Affiche avec triangles rouges

À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le Parti communiste révolutionnaire du Canada tient à exprimer sa solidarité avec les prolétaires et les paysans qui luttent contre les classes exploiteuses dans tous les pays du monde. Nous sommes aux côtés des masses populaires qui doivent présentement affronter la pire pandémie à être survenue depuis la Grippe espagnole de 1918. Nous saluons tout particulièrement nos camarades maoïstes dans les pays dominés par l’impérialisme, notamment les militants des partis communistes de l’Inde et des Philippines qui dirigent depuis des années des guerres populaires prolongées contre les classes réactionnaires de leur pays respectif et qui continuent à organiser la lutte avec courage malgré les conditions actuelles.

Depuis maintenant près d’un an et demi, les peuples du monde entier, en plus de devoir endurer les souffrances déjà causées par le capitalisme en temps normal, sont accablés par une crise sanitaire mondiale, laquelle a pris une ampleur monstrueuse et n’est toujours pas contenue de manière efficace et coordonnée. La faute revient entièrement aux puissances impérialistes et aux classes réactionnaires de tous les pays qui négligent les besoins des masses, préférant s’affronter mutuellement pour conserver et étendre leurs marchés. Partout, les travailleurs font les frais de l’inefficacité absurde des États dirigés par des bandits et des hommes d’affaires; de l’inutilité des bureaucraties capitalistes sclérosées et parasitaires; de la défaillance des systèmes de santé mis en place par la bourgeoisie; ainsi que des limites des grandes institutions scientifiques soumises à la politique des classes dominantes et paralysées par les contraintes de l’économie de marché. Les masses populaires constatent également l’impuissance d’une organisation internationale comme l’OMS, institution officiellement censée veiller sur la santé de la population mondiale, mais qui n’est en réalité rien d’autre qu’un repère de carriéristes bourgeois séparés de la gestion réelle et immédiate du capitalisme; rien d’autre qu’une instance minable au service des intérêts généraux de l’impérialisme.

Partout, les classes dominantes font passer les profits avant la vie humaine, relançant hâtivement la production et l’économie sous la pression de la concurrence capitaliste internationale, et ce, sans avoir maîtrisé préalablement la propagation du virus mortel. Partout, la bourgeoisie se montre incapable de fournir au peuple les ressources et le matériel adéquat pour combattre le virus. En conséquence de l’insouciance des classes réactionnaires, plus de 150 millions de personnes ont officiellement été infectées à ce jour et des millions de morts évitables ont déjà eu lieu (le nombre de décès s’élèverait à 3,17 millions selon les données officielles, mais le bilan réel est probablement beaucoup plus lourd). Et c’est sans parler de l’appauvrissement scandaleux des masses populaires un peu partout sur la planète et du chaos économique engendré par l’absence de planification qui caractérise le mode de production capitaliste.

Même si le moyen de mettre fin à la crise sanitaire existe depuis la création de vaccins efficaces contre la COVID-19 – notamment les vaccins innovateurs à ARNm –, la crise sanitaire s’éternise en raison de l’anarchie dans la production et dans la distribution mondiale des produits du travail et de l’ingéniosité humaine. À cause de la compétition impérialiste et de l’emprise des grands monopoles privés sur la fabrication des vaccins (dont la propriété intellectuelle n’est pas suspendue malgré le nombre incalculable de vies que cela pourrait sauver), la campagne d’immunisation mondiale se déroule au ralenti et les masses populaires des pays pauvres n’y ont même pas accès. En février 2021, on estimait que seulement 43% des capacités mondiales de production de vaccins contre la COVID-19 étaient utilisées en raison de barrières artificielles créées par les grandes entreprises pharmaceutiques. Par ailleurs, à la fin du mois de janvier dernier, les gouvernements de quinze pays riches avaient accaparé à eux seuls 93% des doses de vaccin produites dans le monde. À la mi-février, 130 pays n’avaient toujours pas reçu une seule dose. Dans certains pays dominés où la vaccination fait défaut, la situation sanitaire risque de demeurer critique pendant longtemps et pourrait empirer prochainement. En Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète, une catastrophe sanitaire particulièrement épouvantable se déroule actuellement et continue de prendre de l’ampleur avec des centaines de milliers d’infections répertoriées et plusieurs milliers de morts officiellement comptabilisés chaque jour. Dans ce pays qui constitue ironiquement l’un des plus gros producteurs de vaccins au monde, moins de 9% de la population avait reçu une première dose du vaccin contre la COVID-19 à la fin du mois d’avril. Pendant ce temps, les capitalistes font des profits gigantesques sur le malheur de l’humanité. Au début du mois de février dernier, le monopole pharmaceutique Pfizer a notamment annoncé qu’il prévoyait réaliser en 2021 un chiffre d’affaires de 15 milliards de dollars et un bénéfice avant impôt d’environ 4 milliards de dollars uniquement avec la vente de son vaccin à ARNm contre la COVID-19 (dont le développement a été rendu possible – il faut le souligner – grâce à des subventions publiques massives). Son chiffre d’affaires total pour l’année 2021 devrait quant à lui atteindre 59,4 à 61,4 milliards de dollars, soit une augmentation comprise entre 42% et 47%. Par ailleurs, ayant laissé le virus se propager pendant des mois parmi les masses populaires du monde entier pour ne pas avoir à interrompre de manière prolongée le processus capitaliste d’extraction de plus-value, les États bourgeois permettent l’émergence de nouveaux variants plus contagieux et plus meurtriers du virus, compliquant ainsi les efforts nécessaires pour endiguer la pandémie et menaçant potentiellement l’efficacité des vaccins actuellement distribués.

Le chaos impérialiste qui se manifeste de manière exacerbée depuis le début de la pandémie n’a rien de nouveau : des crises encore plus intenses et des conflits sociaux encore plus violents ont jalonné toute l’histoire du capitalisme et continueront de le faire dans le futur. Du début du 20e siècle aux deux premières décennies du 21e siècle, les classes laborieuses ont payé de leur sueur et de leur sang le prix du maintien de la domination de la grande bourgeoisie monopoliste. Les crises internes du capital se sont multipliées – allant de la grande crise de 1929 à la crise financière de 2008. Des guerres de brigandage dévastatrices – dont deux guerres mondiales ayant fait des dizaines de millions de morts – ont été déclenchées afin d’assouvir la soif d’enrichissement de rapaces capitalistes. L’exploitation de la classe ouvrière et le pillage des pays dominés se sont accrus. Tous ces maux sont des conséquences directes du caractère anarchique et inhumain du mode de production capitaliste fondé sur la concurrence et sur la recherche du profit privé. Tant que l’humanité ne sera pas entièrement débarrassée de ce mode de production historiquement périmé, les crises et les conflits inutiles vont continuer. La bourgeoisie impérialiste parviendra éventuellement à mettre fin à la pandémie actuelle, mais le chaos social généré par le capital, lui, persistera tant que les classes réactionnaires resteront au pouvoir.

Qui peut débarrasser le genre humain de la barbarie capitaliste et instaurer un nouvel ordre social? C’est la classe ouvrière internationale : la classe de ceux qui produisent mais qui sont dépossédés des moyens de production. Cette immense classe sociale, engagée dans le procès de production le plus moderne qui soit, tenant entre ses mains l’ensemble de l’économie de la planète et dont les membres se trouvent liés entre eux peu importe le pays dans lequel ils se trouvent – en raison des liens économiques internationaux et de l’uniformité de la production industrielle mondiale –, représente la classe la plus révolutionnaire et la plus progressiste de l’époque actuelle. C’est la seule classe qui, en se libérant de l’exploitation, peut – et doit – émanciper l’humanité entière, détruire toutes les distinctions de classe et faire émerger un nouveau mode de production supérieur au capitalisme : le communisme.

Les conditions matérielles d’existence de la classe ouvrière en font la classe dont les idées sont les plus justes, les plus claires et les plus désintéressées. La position des ouvriers dans les rapports de production les poussent spontanément à la lutte collective contre l’exploitation et contre toutes formes d’injustice. Le prolétariat mondial possède d’ailleurs déjà une riche expérience de combat contre la bourgeoisie, expérience accumulée au cours de plus d’un siècle et demi de résistance au joug du capital et de luttes révolutionnaires. C’est en se basant sur les enseignements tirés de ses luttes passées et de ses grandes victoires historiques que la classe ouvrière d’aujourd’hui parviendra à renverser définitivement la bourgeoisie et à abolir les rapports de production capitalistes. Cet immense héritage révolutionnaire doit être revendiqué ouvertement par les militants ouvriers les plus conscients afin d’inspirer le reste de leur classe et d’entraîner les masses laborieuses dans la bataille générale pour le socialisme et pour le communisme.

Cette année, le prolétariat mondial célèbre d’ailleurs le 150e anniversaire de la Commune de Paris, la première grande victoire politique du mouvement prolétarien. Malgré la brièveté de son existence, la Commune, en tant que premier gouvernement ouvrier de l’histoire, a permis d’éclairer la voie aux générations d’ouvriers révolutionnaires qui sont venues après elle. Elle a fait apparaître la forme politique permettant de réaliser la révolution sociale et l’émancipation économique des travailleurs. En avril 1911, à l’occasion du 40e anniversaire de la Commune, Lénine a écrit :

« Le souvenir des combattants de la Commune n’est pas seulement vénéré par les ouvriers français, il l’est par le prolétariat du monde entier. Car la Commune lutta non point pour quelque objectif local ou étroitement national, mais pour l’affranchissement de toute l’humanité laborieuse, de tous les humiliés, de tous les offensés. Combattante d’avant-garde de la révolution sociale, la Commune s’acquit des sympathies partout où le prolétariat souffre et lutte. Le tableau de sa vie et de sa mort, l’image du gouvernement ouvrier qui prit et garda pendant plus de deux mois la capitale du monde, le spectacle de la lutte héroïque du prolétariat et de ses souffrances après la défaite, tout cela a enflammé l’esprit de millions d’ouvriers, fait renaître leurs espoirs et gagné leur sympathie au socialisme. »

Hissés sur les épaules des communards parisiens de 1871, les révolutionnaires du 20e siècle ont conduit le prolétariat mondial à des victoires encore plus éclatantes, notamment avec la Révolution russe de 1917 et la Révolution chinoise de 1949. Ces deux révolutions ont mené aux premières expériences d’édification du socialisme, démontrant dans la pratique aux masses populaires du monde entier la supériorité de la propriété collective et de la planification ouvrière de l’économie par rapport à la propriété privée et à l’économie de marché.

C’est dans le feu de la lutte des classes que la science révolutionnaire du prolétariat – le marxisme – s’est développée au 19e siècle et qu’elle s’est par la suite enrichie durant tout le 20e siècle. Grâce au marxisme, le prolétariat peut comprendre les rouages de l’exploitation capitaliste et peut maîtriser le processus aboutissant à la transformation révolutionnaire de la société. Évidemment, le marxisme a été nié de toutes ses forces par la bourgeoisie qui y voit une arme théorique redoutable dont il faut priver à tout prix les masses ouvrières. Et malheureusement, en conséquence des efforts de mystification déployés pendant plusieurs décennies par la classe dominante et par les intellectuels petits-bourgeois à son service, la science marxiste est désormais presque inconnue des ouvriers et des masses populaires dans les pays impérialistes. Aujourd’hui, les communistes de ces pays ont la tâche urgente de rediffuser largement les enseignements du marxisme auprès des travailleurs et de lier à nouveau la théorie révolutionnaire avec les luttes ouvrières réelles. Pour ce faire, il doivent produire et diffuser une propagande vivante, abondante et variée qui aborde de manière révolutionnaire les questions touchant aux conditions de vie concrètes et aux combats actuels des ouvriers. Les communistes doivent produire et diffuser des analyses matérialistes et justes de la conjoncture, de la lutte des classes, des processus économiques en cours et des contradictions impérialistes.

Mais les communistes doivent aussi organiser la classe ouvrière pour la lutte politique et déployer les moyens d’action permettant de transformer leurs idées en force matérielle pour combattre la bourgeoisie. Surtout, ils doivent reconstruire le parti d’avant-garde centralisé – dans tous les pays où il doit être reconstruit – en s’ancrant profondément auprès des masses ouvrières et prolétariennes et en préparant concrètement le déclenchement de la guerre populaire contre la bourgeoisie. La classe ouvrière canadienne célèbre d’ailleurs cette année le 100e anniversaire de la fondation du Parti communiste du Canada (PCC) en 1921, fondation qui avait eu lieu sous l’impulsion de la révolution d’Octobre de 1917 en Russie et sous l’influence de l’Internationale communiste créée en 1919. Malgré les déviations importantes ayant caractérisé son histoire jusqu’au triomphe du révisionnisme dans ses rangs au début des années 1940, le PCC a accumulé une riche expérience de liaison avec la classe ouvrière dans les années 1920 et 1930, décennies au cours desquelles il a dirigé des combats prolétariens importants et a contribué à faire rayonner le marxisme au sein des masses populaires. Aujourd’hui, les communistes du PCR-RCP travaillant à rebâtir le mouvement politique du prolétariat canadien doivent s’appuyer sur l’héritage positif du PCC d’autrefois tout en apprenant de ses erreurs pour ne pas les répéter. Ils doivent reprendre le flambeau des générations passées de militants communistes – y compris celui des générations plus récentes ayant créé de nouvelles organisations anti-révisionnistes suite à l’embourgeoisement du PCC – et mener à terme la tâche historique qu’elles avaient entreprise : l’organisation de la lutte politique du prolétariat, le renversement de la domination de la bourgeoisie canadienne au moyen de la lutte armée et l’établissement d’un nouveau pouvoir socialiste partout au pays afin de servir la révolution prolétarienne mondiale! Aujourd’hui, à l’occasion du 1er mai, le PCR-RCP appelle tous ceux qui le désirent à prendre part activement à ce grand processus de reconstruction du mouvement politique indépendant du prolétariat canadien.

Vive la Journée internationale des travailleurs!

Vive la classe laborieuse canadienne et le prolétariat mondial!

Vive la lutte universelle pour le communisme!

L’avenir appartient à la classe ouvrière!