Travailleur devant un vitrail rouge et bleu

Le Parti communiste révolutionnaire du Canada lance aujourd’hui son nouvel organe central : le journal Cause ouvrière. Ce dernier remplace le journal Iskra ayant constitué l’organe central du Parti entre 2018 et 2021 et n’ayant officiellement plus d’existence à partir de maintenant. C’est à présent dans le journal Cause ouvrière que seront diffusés les points de vue, les mots d’ordre et les analyses du PCR-Canada. La mise sur pied de Cause ouvrière s’inscrit dans une réorganisation générale du système de propagande du Parti, réorganisation rendue nécessaire à cette étape-ci de la reconstruction de l’organisation. La création de Cause ouvrière s’accompagne ainsi du lancement des Cahiers canadiens du matérialisme historique, une revue politique et théorique qui servira de complément au journal.

Le journal Cause ouvrière s’inscrira dans la continuité politique avec le journal Iskra. Cela dit, il s’en distinguera sur le plan de la forme et de la méthode, et il le surclassera sur le plan du style et de ses qualités techniques. Notamment, le journal Cause ouvrière aura une forme hybride, c’est-à-dire à la fois celle d’un journal électronique et celle d’un journal papier devant paraître à une fréquence régulière. Notre expérience des dernières années a montré que c’est la combinaison de ces deux formes qui permet d’obtenir les meilleurs résultats en terme de rayonnement de notre propagande. La forme électronique permet au Parti de s’exprimer en continu sur l’actualité nationale et internationale de la lutte des classes. Elle offre une grande souplesse qui permet de réagir rapidement aux événements qui traversent la société et de se positionner en temps réel sur une très grande quantité d’enjeux et de questions. Ainsi, c’est dans le journal en ligne que seront publiés la majorité des articles de Cause ouvrière. Par ailleurs, la forme électronique du journal permet de rayonner rapidement au-delà de ce que permet la simple diffusion d’un journal physique. Elle permet de compenser certaines limites organisationnelles et de rejoindre des groupes de prolétaires difficilement atteignables autrement à ce stade-ci du développement du Parti. Le journal papier, quant à lui, permet d’aller directement à la rencontre des travailleurs, de faire connaître le journal à des ouvriers toujours plus nombreux et de faire pénétrer plus profondément et plus solidement la propagande communiste dans les masses prolétariennes. Aussi, le journal papier offre un outil de travail vivant, tangible et permanent aux militants révolutionnaires, outil leur permettant de déployer leurs forces de manière coordonnée et unifiée vers la classe ouvrière. Il permet de se lier concrètement aux masses; de rassembler et d’organiser des prolétaires. La lutte révolutionnaire se déroule dans le monde réel et non sur internet. Un journal strictement électronique n’est pas un outil complet et n’a pas la force nécessaire pour entraîner à l’action et générer une action communiste réelle. C’est pourquoi l’inauguration de Cause ouvrière est marquée par la sortie d’un premier numéro imprimé, numéro qui sera suivi de trois autres parutions au cours de l’année. Dans le futur, la fréquence de parution des numéros imprimés sera appelée à s’accroître.

L’une des fonctions essentielles du journal Cause ouvrière sera de rassembler des militants favorables aux intérêts de la classe ouvrière, de les mettre en mouvement et d’en faire des communistes éclairés et conscients. Le journal devra interpeller largement les masses et servir à leur mobilisation en donnant le goût de l’action. Le journal cimentera l’activité des ouvriers révolutionnaires, tant sur le plan idéologique que sur le plan organisationnel. En ce sens, il devra servir d’organisateur collectif. Comme l’a écrit Lénine en 1901 dans Par où commencer :

« Le journal ne borne pas cependant son rôle à la diffusion des idées, à l'éducation politique et au recrutement d'alliés politiques. Il n'est pas seulement un propagandiste collectif et un agitateur collectif; il est aussi un organisateur collectif. On peut à cet égard le comparer à l'échafaudage dressé autour d'un bâtiment on construction; il ébauche les contours de l'édifice, facilite les communications entre les différents constructeurs, à qui il permet de répartir la tâche et d'embrasser l'ensemble des résultats obtenus par le travail organisé. Avec l'aide et à propos du journal se constituera d'elle-même une organisation permanente, qui ne s'occupera pas seulement d'un travail local mais aussi général et régulier, habituant ses membres à suivre de près les événements politiques, à apprécier leur rôle et leur influence sur les diverses catégories de la population, à trouver pour le parti révolutionnaire la meilleure façon d'agir sur ces événements. »

 Avec la mise sur pied de Cause ouvrière, le Parti vise à développer un journal central pour tout le Canada. Afin de construire un mouvement révolutionnaire vraiment unifié à l’échelle de tout le pays, le développement d’un appareil de direction idéologique unique et centralisé est absolument indispensable. Évidemment, l’expansion du mouvement révolutionnaire fera éventuellement naître une multitude de journaux et d’outils propagandistes (tracts, brochures, etc.) locaux et spécialisés partout sur le territoire. Mais ceux-ci devront impérativement se subordonner à l’organe central du Parti. Ils joueront le rôle de courroies de transmission servant à diffuser de manière tentaculaire les grands mots d’ordre et les grandes analyses du Parti en les appliquant à des enjeux plus spécifiques et localisés. Sans le développement d’un organe central pour tout le pays, il est impossible de construire un mouvement cohérent et de marcher comme une seule armée pour vaincre la bourgeoisie. En fait, sans organe central, la propagande et l’action des militants révolutionnaires ne peuvent que demeurer étroitement locales. Elles ne peuvent pas servir à la constitution du prolétariat en classe pour soi et ne peuvent pas exprimer « les intérêts du mouvement dans sa totalité ». Par ailleurs, sans journal pour tout le Canada, un parti composé de militants géographiquement séparés serait éventuellement amené à se disloquer sous la pression du subjectivisme et à se scinder en organisations de nature divergente. Cela dit, nous reconnaissons comme une nécessité objective le développement inégal de la révolution. C’est pourquoi nous n’attendons pas d’être présents partout et d’avoir une activité de même intensité dans tous les coins du pays pour mettre sur pied notre organe central. De la même manière, nous n’attendons pas d’avoir les capacités pour traiter dès le départ avec la même insistance de tous les enjeux qui traversent l’ensemble des régions du Canada. Inévitablement, le développement du journal reflétera, surtout dans ses premiers stades, le développement inégal du Parti d’une région à l’autre du pays.

Cause ouvrière sera un journal politique. Il ne s’agira pas d’un journal syndical se cantonnant dans le rapport immédiat entre patrons et travailleurs. Notre journal ne se contentera pas de refléter l’état du mouvement ouvrier et les luttes économiques spontanées des travailleurs. Il servira à élever la conscience de classe des prolétaires, à les entraîner à l’action révolutionnaire et à développer le combat politique pour mettre la classe ouvrière au pouvoir. Il servira à défendre et à populariser le programme de la révolution communiste canadienne et à construire le parti qui en est le porte-étendard, le PCR-Canada. Le journal Cause ouvrière sera complètement au service de l’objectif de la fusion du mouvement ouvrier et du socialisme. Autrement dit, il aura pour fonction de faire pénétrer les perspectives révolutionnaires dans le mouvement ouvrier et de lui révéler son but historique : l’abolition de l’exploitation capitaliste et l’instauration d’une société sans classes. Il servira au développement d’un fort courant communiste dans le mouvement ouvrier, courant qui devra, à terme, transformer le mouvement et en prendre la direction pour guider les travailleurs vers la prise du pouvoir. Comme l’a expliqué Lénine dans Les objectifs immédiats de notre mouvement (1900), le rôle du communisme « n’est pas de servir passivement le mouvement ouvrier à chacun de ses stades, mais de représenter les intérêts de l’ensemble du mouvement, de lui indiquer son but final et ses objectifs politiques, de sauvegarder son indépendance politique et idéologique. Coupé de la social-démocratie [du communisme], le mouvement ouvrier dégénère et s’embourgeoise inévitablement : en se cantonnant dans la lutte économique, la classe ouvrière perd son indépendance politique, se traîne à la remorque d’autres partis, trahit la grande devise : L’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. »

Ainsi, la fonction principale de Cause ouvrière sera de faire des révélations politiques quotidiennes aux masses prolétariennes du Canada, et ce, en parlant des luttes et des conditions de vie réelles des prolétaires, en expliquant de manière matérialiste les événements de l’actualité nationale et internationale et en lançant des mots d’ordre révolutionnaires en phase avec la réalité sociale. Par révélations politiques, nous entendons le type d’idées et d’explications qui amènent les prolétaires à développer une compréhension plus élevée de l’exploitation capitaliste, qui rehaussent leur volonté de lutter contre la bourgeoisie et qui les conduisent à appuyer la révolution socialiste. Afin de favoriser l’action, le journal devra traiter des questions organisationnelles et des moyens pratiques de la lutte révolutionnaire en les rendant accessibles et intéressantes pour les larges masses. Il devra expliquer non seulement pourquoi, mais aussi comment l’on doit se battre contre la bourgeoisie. Aussi, afin d’interpeller le plus grand nombre de prolétaires – ce qui nécessite que la propagande du Parti soit étroitement liée à la réalité concrète et vivante de la lutte des classes –, l’une des tâches prioritaires du journal sera de parler des luttes économiques spontanées des travailleurs, dont il se saisira pour entraîner les prolétaires dans le combat actif pour la collectivisation des moyens de production. Le journal devra positionner le PCR comme la seule organisation qui concentre politiquement les intérêts économiques de la classe ouvrière canadienne. Le journal devra également développer une analyse de plus en plus détaillée de la production nationale et de l’économie canadienne (monopoles, plus-value, baisse tendancielle du taux de profit, taux d’exploitation, etc.). Il devra donner confiance aux masses en la possibilité de diriger le processus de planification économique au pays après la prise du pouvoir.

Le journal consacrera une partie de ses articles à la dénonciation de l’impérialisme et du pillage des pays dominés, en ayant notamment pour objectif de favoriser l’indignation des masses populaires du Canada devant les crimes de la bourgeoisie impérialiste canadienne à l’étranger. Le journal fera aussi la promotion des mouvements et des révoltes populaires légitimes émergeant partout dans le monde, et ce, dans l’esprit de l’internationalisme prolétarien et du slogan Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! Les analyses des contradictions de l’impérialisme et de la conjoncture internationale publiées par le journal seront celles d’un parti d’avant-garde complet et clairvoyant se distinguant des petits partis économistes limités du genre IWW. Les travailleurs sont avides d’explications sur les grands événements internationaux, sur les rapports de force entre les différentes puissances impérialistes, sur le sort des pays pauvres, etc. Le journal doit satisfaire pleinement cette soif d’explications existant au sein du prolétariat, soif d’explications que les grands médias bourgeois, évidemment, ne satisfont pas.

Finalement, la ligne éditoriale de Cause ouvrière sera ouvertement anti-postmoderne et fera du journal un bastion de rationalité, de vérité objective, de scientificité et de matérialisme. Une partie des articles du journal seront consacrés à dénoncer les diverses manifestations de l’idéalisme postmoderne dans la société bourgeoise contemporaine ainsi qu’à mettre en lumière le programme postmoderne de la bourgeoisie à travers des exemples tirés de l’actualité. La lutte soutenue du journal contre le postmodernisme sera celle d’une organisation à caractère résolument prolétarien se distinguant radicalement de la pseudo-gauche actuelle.

Un complément au journal : les Cahiers canadiens du matérialisme historique

Comme nous l’avons spécifié, la mise sur pied de Cause ouvrière s’accompagne de celle des Cahiers canadiens du matérialisme historique. Nous décrivons ce nouvel organe comme une revue de combat politique et théorique pour la défense du matérialisme historique. Cette revue servira à approfondir les grandes questions de la révolution canadienne et à développer le travail théorique du Parti. Elle répondra de manière concrète aux questions névralgiques de la révolution au Canada : elle traitera du parti, des classes sociales, du mouvement ouvrier, de l’économie politique, de la guerre populaire, de l’impérialisme, et plus encore. Elle aura pour but de développer une défense complète et élaborée de la science révolutionnaire – du maoïsme véritable – contre les assauts idéologiques de la petite-bourgeoisie. Elle servira à mener des débats et à polémiquer avec d’autres organisations ainsi qu’à défendre les conceptions stratégiques et les thèses générales du PCR-Canada à l’international. De la même manière que Cause ouvrière, elle aura une forme hybride, soit à la fois celle d’une revue électronique et d’une revue imprimée. Cela dit, elle n’existera que sur internet dans un premier temps.

Il est important de préciser qu’entre le journal et la revue, il n’y aura aucune différence sur le plan de la ligne et du niveau politique : il n’y aura qu’une différence de forme et de caractère. Le rôle du journal sera de lier la théorie du communisme scientifique aux faits concrets de la lutte des classes. Le journal appliquera la ligne politique et la science du Parti aux manifestations particulières de l’exploitation, du combat ouvrier, de la concurrence capitaliste, des grandes contradictions internationales, etc. Il travaillera davantage dans un temps court que dans un temps long. Il façonnera les matériaux brut tirés de l’expérience et exposera davantage des analyses que des synthèses. Par ailleurs, ses articles seront plus nombreux et variés, mais généralement plus brefs que ceux de la revue. Sa forme sera pédagogique et accessible. Il servira, davantage que la revue, à jeter les prolétaires dans l’arène de la lutte révolutionnaire. Il sera immédiatement destiné aux masses les plus nombreuses.

La revue, quant à elle, aura davantage pour fonction de développer et d’étoffer la ligne politique générale et les conceptions théoriques du Parti. Tout en demeurant étroitement liée à la réalité concrète de la lutte des classes, elle exposera les idées plus globales de manière plus détaillée et exhaustive. Elle travaillera davantage dans un temps long que dans un temps court. Elle traitera de manière élaborée des enjeux stratégiques de la révolution canadienne. Elle exposera davantage des synthèses que des analyses. Elle s’adressera tout d’abord à un nombre plus restreint de lecteurs. Elle servira principalement à susciter une adhésion ferme à la ligne générale du Parti et à consolider l’unité idéologique des militants maoïstes canadiens.

Cela dit, y compris sous ces aspects, il n’y aura pas de muraille de Chine entre le journal et la revue. Par exemple, même si le journal servira davantage d’agitateur que la revue, il comportera aussi un aspect propagandiste important. La plupart des aspects de la lutte pour la transmission des idées communistes seront présents dans les deux organes, bien qu’à divers degrés et sous des formes différentes. Surtout, le journal et la revue défendront tous les deux le même programme politique et la même conception avancée du combat révolutionnaire. Ils feront preuve tous les deux de la même clarté idéologique et de la même scientificité. Ils appartiendront tous les deux à un système de propagande unique diffusant les mots d’ordre, les analyses et les perspectives d’avant-garde d’un parti révolutionnaire centralisé et unifié. Ainsi, nous sommes entièrement partisans de la conception formulée par Lénine en 1900 dans le Projet de déclaration de la rédaction de l’Iskra et de la Zaria :

« [I]l faut que la revue comme le journal reflètent tous les aspects du mouvement, et nous tenons tout spécialement à souligner notre désapprobation d’un plan qui ferait insérer dans le journal ouvrier exclusivement ce qui se rapporte directement et immédiatement au mouvement ouvrier spontané, en réservant à l’organe destiné aux intellectuels tout ce qui se rapporte à la théorie du socialisme, à la science, à la politique, à l’organisation du Parti, etc. Il faut précisément, au contraire, rattacher tous les faits concrets et toutes les manifestations concrètes du mouvement ouvrier à ces questions; il faut éclairer par la théorie chaque fait particulier; il faut que la propagande rende les problèmes de la politique et de l’organisation du Parti familiers aux plus larges masses de la classe ouvrière; il faut que ces problèmes deviennent un sujet d’agitation ».

En somme, le journal Cause ouvrière, comme la revue, sera un organe communiste à 100%. Il ne fera aucune concession à la bourgeoisie et aux tendances petites-bourgeoises présentes dans le mouvement ouvrier et populaire. Sa ligne éditoriale sera fermement opposée à l’économisme, à l’opportunisme de droite, à l’ultra-gauchisme, à l’anarchisme, au postmodernisme, à l’écologisme, au féminisme, et ce, sous toutes leurs formes. Il ne servira qu’un seul objectif : élever la conscience et le niveau d’activité du prolétariat, entraîner les masses dans le combat pour le socialisme et préparer la guerre populaire pour renverser la bourgeoisie canadienne!

Développons notre journal politique central pour tout le Canada!

Faisons connaître la propagande du PCR aux travailleurs de tout le pays!

Bâtissons le parti communiste de la classe ouvrière canadienne!