Marteau faux du PCR

Le 28 janvier marque l’anniversaire de fondation du Parti communiste révolutionnaire du Canada. Cette année, en raison de l’épidémie de COVID-19 qui bat son plein au pays, il n’était évidemment pas possible d’organiser un rassemblement public pour souligner l’anniversaire de notre organisation comme nous le faisons habituellement. Mais ce n’est que partie remise. Les prochaines années s’annoncent riches en luttes prolétariennes et en activité révolutionnaire et dès que la situation le permettra, nos réunions politiques reprendront à nouveau. D’ici là, nous tenons à encourager nos sympathisants à ne pas se laisser décourager par les difficultés actuelles et à ne pas baisser les bras. Aujourd’hui, alors que notre parti célèbre ses 14 ans d’existence, nous appelons à poursuivre la lutte pour faire renaître le camp de la révolution prolétarienne au pays.

Dans les dernières années, nous avons combattu les courants postmodernes faussement « de gauche » qui gangrènent la lutte sociale et qui font disparaître la lutte contre l’exploitation capitaliste. À contre-courant des idées dominantes de l’époque actuelle, nous avons continué à défendre la classe prolétarienne, à faire la promotion du socialisme et à lutter pour le pouvoir ouvrier. Nous nous sommes engagés, avec patience et persévérance, dans un long processus de reconstruction de l’avant-garde politique du prolétariat canadien. Et à présent, malgré de nouvelles embûches, nous continuons à tenir bien haut le flambeau de la cause ouvrière et de la révolution et nous sommes déterminés à poursuivre patiemment ce long travail de reconstruction.

En 2020, notre travail politique a évidemment été transformé par les nouvelles conditions liées à la pandémie de COVID-19. Dès que les autorités bourgeoises ont décrété l’état d’urgence sanitaire au mois de mars dernier, il a fallu réorganiser notre activité révolutionnaire pour faire face à la nouvelle situation. Si certains aspects de notre travail ont dû être interrompus temporairement, une autre partie de notre activité a connu un développement intéressant. Notamment, l’activité de notre journal en ligne – l’ISKRA – s’est grandement intensifiée dans les derniers mois, une avancée dont l’ensemble de nos sympathisants peuvent se réjouir. En effet, la fréquence de nos publications et le nombre de nos lecteurs ont beaucoup augmenté – certains de nos articles sur l’actualité de la lutte des classes ayant par exemple été repartagés à plus de 1 000 occasions sur les réseaux sociaux. Nos analyses politiques ont connu une visibilité plus grande que jamais parmi les masses populaires québécoises et les travailleurs qui y ont été exposés y ont adhéré largement.

Évidemment, notre journal s’est en grande partie consacré à l’analyse des événements entourant l’actuelle pandémie de COVID-19 – un événement historique qui laissera une trace indélébile dans la mémoire du prolétariat international. La dernière année a été marquée par la faillite complète de la bourgeoisie canadienne et de l’ensemble des classes dominantes impérialistes à travers le monde quant à la protection des populations face au virus SARS-CoV-2 qu’elles ont laissé se répandre comme une traînée de poudre partout sur la planète. Dès le début de la crise sanitaire au Canada, notre parti a révélé les intérêts et les processus économiques derrière les tergiversations, les incohérences et l’inaction des autorités bourgeoises de notre pays ainsi que des gouvernements de l’ensemble des pays impérialistes dans le monde. Nous avons montré comment la concurrence capitaliste internationale avait retardé l’adoption des mesures qui s’imposaient à l’hiver 2020 pour empêcher la propagation du virus dans chaque pays et comment cette même concurrence avait ensuite poussé les classes dominantes à relâcher prématurément l’essentiel de ces mesures – au détriment de la santé et de la vie des prolétaires – pour ne pas nuire de manière prolongée à la production de plus-value et à l’accumulation de capital.

Lorsque les gouvernements ont entamé le déconfinement et la relance des activités économiques au printemps – en minimisant la gravité de la situation et en laissant entendre que la pandémie était quasiment terminée –, nous avons immédiatement dénoncé cette entreprise criminelle en révélant qu’elle allait inévitablement provoquer une deuxième vague meurtrière de contamination, ce qui s’est effectivement produit partout. Alors que les représentants patronaux, que les petits propriétaires d’entreprises, que les artistes et les intellectuels ainsi que les porte-paroles « scientifiques » de la bourgeoisie (pédiatres, épidémiologistes, etc.) s’unissaient dans une campagne pour encourager le retour à la vie normale et pour réclamer l’accélération des réouvertures d’établissements, nous avons continué à défendre le point de vue et les intérêts des prolétaires que la bourgeoisie renvoyait au travail et obligeait à s’infecter massivement pour servir le capital.

Et lorsque la deuxième vague s’est abattue sur le pays à l’automne, nous avons dénoncé l’inaction et les mensonges des autorités bourgeoises ainsi que leurs attaques contre les masses populaires. Nous avons dévoilé la nouvelle entente tacite entre les classes dominantes de tous les pays impérialistes, entente selon laquelle les gouvernements laissent maintenant la contamination des masses atteindre des niveaux extrêmes en refusant de mettre en place les mesures nécessaires, et ce, afin de préserver le grand capital. En effet, depuis que la deuxième vague est commencée, les classes dominantes refusent de décréter une nouvelle pause économique et se contentent de restreindre les activités « superflues » pour le capital tout en ciblant le peuple et en l’accusant d’être responsable de la situation. De plus en plus, elles adoptent des mesures répressives tout en s’abstenant d’instaurer de réelles mesures sanitaires pour freiner la propagation du virus. Elles trompent les masses en prétendant qu’elles réagissent avec robustesse à l’épidémie alors qu’elles écartent en réalité la vraie solution : la fermeture de tous les milieux de travail non essentiels et des écoles jusqu’à ce que la vaccination massive de la population soit complétée. En conséquence de la gestion anti-prolétarienne de l’épidémie par les autorités bourgeoises, le nombre de malades atteint des sommets et les morts s’accumulent dans l’indifférence totale des dirigeants. Et c’est sans parler des séquelles lourdes et nombreuses que le virus laissera chez un nombre important de prolétaires contaminés.

La pandémie actuelle est un événement majeur révélant aux masses du monde entier l’ampleur de la barbarie capitaliste et la nature profondément réactionnaire des institutions bourgeoises. Les révélations produites par cet événement doivent renforcer la volonté des masses de combattre par tous les moyens les classes dominantes. Elles doivent aussi – et surtout – servir à remettre à l’ordre du jour le programme de la révolution communiste partout où le mouvement politique du prolétariat a connu un recul important dans les dernières décennies. Car pour mettre fin au chaos actuel, il n’y a qu’une seule solution : le prolétariat doit prendre le pouvoir et s’emparer des moyens de production afin de mettre en place une économie planifiée en fonction des besoins du plus grand nombre.

Ainsi, remettre à l’ordre du jour le programme communiste, c’est renouer avec une activité révolutionnaire centrée sur la classe ouvrière et sur la production ainsi qu’avec des analyses basées sur l’économie politique – ce que la nouvelle « gauche » postmoderne et petite-bourgeoise rejette entièrement. Au PCR, nous refusons d’abandonner cette voie et nous luttons avec acharnement pour rebâtir la liaison entre les ouvriers et la théorie révolutionnaire marxiste. Ainsi, nous continuons à produire une propagande directement adressée aux travailleurs, propagande dont une partie importante est consacrée au mouvement ouvrier canadien.

Dans la dernière année, les articles de l’ISKRA ont couvert la presque totalité des conflits de travail et des combats prolétariens qui ont éclaté dans la province québécoise ainsi que plusieurs luttes ouvrières importantes qui ont eu lieu dans le reste du pays. Chaque fois où c’était possible, nos militants sont allés directement à la rencontre des travailleurs en lutte pour les appuyer, pour en apprendre plus sur leur situation et pour leur faire prendre connaissance de notre initiative propagandiste. Nous sommes allés rencontrer les ouvriers de l’entrepôt Provigo à Laval ainsi que ceux de l’usine de jouets Mega Bloks dans le parc industriel de Saint-Laurent à Montréal, deux établissements dont on a appris qu’ils allaient fermer leurs portes. Nous avons visité les ouvriers du ravitaillement à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, les débardeurs du port de Montréal, les travailleurs de l’usine de portes-patio Energi à Terrebonne et les ouvriers de l’usine Meubles Cathedra à Victoriaville qui ont tous mené des grèves courageuses pour résister aux attaques du capital et pour améliorer leur sort. Nous sommes allés donner notre appui aux ouvriers de l’usine de produits laitiers Lactancia à Victoriaville, aux ouvriers de l’entrepôt central de Jean Coutu à Varennes, aux travailleurs de l’usine de cartons d’emballage WestRock à Pointe-aux-Trembles, aux chauffeurs de bétonnière de l’usine Demix à Saint-Hubert, aux ouvriers de Gate Gourmet à Dorval et aux ouvriers du Terminal Shell de Montréal qui ont tous été mis en lock-out en pleine pandémie par les capitalistes. Et l’automne dernier, nous avons formé un contingent rouge dans la manifestation organisée par la CSN à Montréal en appui aux 550 000 travailleurs du secteur public québécois en négociation avec le gouvernement Legault.

C’est ce genre d’activité que nous allons continuer à développer dans la prochaine année et dans celles à venir. Les ouvriers ont besoin d’une organisation politique qui concentre leurs revendications et leurs intérêts économiques et qui dirigera la lutte pour mener leur classe au pouvoir. Dans tous les affrontements économiques entre le prolétariat et la bourgeoisie, le PCR sera toujours aux côtés des travailleurs. Nous révélerons aux masses l’antagonisme irréconciliable qui oppose les ouvriers au capital et qui doit nécessairement se résoudre par la collectivisation des moyens de production. Nous révélerons comment la lutte économique du prolétariat doit éventuellement servir de levier pour renverser la classe bourgeoise. Aujourd’hui, nous appelons les travailleurs et les partisans du socialisme qui ont pris connaissance de notre propagande dans les derniers mois à nous aider à reconstruire le camp de la révolution pendant la période à venir. Continuez à faire circuler nos analyses! Manifestez votre appui envers notre parti! Impliquez-vous directement au sein de notre organisation! Ensemble, nous ferons renaître l’option de la lutte révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier canadien!

Sympathisants de la cause ouvrière, passez à l’action!

Travailleurs, rejoignez votre parti!

Poursuivons la lutte pour le pouvoir prolétarien!