître les idées tournées vers l’avenir, les idées d’innovation scientifique, les idées de révolution. Cette stagnation rend la petite-bourgeoisie pessimiste et l’amène à vouloir revenir en arrière. Le deuxième élément, c’est le perfectionnement de la démocratie, que personne ne semble voir. Il résout les contradictions inutiles et apaise les antagonismes superflus. Il accorde la liberté aux intellectuels et les transforme en enfants gâtés de la société bourgeoise. Il sape les bases de la lutte démocratique dans laquelle se cantonnent les militants depuis les années 1960. En fait, il a déjà satisfait depuis un bon moment leurs revendications – leurs seules revendications. Alors le militantisme doit s’inventer de plus en plus. Il s’idéologise et dégénère. La petite-bourgeoisie idéaliste lui fournit ses nouveaux mots d’ordre et ses nouveaux concepts.

Les militants postmodernes veulent lutter contre le capitalisme parce qu’ils croient qu’il renforce l’oppression et qu’il est en train de mener au fascisme. La bourgeoisie est d’accord avec eux : elle luttera elle aussi contre le « capitalisme » si c’est ainsi qu’on le définit. Le capitalisme réel, celui fait de rapports de production, de rapports d’exploitation, les militants ne le combattent plus. Le postmodernisme l’a fait disparaître de leur tête. Au lieu de la lutte pour émanciper les travailleurs, on voit se développer des luttes contre les « systèmes d’oppression », contre le « privilège » blanc et masculin, contre des fascistes imaginaires.

Mais tout cet échafaudage d’idées et de concepts est bâti sur du sable. Le prolétariat le fera s’écrouler en se levant contre l’exploitation. Avec notre critique du postmodernisme, nous faisons aujourd’hui exister une option politique qui n’existait pas au Canada. Nous sommes les seuls à combattre le capitalisme et à rejeter entièrement les délires de la petite-bourgeoisie. Nous sommes les seuls à brandir le flambeau du matérialisme historique et à poursuivre de manière conséquente la lutte pour le communisme.

Alors camarades, lisez Le Nouvel idéalisme! Faites-le connaître à vos amis! Soyez assurés qu’il fera parler du PCR et qu’il alimentera la haine des petits-bourgeois à notre égard! Nous riposterons aux attaques et nous poursuivrons ensemble, sans nous laisser distraire, notre combat pour la révolution socialiste.